Ateliers de maraîchage biologique à la maison d’arrêt des Hauts de Seine


Léo Lagrange Nord-Ile-de-France intervient à la maison d’arrêt des Hauts de Seine (92) pour coordonner et mettre en place des actions socioculturelles. Conformément à son engagement, elle entend promouvoir la culture par tous, pour tous et en tous lieux. Depuis 2017, l’association Ville en Herbes (VEH) intervient, dans le cadre de la programmation culturelle du Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP 92), à la maison d’arrêt des Hauts de Seine (MAHS) pour développer un potager biologique.

L’aventure est initiée en 2016, par la coordinatrice culturelle du SPIP 92. Avec Loic Le Noan et Laurent Berton de l’association VEH, ils construisent un projet pour les personnes détenues de la MAHS. L’idée est de mettre en place des ateliers de maraîchages biologiques sur l’une des parcelles végétales de la prison. Ensemble, ils vont concevoir un projet qui prévoit quatre années de travail de la terre.

Une aventure au long cours

Les premiers ateliers ont démarré au printemps 2017. Très rapidement un potager biologique s’est dessiné sous les yeux des personnes détenues. Un groupe de 8 participants a creusé des plate-bandes pour y faire pousser divers légumes (salades, tomates, poireaux, choux, poivrons, aubergines, etc. …) ainsi que des condiments (ails, thym, romarin, etc. …). Ils ont également planté de la menthe, ce qui a remporté un vif succès auprès des participants et des personnes détenues de la MAHS.

Un chantier a permis d’installer un tuyau d’eau, une pépinière et un compost. La première année du projet s’est terminée en décembre, avec un atelier de confection de couronnes et guirlandes végétales. Les décorations ont été installées en salle polyvalente pour la journée père et fils, organisée pour Noël.

Un projet à vocation professionnalisante

Le projet est revu à la hausse au niveau du nombre d’ateliers. Lors du 3e cycle (printemps 2018), une partie théorique voit le jour. VEH transmet alors un socle de connaissances théoriques le matin, qui sont appliquées dès l’après-midi au jardin. Le contenu se renforce et permet ainsi aux personnes détenues de participer à une formation pré-qualifiante.

De plus, l’intervention de Hélène Démarre, de l’ACI (Ateliers Chantiers d’Insertion) Plaine de vie, permet au personnes détenues de rencontrer une professionnelle du secteur et de penser à un avenir dans le domaine. Enfin, des journalistes et photographes du Magazine La Chronique d’Amnesty International et du magazine Kaizen ont suivi les participants le temps d’un long reportage, sur plusieurs mois, pour mettre en avant le fruit de leur travail et l’importance d’un tel projet en milieu carcéral.

Il est prévu pour les années 2019 et 2020 que des petits arbres fruitiers soient plantés et qu’une zone humide, une friche, une prairie et l’installation d’un hôtel à insectes voient le jour.

Comme l’ensemble des projets proposés par la coordination culturelle du SPIP 92, ce projet permet aux personnes détenues de se sentir valorisées et reconnues pour leur travail. De plus, leur mobilisation sur un projet à vocation professionnalisante (apprentissage des techniques et des compétences à avoir dans le milieu « espaces verts ») et la découverte des métiers de la filière permettent de travailler dans le sens d’une réinsertion. Ce projet permet également l’embellissement des espaces extérieurs au sein de la MAHS et le respect de ceux-ci. En effet, on trouve beaucoup moins de déchets sur la zone depuis la mise en place de ce jardin-potager.

Ce projet est possible depuis 2017 grâce aux larges soutiens de la Fondation M6 et de la Fondation Lemarchand ainsi qu’aux apports non négligeables du SPIP 92 et de la MAHS. Depuis 2018, le FIPD soutient également le projet.

Léo Lagrange Nord-Ile-de-France et le milieu carcéral francilien

Depuis 2016, Léo Lagrange Nord-Ile-de-France gère la mise en œuvre de la coordination culturelle à desti-nation des personnes placées sous main de justice en Ile-de-France. Elle assure ainsi la programmation culturelle à destination de l’ensemble des personnes détenues en Ile-de-France.

 

La programmation se veut la plus large possible de l’organisation d’évènements de divertissement à des projets plus soutenus et exigeants en termes d’implication ; une programmation ayant également pour voca-tion de permettre à la fois l’approfondissement de disciplines et la découverte de nouvelles pratiques cultu-relles et socioculturelles.


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