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ALLDC : H&M tourne le dos au salaire vital


Nombreux.ses sont les consommateur.rice.s, qui ces dernières années, ont évolué dans leurs comportements d’achat dans l’alimentation (le bio, les circuits courts…). En revanche, les consommateur.rice.s n’ont pas le même niveau de conscience des enjeux dans le secteur de l’habillement. Depuis sa création en 1995, l’Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs (ALLDC),  membre du collectif Éthique sur l’étiquette, agit en faveur du respect des droits humains au travail dans le monde et de la reconnaissance du droit à l’information des consommateur.rice.s sur la qualité sociale de leurs achats. 

Selon le dernier rapport publié par le collectif et la Clean clothes campaign « H&M Turn Around- H&M un demi-tour s’impose »,  il ressort que 5 ans après l’engagement pris par H&M selon lequel 850 000 travailleur.se.s chez ses fournisseurs les mieux notés gagneraient un salaire vital en 2018, des salaires de pauvreté, bien loin du niveau nécessaire pour subvenir à leurs besoins fondamentaux et à ceux de leur famille, demeurent la réalité. L’enquête a été menée auprès de 62 travailleuses et travailleurs dans 6 usines fournissant H&M en Turquie, en Bulgarie, en Inde et au Cambodge. Les témoignages sont sans appel :

  • En Inde et en Turquie, les travailleur.se.s gagnent environ un tiers du salaire vital estimé;
  • Au Cambodge, les travailleur.se.s gagnent moins de la moitié du salaire vital;
  •  En Bulgarie, pays européen, c’est à peine 10% du salaire vital estimé que touchent les travailleur.se.s.

Corollaire inévitable de ces salaires de pauvreté : les travailleur.se.s réalisent de nombreuses heures supplémentaires, dans le seul but de couvrir leurs besoins de base – jusqu’à 44h supplémentaires hebdomadaires en Bulgarie ; journée de travail s’étalant de 8 heures à minuit en Turquie ; 12 heures quotidiennes de travail au minimum en Inde. De nombreux travailleur.se.s souffrent en conséquence de malnutrition, et s’évanouissent de fatigue dans les usines.

Ces sommes sont à mettre au regard des 2,6 milliards de dollars de bénéfices réalisés par H&M en 2017, et la communication déployée par la multinationale, chantre de la fast fashion, mode jetable à bas prix, pour mettre en avant ses engagements en matière environnementale et sociale. H&M communique volontiers sur la question du salaire vital, dont il a bien compris qu’il était un enjeu crucial. Mais au-delà des annonces fracassantes, et des mesures cosmétiques sans réel impact autre qu’alimenter une politique de communication, le modèle économique n’évolue pas : fondé sur la minimisation des coûts de production, les salaires bas en sont le pilier. C’est ce modèle qu’il faut faire évoluer.

H&M, comme l’ensemble des multinationales, doit respecter son obligation de vigilance, comme l’impose la loi française du même nom adoptée en mars 2017. Il ne peut profiter du moins disant social dans les pays de sous-traitance, et doit s’assurer que son activité économique ne se fasse pas aux dépens des droits humains fondamentaux au travail.

Pour aller plus loin :

 

L’Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs (ALLDC) assure une présence de proximité en apportant aux citoyen.ne.s, particulièrement aux plus démuni.e.s, information, conseil et aide juridique. Elle met aussi en œuvre différents leviers au niveau collectif tels que la négociation à l’échelon national ou européen pour l’élaboration de nouvelles normes ou la participation aux campagnes nationales d’information et de sensibilisation.
L’éducation à la consommation est le pilier de l’action de l’ALLDC. Il s’agit pour elle de défendre le citoyen.ne dont les droits fondamentaux peuvent être lésés par les lois du marché, favoriser des filières de production plus respectueuses de l’homme et de l’environnement, développer une éthique de la consommation basée sur le commerce éthique et équitable, et contribuer à la transformation sociale.

En savoir plus sur l’Association Léo Lagrange pour la défense des consommateurs: leolagrange-conso.org


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