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Profession : artiste

© Photo Benjamin Géminel

Depuis 2009, l’institut de formation Léo Lagrange INFORIM accompagne les bénéficiaires du RSA porteurs de projets artistiques et culturels dans le Gard. Retour sur un dispositif spécifique où l’art est au cœur du projet professionnel.

« J’aime autant être sur scène que transmettre ma passion pour la musique », explique Amandine, 27 ans, dont c’est le premier rendez-vous aujourd’hui. Valérie Sarrat, référente de parcours RSA / métiers artistiques et culturels, lui présente l’ensemble de ses droits avant de se pencher avec attention sur le parcours de la jeune femme. « Il faut prendre le temps de construire son projet professionnel. Mon rôle est de vous accompagner dans cette démarche. Mais pour être pertinente, j’ai besoin de faire connaissance avec votre univers artistique. » Valérie écoute et visionne les performances d’Amandine, qui fait partie de plusieurs formations musicales allant du folk acoustique au métal progressif, l’interroge sur ses influences, sur sa situation actuelle et sur ses projets à venir. « Ma mission est d’évaluer la faisabilité du projet. J’essaie de cerner la singularité artistique du bénéficiaire et le projet sur lequel on va travailler ensemble pendant six mois », explique Valérie. « Dans le cas d’Amandine, à 27 ans, avec sa voix et sa formation, elle peut aller au bout de son projet : vivre de la musique ! »

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Nous devons être d’accord sur les objectifs que nous allons travailler ensemble pour construire un projet professionnel solide. Je dois m’assurer que la motivation, l’envie et les compétences sont là !
Valérie Sarrat, référente de parcours RSA / métiers artistiques et culturels

« Nous accompagnons 400 bénéficiaires sur l’ensemble du Gard. A la différence des allocataires classiques, ils ont tous une pratique artistique », explique Valérie Lauzent, coordinatrice du dispositif pour INFORIM. Des musiciens, plasticiens, compositeurs ou encore des acteurs sont suivis par l’équipe d’INFORIM qui compte 4 conseillères dédiées. Au-delà de leurs appétences artistiques, le profil de ces bénéficiaires du RSA est spécifique. « Ils ont un bon niveau de qualification. 68 % d’entre eux sont diplômés du bac ou plus », poursuit Valérie. « La majorité a entre 26 et 39 ans, vit seule, sans enfant. » Les référentes les accompagnent dans leurs tâtonnements, dans les aléas de la vie. « Souvent, les bénéficiaires que nous suivons ont connu une rupture sociale ou un accident de parcours que ce soit au niveau professionnel, familial ou médical, qui impliquent de recentrer et de reconstruire leur projet professionnel », explique Armelle Lambert, référente de parcours RSA / métiers artistiques et culturels.

REPORTAGE 1 - Photo 3

Accompagner, c’est stimuler, bousculer et redonner confiance. Nous sommes amenés à endosser plusieurs rôles et à nous adapter à des parcours de vie variés.
Armelle Lambert, référente de parcours RSA / métiers artistiques et culturels

Un accompagnement individuel et personnalisé

La mission d’INFORIM est d’accompagner les bénéficiaires dans la définition et la mise en œuvre d’un projet professionnel durable dans le secteur artistique. Cependant, si l’activité artistique n’est pas assez aboutie, les référents incitent le bénéficiaire à lancer une démarche professionnelle parallèle pour gagner sa vie. L’accompagnement peut également conduire au deuil du projet professionnel artistique. « Etre artiste, c’est avoir une identité sociale. Nombre de nos bénéficiaires ont peur de perdre cette identité en optant pour une activité professionnelle non artistique », souligne Armelle. Au quotidien, les référentes vivent succès et déconvenues, renoncement et renaissance avec les bénéficiaires. « Dans tous les cas, c’est un long cheminement. »

Ce cheminement inhérent au parcours d’artiste, Valérie Sarrat et Armelle le connaissent bien. « Le profil de Valérie et d’Armelle représente une immense plus-value dans la qualité de l’accompagnement proposé par INFORIM », explique Valérie Lauzent. Avant de rejoindre INFORIM, les deux référentes ont roulé leur bosse dans le milieu artistique et continuent encore aujourd’hui en parallèle de leur activité professionnelle. Valérie, titulaire d’une licence des métiers des arts et la culture, attachée de presse et conseillère artistique pendant de nombreuses années, a pratiqué la danse, donné des cours de  théâtre, été batteuse dans un groupe. Armelle a pour sa part fait les Beaux-Arts, exposé ses œuvres, été enseignante en arts plastiques, donné des cours de sculpture, et repris il y a peu le dessin. « Nous connaissons de l’intérieur la situation que peut vivre un artiste, les hauts et les bas auxquels il est confronté », commente Armelle. L’une des grandes forces d’INFORIM est d’être en mesure d’accompagner des projets professionnels atypiques en adoptant une approche globale des problèmes rencontrés par les bénéficiaires. « Nous prenons en compte la personne dans son ensemble via un accompagnement individuel personnalisé, avec en ligne de mire le retour à l’emploi et l’insertion socio-professionnelle », conclut Valérie Lauzent.

 

2 questions à Valérie Lauzent

Coordinatrice RSA Gard pour INFORIM

Quels sont les particularités d’INFORIM dans l’accompagnement des bénéficiaires RSA porteurs de projets artistiques et culturels ?

INFORIM propose un accompagnement au plus près du parcours de chaque bénéficiaire. L’objectif est de leur donner toutes les chances pour réussir leur projet professionnel en tenant compte de leur appétence artistique que ce soit en vue de développer cette dernière ou d’en faire le deuil. Nous avons mis en place de nombreux outils : grilles d’entretien, supports d’évaluation et de diagnostic, rédaction des différentes étapes du parcours ; autant d’éléments qui garantissent une approche méthodologique au cas par cas inscrite dans le temps. C’est une véritable feuille de route.

Y’a-t-il d’autres terrains d’innovation propre à INFORIM ?

Nous mettons également en place des partenariats avec les points emploi et des lieux ressources. Par ailleurs, nous élargissons nos contacts aux réseaux culturels comme « Smac Paloma », « Réseau en scène » ou « Languedoc Roussillon Cinéma ». A travers ces partenariats, nous tissons des liens avec les professionnels et restons en phase avec les réalités du terrain.

 

 

 

Pour aller plus loin

Chiffres clés
– En moyenne 260 bénéficiaires par mois sont reçus sur les différents lieux de permanence d’Inforim
– Tenue de 18 permanences mensuelles sur 10 sites différents dans le Gard
– 47% des bénéficiaires suivis par INFORIM ont une durée d’inactivité inférieure à un an
– Les projets professionnels des bénéficiaires sont le plus souvent orientés vers le spectacle vivant (39 % des projets suivis) et les arts plastiques (31 %)
– En 2012, 124 bénéficiaires ont renoués avec une activité professionnelle : 32 ont fait des cachets, 64 travaillent en indépendant et 21 ont obtenu un CDD.

 

Le Revenu de solidarité active (RSA)
Depuis 2009, le RSA remplace le revenu minimum d’insertion (RMI) et l’allocation pour parent isolé (API). Le RSA est :
•    un revenu minimum pour ceux qui n’ont pas de revenus ;
•    un complément de revenu pour ceux qui travaillent ou qui prennent ou reprennent un emploi mais dont les ressources n’atteignent pas un certain niveau.
•    un dispositif d’accompagnement social et professionnel pour faciliter l’accès à l’emploi ou consolider les capacités professionnelles de ceux qui sont sans activité ou qui ne tirent de leur activité que des ressources limitées.

 

 

 

 


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