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Qu’en est-il de l’avenir pour la formation professionnelle ?

Le Synofdes, syndicat employeur des organismes de formation de l’économie sociale dont font partie les organismes de formation Léo Lagrange, et la Fédération nationale des Urof ont rendu public le 28 novembre 2017, un Livre blanc sur le futur de la formation professionnelle qu’ils inscrivent dans le cadre de la nouvelle réforme de la formation professionnelle prévue au printemps 2018*.

Dans ce Livre blanc, le Synofdes et la Fédération nationale des Urof formulent une douzaine de propositions réparties sur trois thématiques et demandent à ce qu’une attention particulière soit portée aux formations transverses. Elles appellent, entre autre, à « financer l’innovation et l’ingénierie » pédagogiques ou encore à « s’engager dans une véritable politique de qualité ».

En France, quel avenir pour la formation professionnelle ?

Dans le Livre blanc, les deux organismes constatent que « Les nouvelles formes d’emplois […] et l’évolution toujours plus rapide des technologies modifient notre modèle social et imposent de penser les droits des actifs dans une optique d’accompagnement tout au long de leur vie professionnelle ». Rendu public à l’occasion d’un colloque consacré à « l’avenir de la formation professionnelle ».

L’enjeu des compétences transverses

Selon les deux organismes les « transformations [ainsi que] la transformation de la sociologie des entreprises qu’elles induisent, imposent, au-delà de la maîtrise de compétences expertes sur le digital et de nouvelles compétences techniques, une augmentation du besoin de compétences dites ‘transversales’ de tous les actifs ». Une « question des compétences transversales, transférables, cognitives ou relationnelles [qui] s’impose désormais comme un enjeu incontournable de la transformation de notre économie et cela pour tous les actifs ». Leur analyse est portée sur « la demande des entreprises » qui soulignent la priorité à donner « aux compétences cognitives, verbales et relationnelles ».

Des adaptations du système à mettre au point

Le Synofdes et la Fédération nationale des Urof notent également que, pour faire face à l’ensemble des évolutions, le « système de formation s’est [déjà] fortement transformé ces dernières années ». Toutefois, si « la philosophie générale qui sous-tend [les dernières] réformes, autour de la place de l’individu acteur et d’un droit à l’accompagnement avec la création du Conseil en évolution professionnelle (CEP), va dans le bon sens, il reste encore des inégalités fortes, une inadéquation entre besoins d’emploi et formation (coexistence d’un chômage élevé et besoins de recrutement non satisfaits) et des cloisonnements non résolus ».

Lors de ce colloque, les deux organismes ont proposé une douzaine de propositions s’articulant autour de trois thématiques/ambitions :

  • « La formation, facteur de compétitivité systémique, doit conjuguer justice sociale et efficacité économique » ;
  • « L’autonomie de l’individu doit être amplifiée… » ;
  • « …dans un système de régulation mieux régulé ».

Les douze propositions établies par le Synofdes et de la Fédération nationale des Urof, sont laissées à « la réflexion des décideurs des décideurs pour traduire [leurs] ambitions dans la future réforme » portent sur :

  • « Une mobilisation concertée de l’ensemble des acteurs dans une approche d’adéquation Emploi-Formation dont les objectifs doivent être clarifiés », avec notamment « la définition de la programmation des actions de formation professionnelle des jeunes et des adultes [au] niveau régional », mais avec, en même temps, « une politique nationale structurante sur des filières d’avenir » ;
  • « Un parcours d’accès à la formation pour les demandeurs d’emploi à réformer », notamment en déployant « une offre collective de formation continue ayant pour objectif de permettre à tous ceux qui ne sont pas qualifiés d’obtenir au moins un niveau V ou IV validé et à ceux qui sont déjà qualifiés d’acquérir les nouveaux savoirs indispensables au contexte des transitions numériques, environnementales… » ;
  • « Une mobilisation et un plan d’actions concerté au service de la maîtrise des soft-skills », par exemple en intégrant « l’acquisition de compétences transversales & transférables dans le contenu des formations qualifiantes, et ce, quel que soit le niveau visé par la formation » ;
  • « Repenser la rémunération et le statut des personnes en formation » en retenant « une approche basée sur les conditions d’existence et le niveau de qualification » ;
  • « Simplifier l’accès à l’information et à l’orientation pour les salariés comme pour les demandeurs d’emploi », par exemple en déployant « un site grand public sur l’information et l’orientation dans une logique usager, au contenu enrichi » ;
  • « Renforcer le droit à l’accompagnement, ce qui suppose d’assurer un droit financé permettant de déployer un service de qualité et de mettre en place une réelle coordination des acteurs », en étoffant « le contenu de l’accompagnement, notamment en lien avec le CPA, autour d’un accompagnement global (et pas uniquement professionnel) des bénéficiaires dans l’objectif de sécuriser les parcours » ;
  • « Élargir et décloisonner le droit à la formation », en réformant « en profondeur le CPF pour créer un vrai droit individuel opposable » ;
  • « S’engager véritablement dans une politique de qualité exigeante et engageante », mêlant une approche macro (Datadock) et micro (autour de la relation client-prestataire) ;
  • « Améliorer le recueil des données : les systèmes d’information », avec le déploiement d’une  » plateforme unique de saisie pour alimenter le site d’information grand public sur l’information, l’accompagnement et la formation » ;
  • « Modifier les modalités d’achat des formations », en retenant « des modalités de contractualisation assurant visibilité aux organismes de formation et prise en charge des coûts de mise en œuvre du service, en contrepartie d’évaluation de la ‘performance' » ;
  • « Financer l’innovation et l’ingénierie », en intégrant dans le PIC (plan d’investissement compétences) « la possibilité de financer des réseaux et/ou des opérateurs concourant à l’intérêt général afin de garantir l’essaimage et l’appropriation de ces outils par une large part des opérateurs participant au service public conventionné de la formation, selon des modalités financières compatibles » ;
  • « Clarifier les compétences des acteurs », notamment en finalisant « la compétence des régions sur l’ensemble de la chaîne orientation-formation-emploi ».

Le Livre blanc se positionne clairement comme une contribution à la nouvelle réforme de ces deux organisations qui représentent des organismes de l’économie sociale.

* Source : l’AEF

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