Devenir animateur

@Benjamin Géminel
Du 9 au 14 février 2015, au domaine de Sainte-Croix (01), 24 stagiaires BAFA étaient réunis pour réaliser leur stage d’approfondissement consacré à la petite enfance et aux grands jeux.

Le Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) est le diplôme pilier de l’animation volontaire des accueils collectifs de mineurs. Après une session de formation générale (théorie) et un stage pratique, vient l’heure de la session d’approfondissement qui consolide, développe et enrichit les acquis des sessions précédentes. Elle permet ainsi de faire un bilan de la pratique et de parfaire les compétences du futur animateur.

10 stagiaires ont choisi l’approfondissement petite enfance et 14 l’approfondissement grands jeux. Le premier vise à bien connaître les spécificités du public 4-5 ans pour lui proposer des animations adaptées. Le second a pour objectif d’aborder l’activité ludique sous toutes ses formes et d’apprendre à en tirer les principaux enjeux et valeurs pédagogiques. « Le public des 4-5 ans est celui avec lequel je suis le moins à l’aise. A travers cet approfondissement, je souhaite me familiariser avec ce public pour adapter mes animations », explique Emilie, 18 ans. « Pour ma part, j’ai toujours aimé les grands jeux », commente Claire, 17 ans. « Ils mêlent stratégie et coopération, nous plongent dans des univers différents. Et puis, j’aimerais élargir mon répertoire de jeux. »

Environ un tiers de la session d’approfondissement est consacré à l’analyse du stage pratique et aux compléments de formation qui en découlent. Les deux autres tiers sont dédiés aux thématiques avec cas pratiques et mise en place de projets d’animation, ponctués par des temps d’analyse, de réflexion, de débats et de jeux. « Nous privilégions les échanges en petits groupes pour faciliter la prise de parole », explique Marie-Hélène Rostin-Magnin, formatrice. « La session d’approfondissement permet de prendre de la distance avec la formation générale et le stage pratique, d’évaluer son travail. » La première journée est dédiée aux présentations : du groupe, du déroulement de la semaine, des aspects administratifs et des modalités d’évaluation. Il ne faut pas oublier que les stagiaires présents sont évalués toute la semaine avant que leur soit attribué, ou non, la mention satisfaisante à la fin de la session.

@Benjamin Géminel

Accompagnement à la réussite
La formation s’appuie avant tout sur l’échange et prône une pédagogie de la réussite qui développe le sentiment de compétences. Le discours est toujours positif, il souligne les acquis, les qualités à améliorer. « Nous invitons les stagiaires à réfléchir sur leurs pratiques. Nous leur donnons un maximum de billes pour l’élaboration de leur projet d’animation », explique Marie-Hélène Rostin-Magnin, formatrice. « La formation est véritablement basée sur l’échange (de méthodes, de pratiques…). » L’idée est donc de donner confiance aux stagiaires en les guidant et en encourageant leurs initiatives. Mais pas question de se réfugier dans la facilité ! Les phases d’expérimentation et de tâtonnement ont elles aussi leur place.

Ce matin au domaine de Sainte-Croix, chaque stagiaire a un entretien individuel avec l’un des quatre formateurs afin de faire un bilan personnel à mi-parcours de la session. En attendant leur tour, les stagiaires, répartis en petits groupes, travaillent sur un projet d’animation. Emilie et Cynthia préparent un conte animé d’une durée de 45 minutes à destination des 3-5 ans. Déroulé de l’animation, mise en scène du conte, réalisation des décors, elles réfléchissent à toutes les étapes de leur animation qu’elles présenteront ce soir à leurs pairs. « Ce qui me plaît dans ce stage, ce sont les analyses de pratiques et d’expériences qui permettent de réfléchir à d’autres manières de faire, de partager différents points de vue », explique Cynthia. « Ca nous donne aussi de nouvelles idées ! », poursuit Emilie.

Une fois les entretiens individuels terminés, l’ensemble des stagiaires se réunit afin de consacrer un temps au projet personnel d’animation, un travail clé pour bien comprendre les enjeux du projet d’animation. « Cet exercice permet de nous assurer qu’ils ont bien compris l’articulation de tout projet d’animation qui doit être en lien avec le projet pédagogique et éducatif de la structure », précise Marie-Hélène.

Le BAFA, un engagement
Le profil des stagiaires, qui passent le BAFA, est très variable. « J’ai de très bons souvenirs en colonie de vacances et en accueil de loisirs. C’est ce qui m’a donné envie de passer mon BAFA », explique Roxanne, 18 ans. « Je souhaite devenir éducatrice petite enfance ou auxiliaire puéricultrice », rebondit Amandine 20 ans. « Moi, j’aimerais travailler dans l’animation. Après le BAFA, je me lance dans un BAFD », raconte Alicia, 21 ans. Dans le cadre de son baccalauréat professionnel, Mélissa, 18 ans, a réalisé trois stages en tant qu’agent d’accueil dans un centre socio-culturel. C’est là qu’elle a entendu parler du BAFA. « Une fois mon bac en poche, j’envisage de me lancer dans l’animation professionnelle en passant un BPJEPS (Brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport. » Être animateur constitue un véritable engagement citoyen. « L’animation est un milieu très enrichissant humainement ! », lance Claire.

@Benjamin Géminel

Des stages BAFA sur mesure
« Dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs, nous avons de plus en plus de stagiaires qui passent leur BAFA afin d’animer les activités périscolaires », explique Marie-Hélène. Suite à la réforme des rythmes éducatifs, les collectivités territoriales ont ainsi été amenées à recruter et former de nouveaux animateurs. « En Rhône-Alpes, la Fédération Léo Lagrange a été l’une des premières à proposer des stages BAFA sur mesure et ce, avant même la mise en place de la réforme », explique Yann Ettori, responsable du service Thématiques & Engagement pour Léo Lagrange Centre Est et chargé de mission nationale à l’animation volontaire. « Depuis sept ans, nous travaillons en partenariat avec des collectivités territoriales afin de leur proposer des formations BAFA qui tiennent compte des réalités et enjeux locaux. Nous faisons un diagnostic en amont afin d’adapter nos méthodes et modalités d’interventions. Le contenu pédagogique, lui, reste le même. »

L’une des particularités Léo est aussi d’assurer un suivi une fois le ou les stages effectués. « Nous pouvons proposer aux stagiaires d’effectuer leur stage pratique dans une structure Léo ou encore proposer à la collectivité de mettre à disposition l’un de ses salariés, sous réserve qu’il réponde à un certain nombre de critères, pour intervenir en tant que formateur pendant une session BAFA. » Autant de possibilités pour offrir un partenariat riche et pertinent aux collectivités avec lesquelles la Fédération Léo Lagrange travaille. « Aujourd’hui, en Rhône-Alpes, nous travaillons en partenariat avec 25 communes », précise Yann. La communauté de communes de Bièvre Est est l’une d’elles. « Notre partenariat avec Léo Lagrange est basé sur le partage de valeurs communes. L’auto-évaluation, le faire ensemble sont autant de notions que l’on retrouve dans nos pratiques », explique Céline Labartino, coordinatrice jeunesse pour la communauté de communes de Bièvre Est. A l’occasion de ce stage d’approfondissement qui s’est déroulé à Sainte-Croix en février, six jeunes de la communauté de communes étaient présents. Les thèmes de la session, petite enfance et grands jeux, ont été définis en amont par Léo Lagrange Centre Est et la communauté de communes de Bièvre Est. « Sur notre territoire, la demande est grande sur ces deux thématiques », explique Céline. « Nous avons ainsi pu préparer cette session d’approfondissement en tenant compte de nos besoins. » Cette capacité à prendre en compte les problématiques des collectivités dans l’élaboration des stages est l’un des pivots de chaque partenariat mis en œuvre par la Fédération Léo Lagrange. « Ce que nous proposons en amont et en aval des stages nous permet de mettre en place un partenariat gagnant-gagnant », conclut Yann.

@Benjamin Géminel

La formation BAFA se déroule en 4 temps
1. La session de formation générale (d’une durée de 8 jours) permet d’acquérir les notions de bases pour assurer les fonctions d’animateur.

2. Le stage pratique (d’une durée de 14 jours effectifs minimum) se déroule obligatoirement en séjours de vacances ou en accueil de loisirs.

3. Pour la dernière étape, les stagiaires ont le choix entre deux types de sessions :

– la session d’approfondissement (d’une durée de 6 jours) permet aux stagiaires de compléter leurs connaissances théoriques, de réaliser un bilan de leur stage pratique et compléter leur formation avec le choix d’une thématique (petite enfance, activités nature…)
– ou la session de qualification (d’une durée de 8 jours) permet de valider une compétence spécifique (surveillance de baignade par exemple)

4. Si le stagiaire a obtenu l’appréciation satisfaisante à chacune de ces 3 étapes, le jury départemental de la cohésion sociale lui délivre son diplôme BAFA.

 

Conditions d’inscription
Avoir 17 ans révolus le 1er jour du stage
La durée totale de la formation ne peut excéder 30 mois

Site web picto En savoir plus : bafa-bafd.org

 

 


Vers le haut