Portfolio Créer du lien

Premier centre social en milieu rural de Haute-Loire, le Cyprès accueille et propose de nombreuses activités aux habitants de Craponne-sur-Arzon. Des tout petits aux seniors, tout le monde trouve sa place aux Cyprès. Focus sur le pôle adultes qui affiche un dynamisme communicatif.

© Photos Benjamin Géminel

  • « Je vis depuis 11 ans à Saint-Pierre-du-Champs. J’ai découvert le centre social Le Cyprès grâce au bouche à oreille. J’y suis des cours d’anglais depuis maintenant 3 ans. C’est un lieu convivial où il est possible d’avoir accès à de nombreuses activités et ce, sans beaucoup de moyens », explique Jeanne, membre bénévole du comité d’usagers. Plus de 17 ateliers sont en effet proposés. Au programme : peinture, jardinage, danse africaine, photo, cuisine, multimédia ou encore tricot. C’est un lieu chaleureux où il fait bon flâner, faire un brin de causette, découvrir une nouvelle activité. Un lieu où il fait bon vivre ensemble !

  • Créer du lien social et lutter contre l’isolement, impliquer l’ensemble des habitants dans la vie locale, favoriser les échanges entre différents publics et tranches d’âge, sont autant d’éléments constitutifs des missions qui incombent au centre social Le Cyprès. « Notre mission première est d’aller vers les publics les plus isolés », explique Didier Luce, directeur du Cyprès. « Nous veillons à favoriser l’intégration des habitants, nous sommes à leur écoute et nous contribuons à élargir les horizons. »

  • « Quand j’ai poussé la porte du centre social, c’était avant tout pour rencontrer du monde. Au fil du temps, c’est devenu une vraie habitude. Je prends part à plusieurs ateliers dont le cours d’espagnol assuré par une bénévole. Nous sommes d’ailleurs parties toutes ensemble à Madrid pendant 4 jours », raconte Maïté en souriant. Le centre social est un lieu de socialisation mais aussi de valorisation. Chacun est libre de venir avec son savoir-faire et de le partager avec les autres. « Pour nous, professionnels, nos bénévoles sont vitaux », commente Didier.

  • « Le centre social est comme une seconde famille pour moi. Je participe à différents ateliers (cuisine, jardinage, informatique) et organise également des projets comme le gala du centre social ou des sorties familiales. C’est un lieu d’échange et d’ouverture. Me concernant, c’est une sorte d’addiction ! », raconte Suzanne. Le centre social est un vivier d’initiatives qui permet aux habitants d’être acteurs de leur territoire. « Chacun peut amener une idée et tenter de la mettre en œuvre. C’est l’occasion d’entrer dans une dynamique, de se lancer dans des projets en étant accompagnés ! », explique Marie Tailhandier, présidente du Comité d’usagers du centre social.

  • Au côté des ateliers d’échanges et de savoir-faire, des ateliers intergénérationnels et des cafés des habitants, un Système d’échange local (SEL) a également vu le jour. « La mise en place d’un SEL attaché au centre social est une façon de montrer que d’autres modes de vie sont possibles », explique Didier. Stimuler l’implication des habitants, ne pas s’accommoder d’une vision uniforme du monde, récréer un tissu social revivifié, susciter les coopérations, sont autant d’éléments du projet social des Cyprès que l’on retrouve dans les objectifs du SEL.

  • Didier apprend la valse à Jeanne, qui dévoile sa préparation de bugnes (sorte de petits beignets) à Vincent, qui tond la pelouse de Babeth, qui peut aider le petit dernier de Vincent à réviser les tables de multiplication. Le premier système d’échange local français a vu le jour en 1994 en Ariège. Il s’agit d’associations dont les adhérents, souvent voisins, échangent des biens, des services, des savoir-faire, des conseils ou informations selon une unité propre, en l’occurrence des noix à Craponne-sur-Arzon. C’est également une façon de favoriser les relations sociales dans un esprit convivial et solidaire.

  • Via un catalogue en ligne, les membres du SEL s’échangent des biens et des services dont chacun peut avoir besoin, occasionnellement, ponctuellement, de façon non répétitive et pour une courte durée : initiation musicale, covoiturage, prêt de motoculteur, garde d’animaux, relevé de courrier, aide à un déménagement… Vincent propose par exemple la réalisation de travaux de bricolage. C’est en amenant ses enfants à l’accueil de loisirs qu’il a entendu parler du SEL. Séduit par l’idée, il a choisi de devenir membre.

  • Les membres mesurent leurs échanges en fonction du temps consacré au service rendu : 1 heure = 1 noix. Le temps passé pour un service rendu a la même valeur quel que soit le service : 1 heure de repassage = 1 heure d’initiation informatique = 1 heure d’empilage de bois = 1 heure de courses. En revanche, quand il s’agit de prêt de biens, le nombre de noix se négocie de gré à gré, directement entre les membres concernés.

  • Chaque membre du SEL est à la fois offreur et demandeur ce qui élimine les risques d’inégalités et multiplie les possibilités d’échanges réciproques. L’idée n’est pas de faire des bonnes affaires, mais de susciter des liens entre les membres. Derrière les échanges, ce sont avant tout les personnes qui sont importantes. « C’est un système basé sur l’échange, la participation et la citoyenneté », explique Jeanne. « Nous avons pris contact avec d’autres SEL comme celui d’Yssingeaux (43) avant de lancer le nôtre en mai 2013. » Aujourd’hui, le SEL du Pays de Craponne compte 18 membres et ne devrait pas s’arrêter là !


Vers le haut