À la maison de quartier de la Bellangerais, affiliée à la Fédération Léo Lagrange, l’éducation populaire se vit au quotidien… et se célèbre aussi en grand. Le 18 mars dernier, la structure rennaise a organisé une kermesse pas tout à fait comme les autres, dédiée aux droits des femmes et à l’égalité filles-garçons. Un temps festif, accessible à tous les publics, qui s’inscrit dans un engagement plus large porté tout au long de l’année.
Créée en 1981 et affiliée dès l’année suivante à la Fédération Léo Lagrange, la maison de quartier de la Bellangerais s’inscrit pleinement dans les valeurs de l’éducation populaire : accès aux droits, participation des habitants, vivre ensemble et inclusion. Implantée dans un équipement municipal mis à disposition par la Ville de Rennes, elle est aujourd’hui la seule structure de proximité du quartier, avec une ambition claire : accueillir tous les publics, « de 0 à 100 ans ». L’association compte près de 800 à 900 adhérent.es, et s’appuie sur une équipe structurée mêlant salarié.es permanent.es, intervenant.es techniques et bénévoles.
« On travaille à partir de plusieurs secteurs : vie associative et action culturelle, multimédia, enfance, jeunesse… avec en transversal l’accès aux droits, l’inclusion ou encore l’écologie », explique Séverine Saulnier, directrice de la structure. Autrefois animatrice jeunesse, puis directrice d’un accueil de loisirs, coordinatrice enfance-jeunesse et déléguée territoriale à l’animation à la Fédération Léo Lagrange, Séverine Saulnier s’appuie aujourd’hui sur ce parcours de terrain pour porter un projet associatif ancré dans les réalités du territoire et des habitants. Conventionnée avec la Ville de Rennes et agréée « espace de vie sociale » par la CAF, la maison de quartier déploie ses actions dans le cadre de grandes priorités territoriales : solidarité, parentalité, accès aux droits ou encore lutte contre les discriminations.
Une kermesse ludique pour parler d’égalité aux petit.es et grand.es
Le 18 mars, c’est dans ce cadre que la maison de quartier a proposé une kermesse dédiée aux droits des femmes, pensée comme un moment convivial mais aussi pédagogique. « L’idée, c’est d’utiliser le jeu pour amener à réfléchir sur ces questions », résume Séverine Saulnier.
Cécile Moussion, coordinatrice vie associative et action culturelle, présente fièrement le programme de la journée et les jeux qui ont été, pour beaucoup, construits avec les enfants et les jeunes du quartier :
- un chamboule-tout avec des phrases sexistes à déconstruire,
- une pêche à la ligne associée à des portraits de femmes inspirantes,
- une borne quiz interactive, fabriquée avec les enfants par la maison de quartier Le Cadran, également affiliée à Léo Lagrange,
- une frise chronologique des droits des femmes,
- un « Qui est-ce », entièrement fabriqué par la MJC Le Grand Cordel,
- l’exposition « Fièr.e.s », imaginée et portée par l’Imprimerie Nocturne, autour des représentations de genre.
Pensée pour tous les âges, la kermesse a attiré à la fois les familles présentes le mercredi, les enfants de l’accueil de loisirs et les jeunes du quartier. « C’est un temps festif qui permet d’aborder autrement les droits des femmes, mais elle s’inscrit dans une programmation plus large qu’on porte sur tout le mois de mars. L’année prochaine, elle pourrait même s’étaler sur toute l’année », confie Séverine Saulnier.






Parmi les actions proposées tout au long du mois de mars, la maison de quartier propose : une permanence numérique autour des aides et dispositifs accessibles aux femmes, un atelier d’écriture, un « open lab au féminin » pour découvrir les outils numériques, un atelier leadership, une séance de sport en non-mixité, ou encore un goûter multiculturel, avec notamment un témoignage sur la condition des femmes en Afghanistan. Autant de formats complémentaires qui mêlent accompagnement, sensibilisation et temps conviviaux.
Un engagement bénévole au cœur du lien social
A la cafétéria de la kermesse, des bénévoles de la maison de quartier reviennent sur l’importance de l’ambiance qu’elles aiment y retrouver : « On a une super équipe. C’est engagé, joyeux, bienveillant, on se sent écouté et valorisé. Forcément, ça fait revenir et ça donne envie de s’impliquer. »
Pour beaucoup, cet engagement répond à un besoin de lien social : « Être utile, rencontrer des gens, participer à la vie du quartier », résume une habituée. « Ici, on est tout de suite bien accueilli. On trouve facilement sa place », ajoute une voisine.
Avec environ 40 bénévoles et plus de 2 000 heures d’engagement par an, la maison de quartier s’appuie sur une dynamique collective forte, qui se veut représentative de la structure : « On travaille aujourd’hui à redonner toute leur place aux bénévoles. C’est essentiel pour une association d’éducation populaire, au même titre que l’adhésion, qui permet aussi de faire comprendre aux habitants, et notamment aux jeunes, qu’ils font partie d’un collectif », souligne Séverine Saulnier.
Une maison de quartier très active, tournée vers les habitant.es
Au-delà des temps forts comme la quinzaine des droits des femmes, la semaine du numérique responsable, la fête de l’été et bien d’autres, la maison de quartier de la Bellangerais se distingue par la diversité de ses activités et son ancrage local. Activités artistiques (théâtre, danse, musique, arts plastiques), pratiques sportives, ateliers numériques, accueil de loisirs, accompagnement à la scolarité… la structure propose une offre large, accessible à différents publics.
Le numérique occupe une place particulière, notamment pour lutter contre les inégalités d’accès : « J’ai eu la chance d’en bénéficier l’année dernière et je le recommande vivement. C’est un vrai besoin, surtout pour les générations comme la mienne », témoigne une bénévole soixantenaire rencontrée à la kermesse, évoquant les ateliers qui l’ont aidée à se familiariser avec certains outils.
Autre enjeu central : l’accès aux droits, travaillé à travers des actions concrètes, des permanences et une logique d’« aller vers », en allant directement à la rencontre des habitants dans l’espace public.
En effet, si la maison de quartier propose de nombreuses activités en son sein, elle développe également des actions hors les murs, dans l’espace public. Une démarche qui permet de toucher des publics plus éloignés, notamment les jeunes ou les familles en situation de fragilité. « Quand on sort dans l’espace public, les gens osent plus facilement venir », observe Séverine Saulnier. Un enjeu clé pour renforcer l’inclusion et faire de la maison de quartier un véritable lieu de vie ouvert à tous.




