Position de Léo Rythmes: ne pas rester au milieu du gué

© Benjamin Géminel
La généralisation de la réforme des rythmes éducatifs en septembre a fait la Une de la presse nationale et locale. Les abondants éclairages ont surtout concerné les situations de difficultés, de blocage ou ont adopté l’angle d’un baptême du feu pour une ministre de l’éducation nationale tout juste nommée.

 

Pourtant, nous sommes loin de la bérézina annoncée. Sur les 24000 communes ayant au moins une école publique, finalement seule une vingtaine se sont frontalement opposées à l’État sur cette question. Ailleurs, la réforme est mise en place, même si parfois les marges d’amélioration restent importantes, notamment dans les communes ayant tardé à construire les solutions et/ou parié sur un texte vidant la loi de sa substance.

Mais Rome ne s’est pas faite en un jour et l’exemple des 4000 communes qui se sont lancées dans l’aventure dès la rentrée 2013 est à ce titre riche en enseignements. Dans ces communes, petites ou grandes, en ville ou à la campagne, les débuts ont là aussi été parfois difficiles. Quelques mois plus tard pourtant, en novembre 2013, une étude diligentée par l’Association des maires de France (AMF) révélait que 83 % des maires concernés se déclaraient satisfaits de la mise en place de la réforme.

Dans ces villes et villages, dont beaucoup s’appuient au quotidien sur les acteurs associatifs (dont la Fédération Léo Lagrange), la rentrée 2014 s’est passée tout à fait normalement. Les TPE, TAP et autres NAP* font déjà partie du quotidien des enfants, de leurs parents et des acteurs éducatifs : un paysage familier attendu comme la reprise de l’école et adapté sur la base des leçons tirées collectivement d’une première année d’expérience. La Fédération Léo Lagrange salue toutes celles et ceux qui ont permis dans ces territoires de voir les enfants bénéficier d’une rentrée 2014 de qualité.

Notre association continue d’accompagner les collectivités locales qui ont fait leur rentrée dans les nouveaux rythmes en 2014 : conseils, mise en œuvre, formation… Comme en 2013, tout n’est pas toujours simple dans cette phase de lancement. Comme en 2013, le dialogue organisé avec les acteurs et autour de l’intérêt de l’enfant, avec l’appui de professionnels, permettra de dénouer les tensions et co-construire des réponses adaptées à chaque situation. Il est nécessaire de traiter la question des rythmes de façon dynamique, d’évaluer les mises en œuvre, d’optimiser les cadres d’emploi des personnels, de développer le concept de co-éducation, et surtout de faire en sorte que les concertations se poursuivent afin de donner plus de cohérence à l’ensemble du système éducatif.

Le temps serait même désormais venu d’aller plus loin et d’ouvrir le débat sur les vacances scolaires (zonage, durée) et surtout d’interroger la question des rythmes éducatifs dans le secondaire : horaires de collège et de lycée inadaptés à la chronobiologie des adolescents, temps de présence dans les établissements important, emplois du temps hebdomadaires surchargés…

Il ne faut pas s’arrêter au milieu du gué. Une réflexion dynamique doit être poursuivie au service de la qualité du système éducatif et de l’égalité d’accès à des loisirs de qualité.

* Respectivement les Temps péri-éducatif, Temps d’activité périscolaire et Nouvelles activités périscolaires

Contact

Camille Dombret
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picto-emailcamille.dombret@leolagrange.org

 

 


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