Vis-à-Vis, temps fort de la création artistique en milieu carcéral

leo-lagrange-vis-a-vis
A l’occasion de Vis-à-Vis, les 29 et 30 janvier 2016, le Théâtre Paris-Villette a ouvert l’une de ses scènes à des œuvres artistiques créées en milieu carcéral. En s’associant à la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris, le Théâtre Paris-Villette a accueilli cinq spectacles vivants et trois installations élaborés dans des établissements pénitentiaires franciliens, au sein desquels Léo Lagrange Nord-Ile-de-France coordonne et met en place les actions culturelles.

A 18h30, « De Concert ! », une lecture musicale, a lancé le début de Vis-à-Vis. Vêtus d’une chemise blanche, une dizaine de jeunes hommes incarcérés à Fleury-Mérogis narrent leur quotidien à travers des textes proches du slam, mêlés à de la musique classique. Pendant 35 minutes, la salle comble reste pendue à leurs lèvres.

Un travail collectif et artistique au long cours
Depuis 2009, le Théâtre du Menteur mène des ateliers de création artistique à la maison d’arrêt des hommes de Fleury-Mérogis (91), en lien avec le pôle culture du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) de l’Essonne, géré par Léo Lagrange Nord-Ile-de-France, et en par­te­na­riat avec la Direction régionale des actions culturelles, la Région Ile-de-France, le Conseil dépar­te­men­tal de l’Essonne, sou­tiens aux­quels il faut ajou­ter en 2015 le Théâtre Paris-Villette et la fon­da­tion Un monde par tous.

Après avoir tra­vaillé sur la pho­to­gra­phie, l’image, les arts plas­tiques, le Théâtre du Menteur a choisi d’associer textes et musique clas­sique, en invi­tant l’Orchestre Symphonique Divertimento à par­ti­ci­per à cette créa­tion sin­gu­lière « De Concert ! »

Pendant deux mois, de fin novembre 2015 à fin janvier 2016, les artistes professionnels (auteur, metteur en scène, compositeur, musiciens) sont inter­ve­nus de façon concer­tée aux dif­fé­rents stades de la créa­tion (écri­ture, décou­verte de la musique clas­sique, choix des mor­ceaux, trans­po­si­tion, appro­pria­tion et créa­tion ori­gi­nale, mise en voix, mise en scène, enre­gis­tre­ments sonores) per­met­tant ainsi aux par­ti­ci­pants de décou­vrir, d’être impli­qués et accom­pa­gnés à chaque étape du pro­ces­sus.

L’atelier s’est inspiré du projet « La Flamme est dans ma bouche – Concert de mots » déjà mené par le Théâtre du Menteur en 2014 à Fleury-Mérogis avec un autre groupe de personnes placées sous main de justice. Ce travail collectif autour de l’écriture a été augmenté, discuté, retravaillé avec les nouveaux participants lors de séances d’écriture devenant ainsi un poème collectif.

Ce travail de création qui allie musique et écriture a donné lieu à deux restitutions publiques : la première à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis le 25 janvier et la seconde, hors les murs, au théâtre Paris-Villette le 29 janvier à l’occasion du temps fort culturel Vis-à-Vis.

L’ouverture vers l’extérieur
Pendant deux jours, pièces de théâtre et lectures se sont succédé sur l’une des scènes du Théâtre Paris-Villette. Des installations étaient également à disposition des visiteurs : une pièce radiophonique « Tous ceux qui tombent » en écoute libre, une exposition et projection d’une dizaine d’autoportraits réalisés en 2013 autour du thème de l’attente et une autre exposition « Mémoires, Si tu n’as plus d’attaches affectives, que reste-t-il ? »

« D’un point de vue artistique, il s’agissait de sensibiliser les participants aux différentes étapes d’un processus de création artistique, leur permettre de découvrir, expérimenter certaines expressions artistiques et de se les approprier », explique Marion Michiardi, coordinatrice culturelle Léo Lagrange à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. L’un des objectifs fondamentaux de la programmation culturelle élaborée en milieu pénitentiaire est d’engager un travail exigeant sur la durée, afin de permettre personnes sous main de justice de découvrir une nouvelle pratique artistique ou d’approfondir leur pratique s’ils y ont déjà eu accès. Les restitutions, qu’elles se déroulent au sein de l’établissement pénitentiaire ou hors les murs, sont des moments importants qui participent d’une meilleure image de soi pour les participants et qui renforcent les liens dedans-dehors.

« L’objectif de ce type d’initiative est aussi de créer du lien avec l’extérieur, de remettre les participants au cœur de la société et de leur permettre d’accéder à la culture comme n’importe quel citoyen », poursuit Marion. C’est l’occasion également de donner une vraie visibilité à des créations abouties et artistiques valables qu’un public nombreux est venu apprécier au Théâtre Paris-Villette pendant ces deux jours !

Site web pictoEn savoir plus : theatre-paris-villette.fr

 

 

 


Vers le haut