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Retour sur les séjours solidaires du réseau Léo Lagrange

© Fédération Léo Lagrange

Forte de son réseau en Afrique, la Fédération Léo Lagrange, en s’appuyant sur la Mission d’appui à l’internationalisation de la FLL (MAILL) et sur son comité d’entreprise a proposé aux salariés de Léo Lagrange une offre de séjours solidaires. Au programme de l’été 2016 : Tourisme équitable au Bénin et au Togo. 

Depuis sa création en 1950, la Fédération Léo Lagrange a toujours eu une fenêtre ouverte sur le monde. Dès 1960, le Bureau de liaisons africaines et malgaches était créé. Cette vocation internationale s’est traduite différemment selon les époques, permettant d’appuyer aujourd’hui 10 Fédérations Léo Lagrange en Afrique. En 2012 est créée la Mission d’appui à l’internalisation de Léo Lagrange(MAILL). « Il ne s’agit pas d’être international par fonction, par ambition politique, par opportunisme, par enthousiasme personnel, par esprit de solidarité des riches envers les pauvres, par mauvaise conscience néocoloniale … Pour la Fédération Léo Lagrange, il faut être international par nature humaniste. » confie Michel Joli, administrateur de la Fédération Léo Lagrange, dans son texte d’orientation « l’éducation populaire transnationale. » Une dynamique qui est tournée vers la mise en réseau, le partage et la déclinaison des savoir-faire, la construction, la mise en lumière et en mouvement de la société civile.

Dans le cadre de la campagne « Vacances j’y ai le droit », la Fédération Léo Lagrange et son comité d’entreprise ont proposé à ses employés un séjour solidaire avec une aide financière importante. Sept salariés se sont donc envolés vers l’Afrique. Un premier groupe s’est rendu au Bénin puis au Togo du 3 au 17 août. Le second groupe a débuté par le Togo avant de rejoindre le Bénin, un séjour qui s’est déroulé du 12 au 28 août. « Le concept de tourisme solidaire, ce n’est pas du tourisme consumériste : pas de location d’hôtels et de restaurant de luxe. Il s’agit de vivre, manger, dormir et se distraire de façon locale afin de découvrir la richesse historique, géographique, patrimoniale » explique Jean- Michel Barrault, chargé de mission sur la vie associative à Léo Lagrange Nord-Ile-de-France.

© Fédération Léo Lagrange

Les salariés en balade dans les collines de shakaloké.

L’important d’un séjour de tourisme solidaire est aussi de travailler avec la population, de rencontrer les gens, d’être en contact avec eux et de vivre leurs réalités afin de partager leurs cultures et civilisations. Pendant un séjour de tourisme solidaire, il est également recommandé de consacrer un peu de temps pour la réalisation d’un mini chantier au profit de la population. « La volonté de la Fédération depuis toujours est de favoriser la rencontre entre les cultures, moteur d’émancipation individuelle et collective et de solidarité. Ainsi pendant de nombreuses années, ce sont essentiellement par des échanges entre jeunes à travers les chantiers de solidarité que se réaliser ce souhait . Ces expériences, souvent très riches, formatrices, véritables créatrices de liens entre le nord et le sud, nous ont incité à vouloir offrir ce type d’opportunités à un public plus large, notamment avec les très nombreux salariés de la fédération. De plus, les fédérations du Bénin et du Togo avaient déjà réfléchi à des séjours solidaires, permettant de contribuer au développement local. Ainsi lorsque l’opportunité présentée par le comité d’entreprise est arrivée, nous avons saisi cette occasion pour expérimenter ces séjours et permettre aux acteurs du quotidien de Léo Lagrange de vivre la rencontre avec l’autre et les cultures togolaises et béninoises » explique Jérémie Chomette, chargé de mission activités internationales de la Fédération Léo Lagrange et de la Fondation France Libertés. Ainsi, les membres de la délégation Bénin-Togo-Bénin ont participé au festival des arts, cultures et tourisme de Toffo (FACTO) où ils ont donné une conférence à la table ronde animée dans le cadre de l’édition 2016 de ce festival, l’occasion de parler du concept du tourisme solidaire et de ses modalités d’organisations.

© Fédération Léo Lagrange

Fabrication de nattes.

Réactivité et engagement

Za-Kpota est une ville du centre du Bénin, et c’est ici que débute le séjour solidaire des salariés. La Fédération Léo Lagrange Bénin développe un centre d’accueil de loisirs pour lutter contre la traite des enfants régulièrement envoyés au Nigéria voisin pour y travailler. La Fédération Léo Lagrange a contribué à la formation des animateurs en 2015. Les retrouvailles ont été chaleureuses entre ces derniers et leur formateur. « J’ai été très content de revoir les animateurs que j’ai formés » raconte Jean-Michel Barrault. Chaque année 300 à 400 enfants bénéficient des prestations du centre : 8 semaines d’animations pendant les grandes vacances et une semaine dans les vacances de Noël, le financement du fonctionnement vient des bénéfices des tournées en France des spectacles joués par Hervé Wégbomè. Ce centre de loisirs créé depuis 2012 n’est pas resté en marge des activités. A Za-Kpota donc avant le démarrage du séjour, une journée de recyclage a été organisée en faveur des animateurs du Centre de loisirs formés en 2015 avant leur déploiement. Cette journée de recyclage est en fait un atelier de renforcement de capacités organisé au profit des animateurs des centres de loisirs. Ils ont ensuite pris la route de Ouidah, ils ont pu découvrir le temple des pythons. A Porto-Novo, les salariés de la Fédération Léo Lagrange ont découvert une ferme et un centre de formation à l’agriculture bio fondée en 1985 nommée Songhaï. Désignée « centre d’excellence pour l’agriculture » par les Nations-Unies, elle s’étend sur 24 hectares. Cette ferme qui vit en autosuffisance a un principe : « rien ne se perd, tout se transforme », pour préserver l’environnement. Bohicon, Glazoué et Cotonou sont les autres villes visitées par les salariés de Léo Lagrange en séjour au Bénin. Au Togo, deux villes ont accueilli les autres membres de l’autre délégation : Kpalimé et Lomé.

© Fédération Léo Lagrange

Le cousin de Léo Lapin, Sena Lapin, était du voyage.

Nos sept voyageurs n’ont pas caché leur satisfaction des lieux visités de part et d’autres. « C’est une opportunité que je ne regrette absolument pas. Ce voyage solidaire fut très enrichissant, notamment quand nous nous sommes rendus à la porte du non retour » raconte Mailyss Jeanvier, directrice de centre de loisirs à Marsonnay-la-Côte en Gironde. Si au Bénin, le village souterrain d’Agongointo, les vestiges de la ville historique d’Abomey et d’Ouidah ont comblé les attentes ; au Togo ce sont les sites comme la cascade, le château, la réserve des papillons qui ont satisfait les visiteurs de Léo Lagrange avec aussi la randonnée botanique, le concert de musique locale et la visite des tresseuses de nattes. « Ce fut un séjour extraordinaire, une très grande réussite de la Fédération, le bilan est extrêmement positif, c’est absolument à refaire » confie Jean-Michel Barrault. Les touristes de cette phase expérimentale sont satisfaits du concept et souhaitent d’ailleurs son renouvellement. « Moi j’y crois à 300% parce que l’Afrique a énormément à nous apporter. Le concept du séjour de tourisme solidaire est un produit qu’il faut développer dans les fédérations Léo Lagrange » affirme Macha Rojas, déléguée territoriale à l’animation et responsable de la thématique « Europe et international » à Léo Lagrange Sud-Ouest. « Au regard de la réussite de ces séjours tant au Bénin et au Togo que du côté de la Fédération, nous réfléchissons à une formule pour réitérer ce type de projets en Afrique mais aussi pourquoi pas au Brésil et ailleurs » conclut Jérémie Chomette.

La Fédération Léo Lagrange avec Paterne Tchaou (Collaboration www.benincultures.com)


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