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Questions à Stéphane Debic, directeur de l’animation

L’activité de l’animation à Léo Lagrange a quasiment été mise à l’arrêt lorsque le confinement a été annoncé. Quelles ont été vos principales préoccupations pour faire face à cette situation ?

Notre première préoccupation a été de mettre en œuvre les arrêts d’activités dans un délai très court (annonce le jeudi 13 mars à 20h pour une fermeture effective des établissements recevant du public le lundi 16 au matin).

Il a fallu s’assurer du respect des arrêtés de fermeture, partout sur le territoire national. Pour cela, nous avons mis en place une cellule de crise au niveau du comité de direction de la Fédération, qui s’est elle-même dupliquée dans les régions avec les équipes de DTA, directions de sites, conseils d’administrations.

Une fois ces mesures effectives, le maintien d’une « ligne de vie » a été un enjeu primordial : s’assurer de la santé et de la sécurité de nos collégues, assurer le fonctionnement vital des établissements régionaux, garantir la continuité des flux financiers, assurer les trains de payes, mettre en œuvre les mesures d’accompagnement exceptionnelles.

Des services d’accueil minimum ont été mis en place dans un certain nombre de communes avec l’appui de la Fédération Léo Lagrange. Combien de sites et de salarié.e.s cela a-t-il représenté ?

Courant avril, c’est un peu plus de 60 sites « animation » qui ont été exceptionnellement ouverts pour un service dédié aux enfants des personnels d’urgences. Ces dispositifs spécifiques ont mobilisé 265 salariés.

La Fédération Léo Lagrange a pu prendre sa part dans la mobilisation nationale de lutte contre l’épidémie grâce à nos collègues, tous volontaires. Nous avons ainsi été en mesure de répondre partout où nous avons été sollicités, toutes les régions ont pu mettre en œuvre des services exceptionnels.

Cette mobilisation démontre s’il le fallait, notre réactivité, notre capacité d’adaptation et l’engagement des équipes au service des publics.

En outre, cette expérience illustre bien ce qui caractérise la force du réseau Léo Lagrange : une organisation fédérale ressource et sur les territoires la qualité du lien de proximité. C’est en partenariat et en dialogue permanent avec les collectivités, les usagers, les familles que nous avons partout construit des réponses adaptées.

Beaucoup de nos équipements jouent un rôle important pour maintenir le lien social sur les territoires. Des initiatives ont-elles été menées pour maintenir ce lien malgré l’absence d’accueil physique ?

Effectivement, le maintien du lien social est l’autre volet marquant de cette période de confinement, c’est l’ADN de la maison, et du métier « d’animateur » au sens large. Le lien s’est maintenu d’abord spontanément, à travers les outils habituels (mails, réseaux sociaux, appels) : les collègues animateurs, coordinateurs, directeurs, ont informé, pris des nouvelles et continué leurs missions de lien avec tous les outils à disposition.

Très vite, les initiatives se sont organisées au-delà du maintien du lien, pour répondre aux urgences sur les territoires : mise à disposition d’imprimantes 3D pour la fabrication de visières, portage de courses, aide aux devoirs en ligne, animation de groupes d’échanges WhatsApp, etc.

Là encore, c’est le professionnalisme des collègues et leur connaissance des enjeux locaux qui nous ont permis d’être efficaces et au rendez-vous, le tout appuyés par les services centraux des régions et de la Fédération grâce notamment à l’organisation du télétravail, la production d’outils et de ressources spécifiques comme Les petits citoyens, l’information en temps réel avec notre application Kidizz.

Le déconfinement a débuté ce lundi 11 mai. Que cela signifie-t-il pour la Fédération Léo Lagrange ? Tous nos sites vont-ils être réouverts et les salarié.e.s remis en activité ?

Le déconfinement, s’il était attendu par tou.te.s, ne se fait pourtant pas de manière ordonnée et homogène sur l’ensemble du territoire.

Au même titre que nous avons organisé les services d’urgence avec nos partenaires locaux et nos autorités de tutelle, nous sommes pour le déconfinement dans la même logique d’adaptation aux situations et besoins locaux.

D’une part, nous appliquons les règles énoncées par le gouvernement, et d’autre part nous adaptons nos dispositifs en fonction des décisions locales.

Pour l’animation, c’est d’abord autour du périscolaire que se construit la réouverture de nos dispositifs, par tranches d’âge, par petits groupes. De fait, ce sont d’abord les salarié.e.s des sites concernés par les reprises qui sont remis en activité et nous projetons une montée en charge progressive à partir du 11 mai jusqu’au mois de juin pour l’ensemble des sites.

Concrètement comment le déconfinement se met-il en place, et comment avez-vous travaillé cette question à l’échelle nationale ? Comment les conditions de sécurité des usager.ère.s et des salarié.e.s vont-elles être assurées ?

Si l’arrêt des activités a été brutal et subit, le déconfinement est lui un exercice progressif sur lequel nous travaillons déjà depuis plusieurs semaines.

À toutes les échelles de l’organisation, nous nous sommes mobilisés pour le préparer :

  • Localement, les services exceptionnels d’accueil nous ont permis de compiler de l’expérience et des bonnes pratiques, que nous exploitons pour cette période de réouverture
  • Les équipes locales ont réfléchi toutes ensembles aux conditions d’accueil et d’organisation du travail que nous imposait ce contexte. Site par site, l’inventaire a été réalisé.
  • En quelques jours, nous avons ainsi pu compiler une base de données à l’échelle de la Fédération alimentée par tous nos dispositifs. Nous l’avons synthétisée à travers une charte de référence
  • Bien entendu, cette charte et ces travaux locaux viennent compléter les protocoles que nous recevons depuis la semaine dernière des différentes autorités, notamment celui de la DJEPVA sur les accueils de loisirs

Pour résumer, nous disposons de directives ministérielles, de travaux de réflexion par dispositif et d’une charte de référence Léo.

Ces trois sources sont applicables hiérarchiquement, et nous mesurons par ailleurs leur caractère forcément évolutif.

Ce sont des contraintes supplémentaires pour les équipes mais, la sécurité des usagers et des salariés ne peut faire l’objet de nuances. Nous serons particulièrement vigilants au suivi des mesures et à leur accompagnement, notamment à travers un dispositif exceptionnel de modules de formations à distance mis en place par les collègues de Léo Lagrange formation.

Informer et former seront nos maitres-mots pour un déconfinement réussi.

La période estivale s’annonce également compliquée. Comment envisagez-vous les activités pendant les mois de juillet et août ?

Pas encore tout à fait déconfinés, il nous faut en effet aussi nous projeter sur l’été. Traditionnellement, c’est une période de grosse activité pour le secteur de l’animation, programmes d’été, organisation des accueils de loisirs en mode grandes vacances, mini-séjours, colos, camps etc.

Pour des raisons historiques et culturelles, le temps libéré prend toute sa dimension en juillet et en août, c’est un temps attendu, un temps de transition entre deux périodes scolaires.

L’été 2020 sera très certainement singulier, il n’en est pas moins attendu et important, nous avons tous besoin de « vacances ».

Toutes les équipes sont déjà ou seront très rapidement en préparation de l’été sur les fondamentaux habituels, en s’adaptant bien sûr au contexte sanitaire, comme pour le périscolaire, nous adaptons nos programmes, respecterons les gestes barrières, inventerons de nouvelles activités, rassurerons les familles.

En outre, nous serons mobilisés sur les programmes spécifiques destinés à lutter contre le décrochage scolaire. Partenaire historique de l’Éducation nationale, la Fédération Léo Lagrange mettra toute son expérience et savoir-faire au service des enfants et des jeunes pour qui le lien avec l’enseignement s’est délité pendant le confinement.

Quelles sont et seront vos priorités pour demain ?

En réalité, il y a plusieurs « demain » :

  • À court terme, il s’agit d’organiser dans les meilleurs conditions la reprise des activités,
  • À moyen terme, organiser l’été et la rentrée, mais aussi mesurer les effets de la période de confinement, dans toutes les dimensions : sociales, économiques, juridiques, pédagogiques, etc.
  • À plus long terme, il est important et peut être encore plus justifié par la crise que nous vivons de continuer à organiser la filière animation telle que décidée par le dernier congrès.

Qu’auriez-vous envie de dire aux salarié.e.s du secteur aujourd’hui ?

Des « mercis » et des rendez-vous…

Merci de tenir bon, merci de vous être mobilisés, merci pour votre engagement, merci pour vos idées et projets !

Rendez-vous à vos côtés pour relever les défis du déconfinement et construire une filière Léo Lagrange Animation capable de relever non seulement les défis de demain mais aussi ceux des 10 prochaines années.

Que la Fédération Léo Lagrange soit toujours résiliente, inventive, connectée à son époque, aux enjeux et au cœur de sa raison d’être, nos publics.