Âgée de 38 ans, Monia a réalisé il y a quelques années une reconversion professionnelle dont elle est pleinement satisfaite. Un choix guidé par un besoin de sens et d’utilité, qu’elle trouve aujourd’hui pleinement en accompagnant, jour après jour, les enfants dans leur développement et leur épanouissement. Portrait d’une animatrice pour qui la bienveillance n’est pas un mot, mais une méthode de travail au quotidien.
Une reconversion guidée par le besoin de sens
Avant d’être animatrice, Monia était assistante comptable. Le déclic vient de son vécu de mère : les assistantes maternelles qui se sont occupées de sa fille manquaient, selon elle, de bienveillance. Cette expérience la pousse à se questionner : « Je voulais un métier qui ait du sens, qui serve à quelque chose », résume-t-elle.
Elle se lance alors dans un CAP Accompagnant éducatif petite enfance en alternance, en parallèle de son emploi. Un an de formation intense, complétée par des stages, qui se conclut par une mention très bien. Elle cherche ensuite du travail à la fois en crèche et en accueil collectif de mineurs. C’est finalement à Margny-lès-Compiègne qu’elle est recrutée : son premier emploi permanent d’animatrice en accueil de loisirs.
Un métier qu’elle est ravie d’avoir choisi : « On ne s’ennuie jamais ! Et à chaque nouvelle période, on change de thèmes, on a de nouvelles activités. J’aime toucher à tout et cette diversité me plaît. »
Poser un cadre pour construire la confiance
Pour Monia, l’animation est une continuité du foyer familial et son action éducative auprès des enfants est en pleine complémentarité avec celle des parents : « nous passons beaucoup de temps avec les enfants, nous leur apprenons beaucoup, comme à vivre tous ensemble dans le respect ou encore à ranger leurs affaires et leurs jeux par exemple. » Cette responsabilité passe, selon elle, par un cadre clair, condition indispensable pour que les enfants se sentent en sécurité. « Quand ils ont un cadre, ils savent à l’intérieur de quelles limites ils peuvent agir », précise-t-elle.
Mais poser un cadre ne veut pas dire imposer sans expliquer. Monia insiste sur l’importance de la communication : « Il faut expliquer aux enfants, communiquer avec eux, comprendre ce qu’ils ressentent. Ils doivent se sentir en confiance pour pouvoir tout nous dire. » Le respect mutuel, la politesse, la bonne humeur : c’est ce vivre-ensemble, construit jour après jour, qui installe selon elle une relation de qualité avec les enfants. « Il y a une connexion, un lien entre nous et les enfants. Quand ils nous connaissent et comprennent ce que nous souhaitons faire avec eux, comment et pourquoi, ça se passe très bien. »
Une conviction traverse son discours : celle de l’égalité de traitement. « Quel que soit leur milieu d’origine, tous les enfants sont pareils, lorsqu’il y a de la communication entre nous, ça marche. Il ne faut pas qu’il y ait de différence entre eux et en même temps nous savons aussi nous adapter à leurs besoins. »
Faire des enfants les acteurs de leurs activités
C’est peut-être ce qui caractérise le plus sa pratique : consulter les enfants, plutôt que de décider pour eux. Après avoir accompagné des CE1, Monia s’apprête à prendre en charge des CM2. Avant de construire son programme, elle leur a d’abord demandé leur avis. Résultat : une semaine partagée entre des activités manuelles, la confection de vases, et des activités extérieures, dont une balle aux prisonniers géante.
« Le fait de leur demander leur avis, de savoir ce qu’ils aiment faire, ils se rendent compte qu’on leur porte de l’intérêt. Leur porter de l’intérêt aide, c’est utile dans la relation. » Une démarche qu’elle poursuit au fil de l’année : quand un enfant vient lui glisser une idée, elle la note, pour plus tard. « J’aime aussi quand ils viennent me dire ce qu’ils aimeraient faire, je le mets sur ma liste ! »
Ce qui la fait avancer, c’est cette part de préparation et de transmission : « Il faut être très créatif, préparer des activités ludiques et variées pour les enfants. J’aime voir leur surprise, je les trouve très attentifs aux activités que je prépare, ça me fait plaisir ! »
Le bien-être de l’enfant, avant tout
En fin de journée, Monia veille à ménager un temps différent : goûter, coloriages, jeu libre. Un moment où elle laisse les enfants choisir ce qu’ils ont envie de faire, pour décompresser de leur journée. « Il faut savoir s’adapter au rythme de l’enfant. Le plus important, c’est le bien-être physique et moral de l’enfant » poursuit la professionnelle.
Se former pour continuer à évoluer
Depuis son arrivée, Monia a suivi trois formations dans le cadre du plan de développement des compétences de Léo Lagrange Animation : « Encadrer sans punir », « Comment réagir face à l’agressivité et à la violence des enfants » (en deux séquences), ainsi qu’une formation sur la posture professionnelle. Des temps qu’elle juge précieux : « Ça nous remet les idées en place ! Ce sont des rappels, ça nous remet dans le cadre nous aussi. Je ne pense pas que ce droit à la formation se fasse partout comme ici. C’est une chance. »
Au-delà du contenu, ces formations sont aussi l’occasion de rencontrer des collègues animateur·rices du réseau venu·es de toute la France. « On échange beaucoup sur notre quotidien, on se rend compte que ça se passe pareil ailleurs ! On constate aussi qu’on est d’accord sur ce qui est important au niveau éducatif. On partage aussi sur des situations vécues par des collègues, qu’on n’a pas nous-mêmes vécues et c’est très instructif. »
Pour l’avenir, elle se laisse le temps d’acquérir de l’expérience, sans fermer la porte à une évolution si l’occasion se présente. En attendant, elle ne regrette rien de son choix de reconversion. « Ce métier est très enrichissant et dans l’équipe ici, il y a une belle solidarité et de la bienveillance entre nous tous. Je ne regrette pas du tout d’avoir fait cette reconversion dans l’animation. J’ai enfin trouvé ma place » conclut Monia.
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