Espaces réservés  Salariés | Associations | Administrateurs
/ Prises de position / Refaire de l’Europe un rêve et une réalité

Refaire de l’Europe un rêve et une réalité

_ASC2201
Après la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, cette dernière, depuis longtemps en crise, fait face à un choc historique. Le vote des Britanniques en faveur du Brexit est clair et doit être respecté dans toutes ses dimensions.

La campagne a été révélatrice d’un repli sur soi et de la peur de l’autre. Les tenants du « leave » n’ont pas hésité à tronquer la vérité, à mobiliser les pires instincts, invoquant à souhait nationalisme, xénophobie et racisme. Ces arguments ont malheureusement touché, comme ailleurs, les couches sociales les plus fragiles, les plus âgées, les moins instruites.

Cette décision historique ébranle une Union européenne déjà affaiblie par une succession de crises d’ordre démocratique, économique, migratoire ; des moments difficiles où se mesurent l’attachement et la force des engagements. Dans un contexte favorable, de croissance, d’emploi et de prospérité, le sentiment d’être européen se construit plus facilement. A contrario, quand les difficultés font surface et s’installent, le repli sur soi vers des égoïsmes nationaux est une tentation à laquelle beaucoup répondent. Le Royaume‐Uni n’est malheureusement pas isolé dans cette voie. L’Autriche connaît une telle montée de l’extrême‐droite, que la dernière élection a créé une alerte en portant aux portes du pouvoir l’extrême droite. L’Espagne, l’Autriche, la Bulgarie et la Hongrie ont construit des murs pour faire face aux migrants. L’Union européenne, appuyée par les gouvernements nationaux, a été impuissante dans cette fuite en avant comme dans d’autres domaines. L’UE est aujourd’hui en panne, bloquée par des intérêts contradictoires et les visions nationales de ses Etats membres. Les populismes de tout poil sont à l’œuvre y compris en France, et les premières réactions sont préoccupantes.

L’Europe a perdu l’intérêt et l’attachement des citoyens

Absente des débats politiques, perçue comme lointaine et trop bureaucratique, l’Europe souffre d’un réel affaiblissement de son projet politique.

Elle est bien souvent désignée comme bouc émissaire, endossant la responsabilité de renoncements et de décisions que certains responsables politiques ne veulent pas assumer. Considérée comme trop technocratique, elle est réduite à des arbitrages technico‐économiques entre Etats, bien loin de l’engagement citoyen et du projet de ses fondateurs.
Souvent boudée dans les urnes lors des élections européennes, le fort taux de participation lors du référendum (72%) révèle une réelle mobilisation de la population. Les plus jeunes se sont montrés attachés à l’Europe. 75% des 18‐24 ans ont, en effet, voté pour « Remain » contre 24% pour « Leave ». Ils sont 45% des 25‐49 ans à vouloir « rester ».

Europe, une utopie réaliste

Notre devoir est de mener une profonde réflexion sur ce que doit être la construction européenne afin de donner un avenir à cette aventure qui reposait sur la paix, la prospérité et la liberté. Chacun de ses piliers est en danger. La paix est mise en péril par le terrorisme et les menaces externes, la prospérité par notre inaptitude à sortir de la crise, et la liberté par notre incapacité à faire face à la gestion des migrations. Le projet européen ne peut rester en l’état.

Refaire de l’Europe un rêve, c’est créer les conditions d’un espace économique, social, culturel commun sans qu’il soit uniforme. C’est, s’engager vers une Europe des Etats et des peuples ouverte aux citoyens, démocratique. C’est aussi créer les conditions de l’émergence et de l’épanouissement d’une véritable communauté de destin fondée sur la solidarité, la liberté, le développement et ouverte sur le monde. Les chefs de gouvernement sont attendus sur ce chantier prioritaire et un nouveau leadership européen doit voir le jour pour, non seulement, refaire de l’Europe un rêve mais aussi une réalité porteuse de progrès ici et ailleurs.

La Fédération Léo Lagrange s’engage

Depuis sa création en 1950, la Fédération Léo Lagrange a toujours eu une « fenêtre ouverte sur le monde » et prône des valeurs et principes qui transcendent les frontières.

En tant que mouvement d’éducation populaire, à travers notre engagement à l’international ancré dans nos valeurs, nous savons qu’aucun projet européen ne peut exister sans l’adhésion et l’appui de l’ensemble des citoyens et particulièrement de la jeunesse. C’est avant tout à elle qu’il faut s’adresser. La Fédération Léo Lagrange a toujours eu à cœur de donner une dimension européenne à son action.

Aujourd’hui, il est temps d’aller plus loin :

  • en donnant une teinte européenne à l’ensemble de nos activités et ce, à tous les âges de la vie : temps périscolaire, formation d’animateurs, formation de nos professionnels, jumelage d’école, rencontres intergénérationnelles…
  • en favorisant la mobilité européenne, vecteur d’échanges, de citoyenneté et de découverte de l’autre.
  • en créant des ponts et en permettant à nos amis britanniques, notamment les jeunes, de continuer à « rêver d’Europe » en nouant un partenariat associatif privilégié. Parce que tendre la main à ces générations qui vont devoir assumer le choix de leurs aînés, c’est construire l’avenir.

« Je me sens proche de ces utopistes qui, à force de croire obstinément à leurs rêves, finissent par leur imposer la réalité», par cette formule, Pierre Mauroy nous invite à être offensifs pour porter notre désir européen.


Vers le haut