Mardi 17 mars, à l’entre-deux-tours des élections municipales, Vincent Séguéla était l’invité du Grand Entretien dans l’émission Smart Impact, présentée par Thomas Hugues. Au cœur de cet échange : une mise en lumière du rôle structurant de l’éducation populaire dans la société française, ainsi que la valorisation de son impact économique et social, porté au quotidien par des centaines de milliers d’associations.
Un poids économique majeur, encore trop peu reconnu
En juillet 2025, notre organisation professionnelle représentative Hexopée publiait avec Eurogroup Consulting une étude nationale mettant en lumière l’ampleur du secteur dans l’écosystème français. L’éducation populaire aujourd’hui c’est :
- 467 000 salariés
- 430 000 associations
- 26 milliards d’euros de budget annuel
- plus de 1 % du PIB national
Derrière ces chiffres, c’est tout un écosystème qui contribue à faire vivre les territoires, à créer de l’emploi et à tisser du lien social.
« Nous sommes non-lucratifs, pour l’intérêt général, […] et pour autant nous avons un impact économique réel sur la vie des Français. » rappelle Vincent Séguéla.
Au-delà de son poids économique, l’éducation populaire joue un rôle déterminant dans l’engagement citoyen : « Partout où il y a de l’éducation populaire, les Français sont plus engagés. […] Devenir citoyen, ça s’apprend ! » L’étude souligne en effet que :
- 70 % des Français ont été en contact avec l’éducation populaire au cours de leur vie
- elle génère 1,5 fois plus d’engagement, notamment sur les enjeux de solidarité et de climat
- les personnes engagées en politique locale ou partisane sont trois fois plus nombreuses à en avoir bénéficié
- 49 % des bénéficiaires sont engagés dans une association (contre 14 % sinon)
- 75 % des personnes ayant été en contact avec l’éducation populaire déclarent avoir voté (contre 69 %)
Autant d’indicateurs qui confirment un rôle déterminant dans la formation de citoyens engagés et acteurs de leur territoire.
Les municipales : un moment clé pour les politiques éducatives
En s’appuyant sur la plateforme de 60 propositions portée par la Fédération Léo Lagrange pour les élections municipales « Pour des territoires éducatifs, ouvrons tous les possibles ! » l’échange a également permis d’aborder plusieurs enjeux structurants : la reconnaissance et le soutien de l’économie sociale et solidaire au même titre que l’économie lucrative, les enseignements de la convention citoyenne sur les temps de l’enfant organisée par le CESE, l’apprentissage de la démocratie et de la citoyenneté dès le plus jeune âge, ou encore le rôle du sport et de la culture comme piliers de l’action éducative.
L’entretien a également mis en lumière, de manière plus spécifique, l’enjeu de la petite enfance aujourd’hui en forte tension. « Il y a quatre familles sur dix qui n’y ont pas accès », rappelle Vincent Séguéla, soulignant un déficit structurel des solutions d’accueil. Dans un contexte marqué par les dérives du secteur lucratif et les difficultés de recrutement, il appelle à un sursaut des pouvoirs publics : « Plus que jamais il faut que les politiques publiques se réintéressent à ce domaine et fassent le pari de l’intérêt général d’abord. »
Autre levier structurant évoqué : les projets éducatifs de territoire (PEDT) : « C’est un outil qui permet de mettre autour de la table l’ensemble des acteurs pour assurer la continuité et la complémentarité éducative » explique-t-il. Une approche partenariale qui incarne l’idée selon laquelle « il faut tout un village pour élever un enfant », en articulant l’action des collectivités, des associations, des professionnel·les et des familles dans l’intérêt des enfants.
Enfin, l’éducation à la consommation est apparue comme un enjeu d’émancipation à part entière. « Nous sommes aussi une association de défense des consommateurs » rappelle Vincent Séguéla, insistant sur la nécessité de former chacun à comprendre ses choix : « Je dois savoir ce qu’il y a dans mon assiette, d’où viennent les produits. » Un travail éducatif qui se traduit concrètement par des actions de terrain, des ateliers et des outils pédagogiques pour accompagner les publics dans leur quotidien.
Une mise en évidence de la nécessité de replacer les questions éducatives au cœur des choix politiques locaux !
Pour Vincent Séguéla : « Les questions éducatives devaient être l’enjeu central de ces élections municipales. Nous sommes convaincus que l’investissement dans l’éducation et la formation tout au long de la vie constitue le meilleur moyen de préparer l’avenir pour un territoire, un pays, une société. »
Les communes disposent en effet de leviers puissants pour agir concrètement sur les parcours éducatifs : crèches, périscolaire, centres de loisirs, restauration scolaire, équipements culturels et sportifs, soutien à la parentalité, mobilité ou encore projets éducatifs de territoire (PEDT).
Autant de politiques publiques du quotidien, souvent invisibles, mais déterminantes dans les trajectoires individuelles et collectives. Elles participent directement à réduire ou, à l’inverse, à creuser les inégalités dès le plus jeune âge.
Un message clair : investir dans l’éducation, sous toutes ses formes, c’est investir dans l’avenir des territoires et dans la vitalité démocratique.
Retrouvez l’intégration de l’entretien ici : https://www.bsmart.fr/video/32675-smart-impact-16-mars-2026




