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Jeunesses : la solidarité n’attend pas !

L’impact du Covid 19 sur notre société est si fort qu’il rend aujourd’hui les situations de pauvreté et de détresse encore plus criantes. Nombreuses sont les familles et leurs enfants touchés. Nombreux sont les jeunes qui voient leur scolarité ou leurs études fragilisées, ne trouvent plus de stages, de jobs, d’apprentissage, d’emploi… alors que leurs parents ne peuvent plus assumer et que la plupart aspirent à l’autonomie.

Les mesures issues de la stratégie de lutte contre la pauvreté et l’exclusion (accompagnement de jeunes de 16 à 18 ans sortis de l’enseignement obligatoire, interdiction de toute sortie sèche des jeunes issus de l’aide sociale à l’enfance, etc.) étaient nécessaires. Elles sont néanmoins insuffisantes.

D’autres mesures liées à la pandémie ont été prises pour maintenir scolarité et études, doper et accompagner l’insertion sociale et professionnelle. Mais le chômage des actifs de moins de 25 ans atteint désormais les 30 %. En France, un jeune de moins de 25 ans sur cinq vit en-dessous du seuil de pauvreté, soit plus d’1,5 million de jeunes.

Dans son dernier Rapport sur la pauvreté, l’Observatoire des inégalités constate que, parmi les 5 millions de pauvres en France, plus de la moitié a moins de 30 ans et un sur deux n’a pas obtenu le bac. Cela se traduit par de la précarité financière, une alimentation réduite, des soins incertains et une fragilité psychologique, une vie sociale et culturelle limitée ou inexistante… Aussi, de nombreux acteurs sociaux et associatifs craignent que les mesures prises, quelle que soit leur pertinence à terme, mettent du temps à produire les effets attendus…

Déjà, tout autant que d’ouvrir de nouveaux droits, il s’agit de permettre un accès et un exercice effectif des droits ouverts, d’en étendre le bénéfice et d’en assouplir les modalités de mise en œuvre.

  • Il faut d’abord répondre à l’insécurité financière de trop de familles, d’enfants, de jeunes qui – une fois leurs charges fixes acquittées – n’ont plus de reste à vivre. Tous les leviers doivent être actionnés sans délai : minima sociaux, bourses, APL, prime d’activité… À lui seul, le télétravail n’explique pas par exemple la chute de fréquentation dans les structures d’accueil de la petite enfance, les activités périscolaires et de loisirs, les clubs sportifs… si nécessaires à la construction individuelle et l’intégration de chacun.
  • Il faut aussi étendre largement la Garantie Jeunes, créer désormais une Garantie Jeunes Universelle. S’adressant aux jeunes de 16 à 25 ans, en situation de précarité, qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en études, cette Garantie Jeunes Universelle doit pouvoir être proposée au plus tôt à beaucoup plus de jeunes, en augmentant budgétairement le nombre de bénéficiaires possibles, en pouvant être proposée par des opérateurs plus nombreux et diversifiés pour permettre un parcours individualisé et coconstruit vers l’emploi et l’autonomie, en en assouplissant les conditions d’attribution, en allongeant la durée de bénéfice possible de l’aide financière pour les jeunes sans ressource, en facilitant la mobilité locale et internationale…
  • Il faut aussi favoriser des parcours émancipateurs comme, par exemple, celui d’un bénéficiaire d’une épicerie solidaire en devenant un bénévole impliqué ! Le service civique peut être développé, des emplois d’utilité sociale aidés de nouveau, les nouvelles formes d’engagement favorisées… Les valeurs de la République, le climat et la biodiversité, les victimes de discriminations… ne s’en porteront que mieux.
  • Il faut enfin que les jeunes concernés soient associés et mobilisés. Ils doivent être ou devenir les acteurs des changements nécessaires à leur bonne intégration sociale et professionnelle. Les réseaux associatifs, notamment d’éducation populaire, l’ensemble des corps intermédiaires et les réseaux sociaux doivent – avec le concours des pouvoirs publics – pouvoir permettre le déploiement des initiatives souhaitables.

Membre du Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire (CNAJEP), et signataire du Pacte du pouvoir de vivre (pactedupouvoirdevivre.fr), la Fédération Léo Lagrange sait que ces mesures ne seront pas suffisantes à elles seules pour redonner un avenir à notre jeunesse.

Mais elle considère qu’à court terme elles sont nécessaires pour assurer la dignité des personnes confrontées à de réelles difficultés et mettre en œuvre la solidarité attendue, en particulier intergénérationnelle, pour que cessent ces fortes inégalités qui fracturent chaque jour plus notre société.

C’est aussi pourquoi, dans les prochains mois, la Fédération Léo Lagrange apportera sa contribution aux débats portés par les acteurs de l’éducation populaire et de l’économie sociale et solidaire autour d’une ambition commune : savoir offrir un parcours émancipateur à tout.e jeune pour lui permettre de prendre sa place dans notre société.