Faire coopérer des acteurs de l’économie sociale et solidaire d’ici et d’ailleurs pour penser ensemble les transitions écologiques : c’est l’ambition portée par Xylm. Une association qui revendique une autre manière de faire de la solidarité internationale, fondée sur la réciprocité et la coopération entre territoires.
Créée en 2019 et basée à Rennes, Xylm est une association de solidarité internationale affiliée à la Fédération Léo Lagrange depuis 2021. Son projet : créer des ponts durables entre les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS) en France et à l’international, autour des enjeux de transition écologique, d’agriculture et d’alimentation durables, de gestion des déchets et d’économie circulaire.
Active principalement en Bretagne, au Maroc et au Togo, Xylm développe des projets de coopération internationale fondés sur un principe central : la réciprocité. Rencontre avec Laura Bachelier, co-coordinatrice de l’association.
Réciprocité et coopération : l’ADN de Xylm
« Xylm est née d’un constat partagé : les pratiques de la solidarité internationale doivent se renouveler », explique Laura Bachelier, co-coordinatrice de l’association.
Par ailleurs, les structures locales de l’ESS en France développent de nombreuses initiatives innovantes, sans toujours mesurer leurs interdépendances avec d’autres territoires à l’échelle mondiale.
C’est de cette double observation qu’est née Xylm : faire dialoguer ces deux mondes, pour construire des coopérations internationales plus justes, ancrées dans les besoins des territoires et des acteurs locaux.
« L’idée est de prendre le meilleur de ces deux univers : l’expertise locale des structures de l’ESS et les pratiques de coopération internationale », poursuit-elle. « Pour inventer des projets co-construits, horizontaux et réellement utiles socialement »
Des projets internationaux ancrés dans les territoires
Les actions de Xylm s’articulent aujourd’hui autour de plusieurs territoires et thématiques.
Au Togo, l’association travaille notamment avec ses partenaires locaux sur des projets de gestion des déchets, d’adduction d’eau potable et de structuration d’initiatives d’économie sociale et solidaire. Au Maroc, dans le cadre de la coopération décentralisée entre le département d’Ille-et-Vilaine et la province de Sefrou, Xylm développe des projets autour de l’agroécologie, en lien étroit avec les collectivités et les acteurs locaux.
Dans tous les cas, Xylm n’intervient pas directement comme opérateur technique : « Les formations sont dispensées par des experts locaux. Notre rôle est d’accompagner, de faciliter et de co-construire, en mobilisant les forces vives du territoire », précise Laura Bachelier.

Visite des partenaires français dans un centre de tri des déchets au Togo
Un projet phare : relier l’ESS bretonne et togolaise
L’un des projets emblématiques de Xylm illustre pleinement cette démarche : un projet de coopération entre structures de l’ESS bretonne et togolaise, centré sur les transitions écologiques.
La méthode : prendre le temps de l’interconnaissance. Des groupes de travail thématiques ont d’abord été organisés en visioconférence, réunissant des structures des deux territoires pour échanger sur leurs enjeux, leurs pratiques et leur vision de l’ESS. Ces échanges ont ensuite donné lieu à des mobilités croisées : accueil de partenaires togolais en France, puis déplacements de structures bretonnes au Togo.
« Nous ne sommes pas partis avec un projet clé en main. L’objectif était de se rencontrer, de comprendre les réalités de chacun et de faire émerger, ensemble, des pistes de coopération », explique la co-coordinatrice.
Ce projet s’est accompagné d’une recherche-action, associant chercheurs et acteurs de terrain, afin d’analyser ces nouvelles formes de coopération. Il a abouti à la rédaction d’un référentiel commun sur la réciprocité, partagé publiquement, et à la préparation d’un plaidoyer co-construit avec le Réseau Bretagne Solidaire et la CRESS Bretagne.

Visite d’un fablab à Rennes par les partenaires togolais ©BaptisteMourcel

Coopération ESS – réunion entre les partenaires français et les partenaires togolais
Sensibiliser ici : l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale
En parallèle de ses projets internationaux, Xylm mène en France, principalement en Ille-et-Vilaine, des actions d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI).
L’association coordonne notamment le festival ALIMENTERRE en Ille-et-Vilaine, un festival international de films documentaires consacré à l’agriculture et à l’alimentation durables, organisé chaque année entre octobre et novembre. Xylm accompagne les structures locales (associations, établissements scolaires, collectivités) dans l’organisation de projections-débats et d’animations.
Elle intervient également dans des collèges et lycées, autour des Objectifs de développement durable, de l’agroécologie, des transitions écologiques et des enjeux de solidarité internationale.

Formation civique et citoyenne sur les transitions écologiques

Jeu de la ficelle – animation en lycée agricole dans le cadre du festival ALIMENTERRE
Une gouvernance collégiale, en cohérence avec les valeurs
Depuis 2023, Xylm a engagé une évolution importante de son fonctionnement interne en mettant en place une gouvernance collégiale.
« Nous voulions un mode de gouvernance plus horizontal, plus en phase avec nos valeurs, et qui facilite l’engagement, notamment des jeunes », explique Laura Bachelier.
L’association fonctionne désormais autour de quatre cercles thématiques (projets, ressources humaines, communication et vie associative, partenariats), ouverts aux salarié.es, bénévoles, volontaires et adhérent.es. Chaque cercle est représenté au bureau, sans président, trésorier ou secrétaire, mais avec un représentant légal.
Ce fonctionnement permet une plus grande souplesse et favorise l’implication de profils variés, notamment des volontaires en service civique qui poursuivent ensuite leur engagement bénévole.
Une affiliation à Léo Lagrange fondée sur des valeurs partagées
Xylm est affiliée à la Fédération Léo Lagrange depuis 2021. Cette affiliation répond à des besoins pratiques, notamment en matière d’assurance pour les actions internationales, mais aussi à une proximité forte de valeurs.
« Nous nous reconnaissons pleinement dans les valeurs de l’éducation populaire portées par Léo Lagrange »
Cette affiliation ouvre aussi des perspectives plus larges pour l’association, en renforçant sa capacité à porter des messages communs, à gagner en visibilité et à nourrir ses pratiques grâce aux échanges au sein du réseau. « Faire partie d’un réseau, c’est une force », ajoute Laura Bachelier.
Poursuivre et approfondir les coopérations
Dans un contexte associatif et financier exigeant, Xylm souhaite poursuivre la dynamique engagée : aller toujours plus loin dans la réciprocité, consolider ses partenariats existants au Togo et au Maroc, et explorer de nouveaux territoires de coopération, notamment au Pérou.
« Ce qui fait la richesse de Xylm, c’est la diversité des thématiques, des partenaires et des rencontres. Nous arrivons à créer des liens entre des structures qui ne se seraient jamais croisées autrement », conclut Laura.
Une ambition qui résonne pleinement avec les valeurs de l’éducation populaire et de la Fédération Léo Lagrange.

Journée régionale ESS et solidarité internationale ©BaptisteMourcel

Projection ALIMENTERRE au lycée agricole T.Monod
Xylm en quelques chiffres
Création : 2019
Siège : Rennes (Ille-et-Vilaine)
Affiliation Léo Lagrange : depuis 2021
Équipe : 2 salarié·es en co-coordination
Volontaires : 6 volontaires en service civique (France, Maroc, Togo)
Gouvernance : collégiale, mise en place en 2023
Bénévoles et adhérent·es : une trentaine d’adhérent·es, une quinzaine de bénévoles actifs
Territoires d’action : Bretagne, Maroc, Togo (et perspectives au Pérou)




