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La Maison pour tous : un lieu ouvert sur le quartier

© Photo Benjamin Géminel

Au pied d’un grand bloc HLM couleur saumon, lovée dans un îlot de verdure, la Maison pour tous-Centre social Saint-Louis, gérée par Léo Lagrange Méditerranée, est avant tout un lieu de socialisation qui accueille en son sein une crèche, un accueil de loisirs, des activités famille, des actions de prévention de la délinquance, de l’accompagnement scolaire, un jardin pédagogique… C’est un lieu aux multiples facettes qui fait écho aux réalités du territoire où elle est implantée.

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« Notre mission première est d’aller vers les publics les plus isolés et fragilisés »
Elisabeth Majan, directrice de la Maison pour tous-Centre social Saint-Louis

Créer du lien social et lutter contre l’isolement, impliquer l’ensemble des habitants dans la vie locale, favoriser les échanges entre différents publics et tranches d’âge, sont autant d’éléments constitutifs des missions qui incombent à une Maison pour tous. La MPT Saint-Louis s’inscrit dans cette dynamique, avec un certain supplément d’âme. En 2009, la MPT ferme ses portes pour cause de travaux. En 2010, à sa réouverture, elle a une nouvelle corde à son arc : une crèche avec une capacité d’accueil de 21 enfants. «  Ouvrir une crèche était totalement en phase avec les besoins du territoire », explique Elisabeth. « Aujourd’hui, nous avons 200 familles sur liste d’attente pour obtenir une place. »

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La transversalité comme particularité

La Maison pour tous est un espace ouvert à tous où toutes les tranches d’âge trouvent leur place. Les activités proposées attirent des personnes d’âge et d’horizons variés. Cela crée des rencontres, des débats, des mélanges. « C’est la force d’une Maison pour tous. Il nous est possible de monter des projets transversaux. Cela nous permet de ne pas être une crèche enclavée », témoigne Céline Mouradian, directrice de la crèche de la MPT-Centre social Saint-Louis. Des actions sont mises en place afin de favoriser la rencontre des publics. Une fois par semaine, les enfants de la crèche goûtent avec les papys et mamies qui ont terminé de jouer au loto dans la pièce d’à côté. Aujourd’hui, il pleut. Faute de participants, le loto est annulé. Au téléphone, Liliane, une habituée, n’oublie pas de demander à Martine de faire une bise de sa part au petit Abdelkader. « Un certain nombre de personnes âgées ne voient pas leurs petits enfants ou sont isolés. Goûter avec les enfants de la crèche est un moment plaisant et distrayant », explique Martine, animatrice petite enfance et référente 3e âge. La venue d’intervenants extérieurs est également facilitée comme cet atelier Arts plastiques proposé aux professionnels de la MPT  ainsi qu’aux enfants de la crèche et de l’accueil de loisirs.

« Travailler dans une Maison pour tous donne une réelle liberté d’action et ouvre les perspectives », poursuit Céline qui a notamment monté un projet de groupe de paroles pour tous les parents usagers avec Zélia Petitprez, responsable famille de la MPT. Chaque mois, tandis que les parents participent à cet échange, qui peut porter sur des sujets comme l’autorité parentale ou l’alimentation, les enfants sont pris en charge par une garderie in situ. A la fin de l’échange, tout le monde se réunit pour partager un repas. « Ces projets transversaux sont très importants car ils facilitent la cohésion d’équipe et permettent de mélanger les savoir-faire et compétences de chacun. Les activités que nous proposons y gagnent en densité », ajoute Elisabeth.

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L’insertion professionnelle en ligne de mire

La création de la crèche n’est pas uniquement une réponse à la forte demande de nouveaux modes de garde sur le territoire, elle a également permis la reconversion de salariés en interne et l’embauche de personnel. « J’ai fait le choix de créer une crèche avec un important volet insertion professionnelle. J’ai recruté des femmes du quartier au parcours accidenté », explique Elisabeth. Le quartier où est situé la MPT connaît un taux de chômage de plus de 45% chez les femmes et une très forte concentration de familles monoparentales.

Sandra, Virginie et Dolorès ont toutes les trois plus de 30 ans et sont sans qualification. Deux étaient sans emploi et l’une faisait des ménages dans un hôpital. « Toute ma vie, j’ai fait des ménages dans des entreprises, des maisons de retraite, des hôpitaux. Je me levais à 3h30 pour travailler de 5h à 12h », raconte Virginie. « Travailler dans une crèche m’a permis d’entrer dans une nouvelle dynamique, d’avoir envie d’évoluer, de me former. »

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Elisabeth a rencontré Sandra, Virginie et Dolorès à la Maison pour tous que ces dernières fréquentaient en tant qu’adhérentes mais aussi bénévoles. Toutes les trois sont très impliquées dans la vie du quartier. « Ce sont des femmes qui portaient un regard dévalué sur elles-mêmes », raconte Elisabeth. « Nous les avons soutenues dans leur nouveau départ ce qui leur a permis de reprendre confiance en elles. » Elles se sont toutes trois inscrites pour passer le CAP petite enfance en candidat libre. « Toute une dynamique solidaire s’est mise en place. Des salariés de la crèche ont rédigé des fiches de révision. Je les ai accompagnées pendant les révisions et amenées aux examens. » Résultat, deux ont réussi l’examen et la troisième a passé le concours d’Agent spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) fin 2013. L’objectif affiché est clair : sortir de la précarité.

Auparavant, la maison pour tous était régulièrement vandalisée. Depuis la réouverture de la MPT et l’embauche de « mamans » du quartier au sein de la crèche, aucun acte de dégradation n’a été remarqué. « L’avenir du quartier, ce sont les mères car elles tiennent la structure familiale », assure Elisabeth. « Tout le monde doit trouver sa place dans le quartier. C’est nécessaire pour un meilleur vivre ensemble. » Un objectif pour lequel la Maison pour tous-Centre social Saint-Louis agit et s’implique au quotidien.

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