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Faire une place de choix à l’art dans les accueils de loisirs

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Depuis 2013, en partenariat avec la Direction régionale des affaires culturelles de Midi-Pyrénées, Léo Lagrange Sud-Ouest propose un parcours inédit de formation à la médiation artistique et culturelle pour les animateurs et directeurs de ses accueils de loisirs enfance et jeunesse. Une action qui favorise l’accès de tous les enfants à l’art et à la pratique artistique !

Ce parcours de formation s’organise en deux temps : formation d’une durée de trois mois à la médiation culturelle autour de la discipline artistique choisie (danse contemporaine, chant choral ou théâtre en 2015-2016) et conception d’un projet artistique dans la structure d’animation (co-construction d’un projet entre l’équipe d’animation et un artiste accompagné d’une structure culturelle, 30h d’interventions d’un artiste auprès des enfants, réponse à l’appel à projet DRAC/Léo Lagrange). Le centre de développement chorégraphique de Toulouse, le Pavillon Mazar/Groupe Merci pour le théâtre, Le Cri du Chœur pour le chant choral et l’association des directeurs des affaires culturelles de Midi-Pyrénées sont les structures partenaires de la formation.

Depuis 2013, 100 animateurs et directeurs du réseau Léo Lagrange Sud-Ouest ont suivi ce parcours et neuf projets culturels et artistiques ont été mis en œuvre dans les structures d’animation de Seilh (31), Fonsorbes (31), Pibrac (31), Villeneuve-Tolosane (31) et dans les Accueils de loisirs associés à l’école (ALAE) toulousains Jean Chaubet, Ancely, Littre, Lespinasse, Molière, Jean Zay et Bonnefoy.

Emeline Villard, chargée de mission culture Léo Lagrange Sud-Ouest, nous en dit plus sur ce dispositif !

Comment est né ce partenariat entre la Direction régionale des actions culturelles (DRAC) Midi-Pyrénées et Léo Lagrange Sud-Ouest ?
Dans le champ de l’animation, amener l’enfant/le jeune vers l’art nécessite une fonction primordiale : celle de l’animateur, médiateur entre l’artiste (ou l’œuvre) et l’enfant. La priorité que Léo Lagrange Sud-Ouest s’est donnée avec la DRAC a donc été de sensibiliser et de former les animateurs, dans une démarche de formation/action, qui leur permette de confronter les apports théoriques et la pratique de terrain, d’une manière engagée et active.

Ce partenariat, qui fête ses trois ans, s’inscrit pleinement dans les actions favorisant la mise en œuvre du « parcours d’éducation artistique et culturelle », présent dans la loi pour la refondation de l’école en 2013, qui vise à proposer à tous les jeunes un accès à l’art et à la culture, durant les différents temps de vie : temps scolaire, périscolaire et extrascolaire. L’ambition est le développement progressif d’une pratique culturelle autonome.

Quels sont les objectifs poursuivis par cette formation ?
Elle vise à susciter la curiosité et la créativité des animateurs en les sensibilisant à des univers artistiques divers, à ouvrir leur champ de références, grâce à un travail avec des structures culturelles et des artistes.

En leur donnant l’opportunité de rencontrer les artistes et les métiers gravitant autour, les œuvres et les lieux, il s’agit de leur ouvrir le champ des possibles pour leur permettre d’imaginer et de concrétiser des projets artistiques en partenariat avec des structures et des artistes de leur environnement proche. C’est pourquoi les animateurs sont amenés pendant la formation, à expérimenter et à développer leurs compétences dans la définition et la mise en œuvre d’un projet avec des artistes. L’objectif est donc ambitieux.

Pourquoi avoir choisi la danse, le chant choral et le théâtre parmi les disciplines artistiques ?
Ce choix résulte à la fois des priorités de la DRAC, en particulier dans le cadre du parcours d’éducation artistique et culturel, et de Léo Lagrange Sud-Ouest, dont l’objectif est de privilégier la découverte d’univers artistiques et de pratiques moins accessibles dans la vie quotidienne. Il répond par ailleurs aux sollicitations des équipes d’animation.

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Quels projets ont été retenus pour 2016 ?
Parmi 16 projets déposés en 2015/2016, six ont été choisis par le jury DRAC/Léo Lagrange, soit deux dans chaque parcours.

A Toulouse, en danse contemporaine, l’ALAE Sermet et la Humanum Company proposent d’expérimenter une forme contemporaine de danse percussive tandis que l’ALAE Calvinhac et la compagnie Les Gens Charles invitent à une relecture du conte « Le Prince de Motordu » à travers trois grands chorégraphes. Ce projet a été construit en lien avec un enseignant et s’inscrit dans un projet global d’école autour du spectacle vivant.

Il s’agit également de l’adaptation d’un conte de Claude Ponti autour d’un travail théâtral pour le projet porté par l’ALSH de Seilh (31) et « En Compagnie des Barbares ». L’ALAE élémentaire Georges Brassens de Saint-Jory (31) et la compagnie Laborateurs et pépinières d’Artistes visent à la découverte de différentes cultures à travers des contes et des légendes qui donneront lieu à un travail d’improvisation et de mise en scène.

Pour ce qui est du chant choral, un groupe de jeunes de l’accueil de Saint-Paul-de-Jarrat (09) et de Catalogne participera cet été, dans le cadre d’un échange Erasmus+, à la construction collective d’un langage de sons à partir de plusieurs techniques (soundpainting, jeux corporels et chantés, encadrés par le chanteur et musicien Xavier Pacqueteau). Enfin, deux ALAE de la communauté de communes Lèze-Ariège-Garonne (31) travaillent en partenariat avec Guillaume Barraband sur un projet de réécriture collective, découverte de la composition musicale et du chant choral.

Depuis 2013, les effets de ces formations se font-ils ressentir au sein des accueils de loisirs ? Y’a-t-il plus de projets autour de l’art et des pratiques artistiques qui sont mis en place avec/en direction des enfants ?
Je l’espère ! Il me semble que de plus en plus de directeurs et directrices se sentent concernés. C’est important car ils sont le premier levier ou le premier frein. J’observe ici et là de belles intentions, je crois que cette formation les a incités à oser. Certains me sollicitent pour les aider à formaliser leur projet, à trouver des sources de financement, ou tout simplement pour découvrir la restitution de projets. Je sais aussi que la gestion du quotidien est chronophage et que le temps manque bien souvent pour construire des projets en partenariat. Mais le vécu de ces projets, au-delà de l’intérêt indéniable pour le public, participe de la valorisation des animateurs, porteurs de projets, et de la dynamique de l’équipe d’animation dans son ensemble. Ce sont des occasions pour se ressourcer et se stimuler. Petit à petit, la dynamique semble prendre, l’infusion se fait. Et quand les animateurs travaillent avec les enseignants sur un projet à l’échelle de l’école, c’est gagné !

 


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