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Clôture du 25e Congrès Léo Lagrange par le président de la République

©Benjamin Géminel
C’est la première fois que la Fédération Léo Lagrange accueillait à son Congrès un président de la République en plein exercice. Par sa présence, François Hollande a honoré l’éducation populaire. « Ce mouvement n’a jamais été aussi actuel, aussi moderne, aussi nécessaire. »

 

Après le traditionnel accueil républicain, Bruno Le Roux, président de la Fédération Léo Lagrange, a pris la parole afin d’accueillir le président de la République. « C’est une première pour la Fédération Léo Lagrange, M. le président, que vous réalisez aujourd’hui. Jamais en effet dans son histoire, elle n’avait eu la chance ni l’honneur de recevoir en clôture des travaux de son congrès un président de la République française. » Bruno Le Roux est revenu sur la reconnaissance de l’économie sociale au sein de l’économie française, rendu hommage à Pierre Mauroy et rappelé l’importance de la jeunesse et de la notion d’engagement au sein de notre mouvement. « L’engagement, la jeunesse, je sais le poids de ces mots, M. le président, dans votre lexique personnel. Ils sont les premiers pour vous comme pour nous et je voudrais à présent vous livrer et vous faire partager nos clés pour peut-être susciter encore plus d’engagement et de possibilités de réussite pour notre jeunesse. » Bruno Le Roux a ainsi proposé une extension du volontariat associatif, a évoqué les craintes du mouvement quant à la mise en place du Crédit d’impôt compétitivité emploi et a attiré l’attention du président de la République sur « certaines réformes de fond devenues indispensables au mouvement associatif », parmi lesquelles la formation des bénévoles qui pourrait être confiée au Fonjep, la fiscalité du monde associatif aujourd’hui inadaptée à ses nouvelles responsabilités, le rapport à la puissance publique et au moyen public …

Un hommage à l’éducation populaire
« Je veux vous saluer toutes et tous, vous les militants de cette Fédération Léo Lagrange, les bénévoles, les animateurs, les volontaires, les dirigeants, les professionnels qui vous êtes engagés parfois depuis longtemps, parfois récemment, parce que vous pensiez que le monde peut être changé. Que la France peut aussi connaître un progrès. Un progrès par les lois qui sont votées et notamment par les parlementaires qui sont ici présents mais aussi par l’action associative, militante. Que le progrès est une force collective qui doit se déployer si l’on veut qu’elle trouve son aboutissement. »

Le président de la République a également reconnu le rôle des associations dans la mise en place des rythmes éducatifs. « Vous avez réussi à être pleinement acteurs pour la réforme des rythmes scolaires. J’ai même tendance à penser que si vous n’aviez pas été là, il n’y aurait pas eu les rythmes scolaires appliqués partout en France pour cette rentrée. Car on finirait par l’oublier, les rythmes scolaires tant décriés, tant contestés par certains sont maintenant dans toute la France la règle pour tous. Mais si c’est la règle pour tous, c’est parce qu’il y a eu des associations de qualité, des activités qui permettent à des enfants après l’école de pouvoir accéder à la culture, au sport, à de l’animation, bref de pouvoir être accompagnés. » François Hollande a ensuite salué l’action de la Fédération Léo Lagrange à l’international, notamment au Mali et en direction du Kurdistan irakien.

Au-delà de la reconnaissance du mouvement d’éducation populaire, c’est aussi celle de l’entreprise de l’économie sociale moderne, innovante qui compte aujourd’hui 4300 salariés. « Nos concitoyens attendent du sens, ils nous le disent, même si il y a tant de besoins à satisfaire. Du sens dans leur travail, du sens dans leur existence, du sens dans leur temps libre. Et notre économie elle-même devient plus collaborative, moins fondée sur la propriété des objets, que sur leur partage. Ce qui fait que le modèle associatif celui que vous avez construit devient une référence, y compris pour le secteur lucratif, qui a parfaitement imaginé ce que pouvait être l’économie de demain, c’est-à-dire fondée sur l’échange, l’engagement, la responsabilité. »

Le CICE
Le président de la République a notamment évoqué le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), dont la mise en place avait suscité l’inquiétude de la Fédération Léo Lagrange.   » […] le destin du CICE, c’était même mon intuition première, était que nous puissions transformer cet instrument en une baisse générale des cotisations sociales, et alors le secteur associatif en sera bénéficiaire comme toutes les activités dans notre pays. »

Priorité à la jeunesse
Le président de la République a ensuite rendu hommage à la jeunesse, l’un des thèmes centraux de sa politique, qui fait écho à l’action de la Fédération Léo Lagrange qui souhaite, depuis sa création, encourager, soutenir et promouvoir l’initiative et l’expression de toutes les jeunesses. « La jeunesse, c’est votre vocation, aller vers celles et ceux qui croient que le monde va être meilleur, qui veulent que leur avenir soit meilleur que l’existence même de leurs parents. Cette priorité la jeunesse, c’est celle de mon quinquennat, faire en sorte qu’au bout de 5 ans, les jeunes vivent mieux quelle que soit leur origine, quel que soit leur parcours, quel que soit l’endroit où ils vivent. Ce défi concerne en premier lieu l’Etat, mais il appelle la mobilisation de tous, des collectivités locales, des associations, des entreprises. C’est vraiment la responsabilité d’une société, parce que comment mesurer ce qu’est le dynamisme d’un pays, si ce n’est par la place qu’il accorde à sa jeunesse ? »

Le service civique et la reconnaissance de l’engagement
En revanche, le président de la République a évoqué, avec réserve, le service civique obligatoire prôné par la Fédération Léo Lagrange. « Vous dites « service civique obligatoire » (…). Nous reconnaissons à la fois l’intérêt de permettre que chaque jeune ou moins jeune puisse offrir son utilité à un moment de sa vie. Sans doute qu’il y aura cette volonté à partager. Les Français y sont prêts. Ils sont prêts jusqu’au moment où on s’adresse à eux si c’est obligatoire. Pour le moment, faisons vivre le service civique sur le volontariat, allons le plus loin possible, faisons en sorte que chaque volonté puisse se traduire dans la réalité. »

François Hollande a enfin exprimé un certain nombre de souhaits : la reconnaissance et la valorisation de l’expérience acquise par les bénévoles au sein des associations, la création d’un « congé engagement » et a affirmé que le choc de simplification vaudra aussi pour les associations.

Un message d’espoir
Le président de la République a conclu ses propos sur une note combative et optimiste. « Nous devons construire l’avenir avec ces valeurs-là, les valeurs de la République avec cet esprit de conquête, avec cet esprit de liberté, avec cette idée que nous allons déplacer les frontières, non pas les frontières géographiques, non pas les frontières politiques, mais les frontières mentales. C’est ce que vous faites dans votre association. Ecoutons la voix de ceux qui se dévouent chaque jour pour faire avancer la France. Ceux qui construisent par leur talent dans tous les domaines, une France plus dynamique, plus ouverte, plus solidaire, c’est ça le message de l’éducation populaire ! C’est un message de progrès pour que nous puissions vivre ensemble, unifier la nation, lui donner du sens. »

Site web picto Pour lire ou écouter l’intégralité du discours de clôture de François Hollande

 

 


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