À l’heure où le numérique transforme en profondeur les pratiques de formation, Léo Lagrange Formation fait le choix d’une approche exigeante et fidèle à ses valeurs : utiliser les outils digitaux non pas comme une fin en soi, mais comme un levier au service de la relation pédagogique et de l’accompagnement des apprenants. Dans cette interview croisée, Jeanine Chapot, directrice de Léo Lagrange Formation et Charlotte Lecoq, responsable d’ingénierie digitale, reviennent sur la place du distanciel au sein de l’offre de formation, les évolutions du rôle des formateur·rices et les enjeux d’un présentiel enrichi qui conjugue innovation pédagogique, inclusion et qualité de l’accompagnement, quels que soient les profils et les parcours.
Comment Léo Lagrange Formation se différencie-t-il des autres organismes de formation dans ses modalités de formation à distance ?
Jeanine : Notre approche de la formation à distance est emprunte de notre ADN. Elle se distingue d’autres approches car nous souhaitons centrer notre approche autour du présentiel enrichi et non comme une modalité pédagogique qui vient remplacer le présentiel.
La formation à distance doit être utilisée pour enrichir et présenter des modalités d’apprentissage différentes, permettant ainsi une meilleure individualisation.
Elle s’ajoute à nos savoirs faire et se combine avec les modalités pédagogiques existantes et éprouvées.
Quels sont les principaux défis que nous avons dû relever pour intégrer le numérique dans les pratiques de nos professionnels ?
Jeanine : La crise sanitaire du COVID a été un accélérateur décisif. Elle nous a contraints à transformer, en un temps record, notre offre de formation présentielle en distanciel, puisque nos activités se sont poursuivies sans fermeture. Ce contexte exceptionnel, porté par un fort esprit de mobilisation des équipes, nous a permis de relever ce défi avec succès.
Toutefois, à l’issue de cette période, nous avons constaté un recul progressif de l’usage du distanciel, comme un retour aux pratiques antérieures. Le véritable enjeu est alors devenu celui de l’inscription durable du numérique dans nos pratiques professionnelles.
Pour y répondre, nous avons dû redoubler d’efforts : maintenir une offre de formation dédiée à nos professionnels et structurer notre démarche au niveau national, notamment par la création d’un poste de responsable nationale de l’ingénierie digitale. Cette fonction, assurée par Charlotte Lecoq, a pour mission d’accompagner l’évolution de nos contenus, de nos outils et de nos pratiques afin d’ancrer durablement le numérique dans notre organisation.
En quoi l’appropriation de ces nouvelles modalités de formation a fait évoluer le rôle des formateurs et comment utilisent-ils les outils digitaux au quotidien ?
Charlotte : Pour le présentiel enrichi : l’intégration du digital c’est l’intégration d’un nouvel outil dans la boîte à outils du formateur, qui vient l’aider à atteindre les objectifs pédagogiques qu’il s’est fixés : par exemple pour individualiser les contenus ou dynamiser la formation en présentiel.
On pourrait parler de « formateur augmenté ».
Quand on parle de l’hybridation entre présentiel et distanciel ou 100% distanciel (hybridation synchrone et asynchrone) : dans ce format de dispositif, la partie asynchrone est réalisée par le service ingénierie. Le formateur est alors au centre du dispositif d’accompagnement : suivi de la progression des stagiaires, animation des classes virtuelles pour créer une dynamique de groupe, entretiens individuels pour un suivi personnalisé des apprenants…On pourrait parler de « formateur-tuteur ».
En résumé, c’est l’utilisation du digital pour toujours placer l’apprenant au centre du dispositif. Le numérique au service des intentions pédagogique du formateur.
L’accompagnement des stagiaires, quel que soit leur profil, et la qualité de la relation entre le formateur et les stagiaires, font partie de l’ADN de Léo Lagrange Formation. Comment tenir cet engagement au regard de l’usage croissant des modalités de formation digitales dans un contexte budgétaire contraint ?
Charlotte : A Léo Lagrange Formation, on ne conçoit pas la formation à distance sans la présence d’un formateur.
C’est pourquoi nous intégrons toujours des temps synchrones dans notre conception pédagogique. Ces temps synchrones avec un formateur permettent de maintenir un lien humain et un accompagnement de qualité. Cela permet d’éviter le décrochage à distance et de soutenir la motivation des apprenants.
Cet accompagnement se traduit par des temps synchrones collectifs = les classes virtuelles + des entretiens individuels réguliers (en général 1 entretien / semaine d’une heure).
Quel message voulez-vous transmettre aux stagiaires, futurs stagiaires et partenaires de Léo Lagrange Formation, concernant la complémentarité entre le digital et la formation synchrone dans nos activités ?
Charlotte : Léo Lagrange Formation a pris le virage du digital, tout en maintenant l’efficacité pédagogique des parcours de formation et l’accompagnement au cœur de ses dispositifs.
Le digital sans humain, pour nous ça ne fonctionne pas !
Jeanine : Nos modalités pédagogiques évoluent au grès des besoins des bénéficiaires mais aussi en fonction de l’évolution sociétale.
Si aujourd’hui on peut constater que le digital a pris une place considérable dans tous les actes du quotidien, il nous semble que l’apprentissage, l’évolution des compétences, la transformation des savoirs, des savoirs être des savoirs faire ne peuvent se faire exclusivement via cette modalité. Une connaissance peut être acquise seule, pas son utilisation ! De fait la formation à distance atteint son paroxysme en termes de résultat lorsqu’elle animée et utilisée par des professionnels de la formation.
Pour aller plus loin, (re)lire Un parcours de formation 100% distanciel par Léo Lagrange Formation, pour France Travail




