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Just Kiff Dancing : Une association qui fait valser les préjugés

Née en 2007, l’association Just Kiff Dancing s’inscrit dans une dynamique d’éducation populaire axée sur l’éducation par les pairs.

Affiliée à la Fédération Léo Lagrange depuis 2011, Just Kiff Dancing se définit par trois valeurs : la danse, le partage et l’épanouissement. Nadège Deville, infirmière de formation et ancienne danseuse en est la directrice.

Un concept original : la prévention dansée

Elle s’entoure d’une équipe de 12 volontaires en service civique, dont deux sont aujourd’hui devenus salariés en CUI/CAE. Une dizaine de bénévoles participent également à la vie de l’association. Nadège Deville est à l’origine du concept qui fait toute la particularité de l’association : la Prévention Dansée.

Ce concept a pour objectif de sensibiliser de manière collective aux différents stéréotypes et préjugés qui peuvent peupler nos esprits et ceux de notre entourage. Pour ce faire, l’association a développé plusieurs outils prenant la forme d’interventions, généralement en milieu scolaire. En 2015, les équipes de Just Kiff Dancing sont intervenues auprès de 3 728 élèves au sein de 85 établissements dont 46 collèges. Ces actions ont pour but de faire naître la réflexion, la parole, l’échange et le débat entre les jeunes, dans l’écoute et le respect de chacun. L’association a pour souhait de valoriser la liberté d’expression dans le but d’éviter l’instauration d’un discours figé ou moralisateur. Cinq thématiques peuvent être abordées lors de ces interventions : l’amour, les discriminations sexistes ainsi que celles liées à l’origine, les addictions et le respect de l’autre.

Une demi-journée pour commencer à déconstruire les préjugés

Basée à Saint-Etienne-du-Rouvray, tout près de Rouen, Just Kiff Dancing nous a ouvert ses portes pour une journée de danse et de débats.

Nous nous sommes rendus au collège Pablo Picasso pour assister à l’action : « Quand la danse délie les langues ». Menée par 5 jeunes animateurs face à une classe de 5ème, l’action fut riche de discussions et d’échanges.

Tout commence par un spectacle de 15 minutes, une chorégraphie illustrant la thématique du jour : les discriminations sexistes.

S’en suit un bref échange entre les jeunes, le temps que les animateurs ayant enfilé leur casquette de danseur reprennent leur souffle et mettent en place ce qui constituera le cœur de l’action : le jeu du « Battle d’arguments ». Les animateurs puisent dans les saynètes dansées du spectacle et proposent différentes affirmations aux élèves qui doivent se positionner et émettre un avis sur ces dernières : d’accord ou pas d’accord (exemple : Les filles doivent faire le ménage car elles sont plus douées que les garçons pour cela).

Au fil de l’atelier, on voit bien que les langues se délient. On sent chez certains une réelle envie de s’exprimer quand d’autres sont plus réservés, mais tous prennent part à la discussion : un réel débat nait et chacun défend son point de vue à l’aide de vrais arguments.

« Je trouve ça essentiel que des jeunes prennent part à ce genre d’ateliers », nous confie la professeure de français qui accompagne la classe ce jour-là. « Ils comprennent des choses et donnent leur avis. Ils réagissent très bien. Je trouve que la danse est un bon moyen de les brancher sur ces sujets-là. »

A la fin de la séance, l’équipe transmet des numéros de lieux et de personnes dites « ressources » tels que le Planning Familial, le Refuge etc, que les jeunes peuvent contacter en cas de situations difficiles. Ils remplissent également un questionnaire de satisfaction qui permettra à l’équipe de modifier son travail en conséquence.

Des apprentissages réciproques

« Notre objectif personnel est de nous sentir et de nous rendre utiles », déclare Bénédicte, animatrice. « Nous souhaitons laisser une trace dans les esprits, même si les informations que nous transmettons ne sont pas toutes retenues ».

« Les jeunes avec lesquels nous travaillons nous enrichissent et nous apprennent autant que nous pouvons le faire avec nos outils », poursuit Nicolas, animateur et salarié de l’association. « Ce que nous faisons n’est pas à sens unique, il y a un réel échange ».

En plus de ces actions autour de la Prévention Dansée, l’association organise la formation de ses futurs animateurs mais offre aussi de nombreux ateliers et cours de danse basés sur l’estime de soi et l’accès au sport et aux loisirs, comme nous l’a confié Joanna, salariée en charge de la médiation culturelle.

Nadège Deville s’entoure d’une équipe jeune et dynamique, portant une réelle envie de changement et de partage. L’association a pour ambition de se développer à plus grande échelle sur le territoire, elle a d’ailleurs une nouvelle équipe sur Montpellier et souhaite que cela continue.

« Nous voulons changer le monde, avec ou sans danse, avec vous tous, en ouvrant les esprits et en inspirant la liberté d’agir », conclut la directrice.

 

 


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