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Créer des passerelles grâce aux loisirs entre le milieu ordinaire et le milieu spécialisé

Photo Benjamin Géminel

Accueillir et sensibiliser au handicap

 

REPORTAGE / Créer des passerelles grâce aux loisirs entre le milieu ordinaire et le milieu spécialisé

 

PORTFOLIO/ Bienvenue au Kaléidoscope

 

PAROLES D’ELU.E.S /Des loisirs inclusifs avec le Kaléidoscope

 

« Un ananas ? », « Non », « Un landau ? », « Non plus… » … Tranquillement installés autour d’une grande feuille, Johanna, Emma, Jenna et Samuel cherchent à se faire deviner ce qu’ils dessinent. A la table voisine, un autre groupe d’enfants jouent aux cartes. Un début d’après-midi ordinaire à l’accueil de loisirs de la maison pour tous (MPT) du Panier, située à Marseille et gérée par Léo Lagrange Méditerranée ? Pas tout à fait.

Ce 14 juin est un peu différent des autres. En effet, trois enfants, âgés de 9 à 12 ans, présentant des troubles du spectre de l’autisme (TSA) se mêlent aux autres enfants qui fréquentent habituellement l’accueil de loisirs.

« L’idée est à la fois de développer l’inclusion sociale d’enfants présentant des troubles du spectre de l’autisme et de sensibiliser les autres enfants à la question du handicap  », explique Laurie Centelles, docteur ès sciences cognitives, coordinatrice et formatrice Dispositifs Loisirs & Handicaps pour Léo Lagrange Méditerranée.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre Léo Lagrange Méditerranée et la Plateforme Autisme SESSAD (Service d’éducation spéciale et de soins à domicile) Marseille Nord, gérée par l’association ARI (Association régionale pour l’intégration). « L’objectif de cette rencontre est de favoriser les passerelles entre le milieu spécialisé et non spécialisé », poursuit Laurie.

Un travail au long cours
En vue de la rencontre du 14 juin, un cycle de préparation a été mis en place dès le mois mai. Laurie a rencontré les animateurs de l’accueil de loisirs de la MPT du Panier afin de les familiariser avec l’autisme et de leur donner des clés de compréhension quant au fonctionnement d’une personne autiste : traitement de l’information (image de cerveaux en action, avec et sans autisme), importance des centres d’intérêt dans la motivation et de la rigueur des repères et des règles (structuration du temps, consignes explicites)…

Deux rencontres ont également été organisées en amont avec les enfants de l’accueil de loisirs. La première a permis de sensibiliser les enfants à l’autisme  notamment à travers la projection d’un court film. « Une façon de réfléchir sur la différence et de donner des astuces aux  animateurs comme aux enfants sur la manière d’interagir lors de cette rencontre exceptionnelle », commente Laurie. La seconde rencontre a été l’occasion de présenter les portraits réalisés et envoyés par Samuel, Amine et Killian, les trois enfants invités à la rencontre du 14 juin et surtout de répondre aux mille et une questions des enfants de l’accueil de loisirs. En parallèle, un livret d’accueil en images de la Maison pour tous du Panier et de l’équipe d’animation a été adressé aux trois enfants du SESSAD dans l’intention de les préparer (et de les rassurer) à la belle aventure qui les attendaient avant leur venue.

Fréquenter le milieu non spécialisé : une nécessité
Après avoir fait connaissance autour de jeux de société, les enfants prennent ensuite part à des ateliers sportifs : jeux d’adresse, tir au but, parcours…. A dessein, Killian, Samuel et Amine sont répartis dans différents groupes. Leur intégration se fait sans accroc avec le sourire et l’intérêt des enfants et sous le regard bienveillant d’Anna Mala, psychologue et Julia Touati, éducatrice spécialisée qui les accompagnent.

« L’objectif d’une rencontre comme celle-ci est de leur permettre de devenir de plus en plus autonomes afin qu’ils puissent s’intégrer dans un milieu ordinaire », explique Anna Mala . « Ils mettent en pratique leurs cours d’habilité sociale. Pour nous, c’est l’occasion de les observer en immersion  et de voir leur progression in situ. C’est important pour eux de fréquenter le milieu non spécialisé. »

Au moment du goûter, les trois enfants se mêlent spontanément aux autres enfants. « Les observations que nous avons pu faire des interactions entre les enfants sont prometteuses et confirment le bien-fondé de ces rencontres inclusives », conclut Anna. L’après-midi se clôt par une démonstration de Rubik ‘s Cube de la part de Samuel. « C’était génial ! », lance Amine . « J’ai envie de revenir ! » A suivre donc !

 


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