Loi «Pour une école de la confiance»: les associations du CAPE se positionnent

Le Collectif des associations partenaires de l’école (CAPE), dont la Fédération Léo Lagrange est membre, vient de remettre au ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse une contribution portant sur le projet de loi «Pour une école de la confiance» articulant analyses et positionnements.

A travers ce texte contributif, le CAPE entend se placer dans une dimension à la fois critique, contributive et constructive, dans le prolongement d’une ligne de conduite adoptée depuis maintenant plus de dix ans lors de la création du collectif.

Les associations, les mouvements pédagogiques membres du CAPE sont engagés sur les questions éducatives depuis toujours, à la fois dans et hors l’école, au sein même des territoires du local au national, voire même avec une dimension européenne et internationale.

À la croisée des préoccupations de l’institution scolaire, des familles et des collectivités locales, les contributions du CAPE reposent sur une approche globale des enjeux éducatifs.

Cette contribution se veut utile au moment où le Sénat s’apprête à examiner ce projet de loi, où les conclusions du Grand Débat national sont dévoilées, et où de nouveaux amendements seront étudiés.

À l’heure où les avis et rapports se multiplient pour pointer à la fois les enjeux d’une éducation commune publique de qualité et les limites du système scolaire actuel, le concours et la confiance de tous les acteurs et notamment des associations agréées complémentaires de l’école sont précieux.

5 idées forces :

  • Le CAPE exprime son désaccord avec une conception « libérale » qui semble largement mésestimer les ressorts de la panne de la démocratisation de la réussite que l’on constate depuis le milieu des années 1990, et qui organise un système en accord avec la philosophie classique et critiquable de « l’égalité des chances ».
  • Si la liberté de choix est l’un des maîtres mots de la confiance dans le système scolaire évoquée par le ministre, nous craignons cependant que cette conviction n’amplifie la différenciation compétitive de « l’offre » scolaire, ainsi que le séparatisme social et culturel. Vers une marchandisation accrue de l’éducation ?
  • Si l’intention du ministre est de lutter contre la « baisse inexorable du niveau scolaire », il conviendrait sans doute de s’entendre sur ce qui baisse et pourquoi, et sur la vision que l’on se fait des exigences à venir en termes de défis sociaux, culturels et environnementaux auxquels nous devons préparer les générations futures pour une lecture complexe du monde.
  • Les récentes condamnations à l’encontre « des pédagogies de la découverte » dont « l’inefficacité aurait été cent fois démontrée » s’apparentent à une sorte de liquidation assez simpliste de près d’un siècle de savoirs pratiques et théoriques nourris de la diversité des courants de l’éducation nouvelle. Fin de la visée émancipatrice de l’acte éducatif ?
  • Si l’on veut réellement reconstruire la confiance de tous les acteurs dans l’institution, il est essentiel de recréer, à toutes les échelles de territoire, de vraies dynamiques de débats, d’implication et de co-construction mobilisant l’ensemble de la communauté éducative, sans oublier les jeunes, les familles et les partenaires de l’École (associations et collectivités).

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