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#StéRéO-tYpeS# ou la trahison des images


Léo Lagrange Nord-Ile-de-France intervient à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (91) pour coordonner et mettre en place des actions socioculturelles. Du 5 décembre 2016 au 18 janvier 2017, un groupe de 10 hommes détenus à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis et un groupe extérieur de 7 personnes de plus de 70 ans ont intégré le dispositif artistique de réflexion autour des idées reçues #StéRéO-tYpeS#, imaginé par la compagnie la Conflagration avec le soutien d’Animakt, lieu essonnien de fabrique pour les arts de la rue, de la piste et d’ailleurs.

Toutes les séances de travail ont pris la forme d’un plateau radio, chacun ayant à sa disposition un micro et un casque. Ce dispositif a permis de couper les participants du monde extérieur et de les impliquer entièrement dans l’atelier. Chacun d’entre eux a dès le départ fait preuve d’une grande implication, arrivant avec le sourire et s’emparant de l’outil radiophonique pour en jouer, pour travailler autour des stéréotypes à travers des jeux et exercices imaginés par les artistes intervenants.

Les séances ont alterné, un jour avec les hommes détenus, un jour avec les personnes âgées, et ce, du lundi au jeudi. Cette alternance a permis d’instaurer un jeu de ping-pong entre les deux groupes, un travail d’échanges et de correspondances qui leur a fait prendre de la distance sur leur propre réflexion pour y intégrer celle d’un autre groupe d’inconnus.

En effet, tous les participants, hommes détenus comme personnes âgées, ignoraient la composition de l’autre groupe durant le premier mois de l’atelier, ce qui a permis de débuter le dispositif sans idée préconçue et d’apporter du recul sur la différence de l’autre en apprenant à le connaître sans stéréotype : là résidait tout l’enjeu de ce dispositif.

Les séances ont toutes été construites de manière différente, chacune ayant une thématique propre mais toutes concourant à donner des outils de recherche et de création communs à chacun des participants. Ainsi ont pu être proposés des exercices d’analyse des médias et des jeux de radioreporters, leur transmettant les bases de l’écriture journalistique et permettant d’aborder les questions d’objectivité et de subjectivité, de communication et de valeurs relatives. Un travail approfondi de l’œuvre de René Magritte construit en écho avec les deux groupes a permis aussi bien d’aborder le surréalisme que l’allégorie de la caverne de Platon. De cette manière, chacun a été amené à se questionner sur son rapport au monde.

Les premières rencontres des deux groupes se sont déroulées à la maison d’arrêt, début janvier 2017, à l’occasion de trois séances de répétitions puis d’une représentation, avec pour aboutissement une journée complète au Théâtre de l’Agora, composée de répétitions, d’une représentation et d’échanges. De cette rencontre entre les participants détenus et les personnes de plus de 70 ans sont nés des échanges productifs et touchants ainsi que des retours très positifs voire même enthousiastes des uns sur les autres, malgré la surprise générée par l’annonce de la composition de l’autre groupe.

Représentations à la maison d’arrêt et au Théâtre de l’Agora, Scène nationale d’Evry et de l’Essonne

En écho, en “stéréo”, ces deux groupes qui ne se connaissaient pas ont mis au travail leurs représentations d’eux-mêmes et des autres, avec comme catalyseur Magritte et sa Trahison des Images. De cet échange surréaliste entre individus que rien ne prédisposait à ce qu’ils se rencontrent un jour est né #StéRéO-tYpeS# ou la trahison des images, joué « dedans » à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis le 16 janvier 2017, devant un public de personnes détenues et de personnel pénitentiaire (une quarantaine), et « dehors » au Théâtre de l’Agora, Scène nationale d’Evry et de l’Essonne le 18 janvier 2017, pour un public plus large (environ 200  personnes), au sein duquel se trouvaient notamment les familles et amis des sept participants détenus ayant obtenu la permission de sortir.


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