La position de Léo Réforme des rythmes éducatifs : au-delà des caricatures

© Photo Benjamin Géminel

En février 2013, la Fédération Léo Lagrange, comme beaucoup d’acteurs éducatifs, accueillait favorablement la réforme des rythmes éducatifs en cours d’installation. 6 semaines à peine après la rentrée des classes, les polémiques et déclarations, parfois outrancières, se multiplient. La Fédération Léo Lagrange réaffirme quant à elle son soutien à la politique engagée sur les rythmes éducatifs et ce pour des raisons essentielles.

Tout d’abord, en allégeant la journée de classe et en positionnant mieux les apprentissages fondamentaux, la Fédération Léo Lagrange est convaincue que cette réforme va permettre aux enfants les plus fragilisés de mieux réussir leur scolarité. Toutes les études démontrent depuis longtemps que le nombre d’heures d’enseignement journalier était bien trop important pour donner une chance à tous.

Ensuite, en faisant intervenir au sein de l’école les différents acteurs de la communauté éducative (parents, enseignants, animateurs), cette réforme va imposer de réels processus de « co-éducation ».

Elle pose ainsi les bases historiques d’un véritable partenariat entre l’ensemble des référents qui entourent l’enfant.

Enfin, l’instauration d’un temps d’activité périscolaire pour tous constitue une ouverture au monde, au sport et à la culture, ce dont la Fédération Léo Lagrange ne peut que se réjouir. En tant que mouvement d’éducation populaire, partenaire de 170 collectivités locales dans la gestion de missions déléguées enfance (accueils de loisirs, accueils périscolaire, élaboration et suivi des politiques enfance), la Fédération Léo Lagrange sait combien les activités collectives de loisirs peuvent constituer un facteur de cohésion sociale et de construction personnelle.

Il ne s’agit pas là de nier les difficultés, de cacher de réelles inquiétudes, d’omettre les nécessaires adaptations (la Fédération a d’ailleurs elle-même identifié ces derniers mois certains points de vigilance quant au maintien de la qualité éducative des activités périscolaires et la reconnaissance de leur spécificité), mais du point de vue de l’enfant, nous restons convaincus que cette organisation nouvelle ne pourra qu’être favorable à son épanouissement.

La Fédération Léo Lagrange souhaite cependant réagir aux caricatures entendues çà et là, malheureusement trop facilement véhiculées sur celles et ceux qui, par cette réforme, participent davantage de l’acte éducatif. Avec 3900 salariés sur tout le territoire français dont 80% travaillant dans l’animation, notre association ne peut que s’insurger de la tendance actuelle à nier purement et simplement les apports de l’éducation non formelle dans le processus d’apprentissage.

Les animateur(-rices) sont des acteurs à part entière de l’éducation des enfants. La caractéristique éducative et les compétences liées à l’animation périscolaire doivent être reconnues et trouver dans l’application de la réforme toute leur place.

Le recrutement et la formation des animateurs doit ainsi faire l’objet de toutes les attentions, et des solutions doivent être mises en œuvre pour favoriser des temps de travail dignes permettant d’installer durablement les personnes dans leurs fonctions.
Oser construire la pluralité des missions plutôt que de multiplier les temps partiels subis est, par exemple, l’une des conditions de la réussite de la réforme. Si certains temps périscolaires restent en deçà des exigences qualitatives, il convient de s’interroger globalement sur les conditions d’exercice de ces fonctions et de leur accorder l’intérêt et la reconnaissance qu’elles méritent.

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C’est ce que la Fédération Léo Lagrange s’applique à faire en se mettant au service des collectivités, des associations et parents d’élèves qui souhaitent être accompagnées dans la préparation de cette réforme. Dans ce cadre, elle rencontre des élus et des techniciens volontaristes, là aussi loin de certaines caricatures, qui entendent mettre en place un dispositif qui convient le mieux possible aux besoins des enfants de leurs communes. Qu’il s’agisse de construire un projet éducatif, d’élaborer des plannings d’activité ou encore de former des agents, la Fédération contribue, en connaissance de cause, tant à la préparation qu’à la mise en œuvre de cette réforme.

Il reste encore beaucoup de travail. Seuls 22 % des écoliers ont connu un changement d’emploi du temps cette rentrée. Il faut rester mobilisés et trouver les solutions adaptées, dans la concertation de tous les co-éducateurs. Le jeu en vaut la chandelle, tant pour nos enfants aujourd’hui que pour notre société de demain.

Coordonnées pictoContact

Camille Dombret
01 53 09 00 10
camille.dombret@leolagrange.org

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