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Les politiques régionales de formation en question


Au sein du Synofdes (syndicat national des organismes de formation de l’économie sociale) et des UROF, les instituts de formation Léo Lagrange alertent des dérives depuis la mise en place des marchés de formation par les nouveaux exécutifs régionaux, en particulier en Auvergne-Rhône-Alpes.

Le 20 mars dernier, le Synofdes a rendu publique « son inquiétude concernant les politiques de formation des demandeurs d’emploi mises en œuvre dans plusieurs régions ». C’est la situation en Auvergne Rhône-Alpes qui a motivé cette prise de parole puisque l’exécutif régional n’a pas hésité à remettre en cause des marchés de formation en cours d’exécution sans aucune concertation ni discussion avec les acteurs locaux, notamment sur le champ pré-qualifiant ou sur les compétences premières. Ces deux marchés ont connu en effet des baisses de volumétrie en 2016 non négligeables et le SIEG Parcours formation-emploi (PFE), dont l’objectif était de ramener vers le champ qualifiant les publics très éloignés de l’emploi, s’est arrêté en juin de l’année dernière. Le Synofdes a également été alerté sur la situation dans au moins deux autres régions de France.

Ces décisions bouleversent l’économie sur laquelle sont assis les organismes de formation. Pour Jeanine Chapot, présidente de l’UROF AURA et directrice de Léo Lagrange Formation, « les organismes savent s’adapter à la commande publique. Mais la visibilité manque cruellement sur l’ensemble du service public de la formation, or nous avons besoin de cette visibilité. »

Ces nouvelles orientations posent de véritables questions de fond sur la philosophie des politiques de formation dans notre pays. Les besoins des entreprises et l’accès à l’emploi semblent désormais les principaux critères de certaines régions pour commander des formations. Or cela limite la sélection à celles et ceux qui sont immédiatement employables car l’adéquation entre la formation et l’accès à l’emploi immédiat ne peut fonctionner qu’avec des publics déjà prêts et exclut de travailler sur des habiletés sociales qui s’acquièrent sur la durée. « Nous sommes dans une approche statisticienne de la formation », regrette Fabienne Demousseau, secrétaire générale du Synofdes et DRH de Léo Lagrange Formation. « C’est une approche qui met à mal les dispositifs, les publics et les prestataires. » « Que sera donc-t-il fait demain en matière de lutte contre l’illettrisme, ou pour les publics les plus fragiles ? » interroge Jeanine Chapot. « Quelles que soient les orientations retenues, nous souhaitons qu’elles n’excluent pas les publics les plus éloignés de l’emploi, et donc les plus fragilisés aujourd’hui. Ils ont encore besoin de dispositifs pour travailler l’accès à la certification. »

 

 


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