Tribune La réussite du SNU passe par les associations

Faut-il résumer le Service national universel (SNU) à la levée des couleurs ? Discourir sans fin sur l’uniforme et la Marseillaise ? À en croire le traitement médiatique de ces derniers jours, le SNU ne serait qu’un pâle ersatz du service militaire.

À la Fédération Léo Lagrange, nous sommes convaincus que ce nouveau dispositif peut et doit être bien plus que la seule mise en scène des symboles républicains. Parce que cette expérience inédite rassemblera à terme tous les jeunes d’une classe d’âge, c’est bien d’éducation et d’émancipation dont il doit être question.

Favoriser la cohésion nationale, la mixité sociale, la mobilité géographique ; répondre à la volonté des jeunes d’être utiles à leur pays, leur donner des outils pour qu’ils puissent s’orienter et cheminer vers l’autonomie : autant d’ambitions affichées du SNU, qui ne seront pas atteintes sans l’implication du monde associatif.

Car il ne suffit pas de rassembler des jeunes pour les faire vivre ensemble. Ni d’enseigner les valeurs républicaines pour susciter l’adhésion. L’envie de s’engager ne s’ordonne pas, mais on peut la faire naitre.

Les associations détiennent une partie des solutions. C’est en faisant appel aux pratiques de l’éducation populaire qu’on pourra organiser la rencontre et la vie en collectivité de jeunes venus d’horizons différents, qui ne se seraient jamais croisés sans cette expérience. C’est par la mobilisation des pédagogies actives, issues de l’éducation informelle, que ces jeunes pourront prendre confiance en eux et développer des compétences utiles à leur parcours. On peut encore compter sur les acteurs associatifs pour faire naitre le débat, la curiosité, et l’envie chez les jeunes d’embrasser pleinement leur citoyenneté.

L’Etat ne pourra pas faire seul. L’armée et l’Education Nationale n’y suffiront pas. La réussite du SNU passe par les associations.

Or c’est maintenant que tout se joue.  La phase pilote du SNU a débuté ce 16 juin par un séjour de cohésion rassemblant 2000 jeunes volontaires issus de treize départements. La Fédération Léo Lagrange a fait le choix de s’impliquer fortement dans cette expérimentation afin que le SNU prenne le bon élan.

Au terme d’une convention signée avec l’Etat le 6 mai 2019, nous avons proposé aux territoires concernés nos savoir-faire et nos solutions, en matière de formation et de recrutement des encadrants, de contenus pédagogiques, de mobilisation des jeunes. A Tourcoing, les tuteurs SNU se sont appropriés la « Boite à débats », un outil Léo Lagrange utile pour animer des temps de démocratie interne dans les maisonnées. À Carpentras ou à Guérande, les jeunes volontaires ont été ou vont être sensibilisés à la lutte contre les discriminations et à l’éducation aux médias à travers nos programmes Démocratie et Courage.

Partout, nous constatons le même enthousiasme et la même fierté, aussi bien des jeunes que de leurs encadrants.

Le Service national universel peut devenir une politique publique structurante en faveur de l’émancipation des jeunes. Mais pour cela, l’Etat doit faire confiance au monde associatif et s’appuyer sur son expérience, ses outils, ses savoir-faire.

Yann LASNIER
Secrétaire Général de la Fédération Léo Lagrange


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