Depuis 3 ans, le centre socioculturel Maurice Noguès à Paris (75), géré par Léo Lagrange Animation, organise une exposition de street art dans le cadre du mois de l’égalité femmes-hommes et de la journée des droits des femmes. Face au succès des éditions précédentes, la structure de proximité et son partenaire Garidell 14 ont décidé de donner plus d’ampleur à cette exposition avec de très nombreuses toiles et un axe fort dédié aux femmes noires, trop souvent invisibilisées dans l’art. Un mois d’exposition en libre-accès et de visites guidées : retour sur une initiative artistique et citoyenne !
La lutte contre toutes les formes de racisme et pour l’égalité femmes-hommes fait partie des combats historiques de notre mouvement. L’accès à l’art et la culture constitue un précieux vecteur pour transmettre les valeurs d’égalité et de fraternité dans nos structures.
Parmi les nombreuses initiatives dans le réseau Léo Lagrange, celle du centre socioculturel Maurice Noguès met à l’honneur les femmes noires grâce à une exposition de toiles d’une trentaine d’artistes.
Le street art féministe accessible à toutes et tous
Dès 2025, le centre social Noguès et la galerie d’art itinérante Garidell 14 avaient favorisé la représentation de femmes noires pour cette exposition dédiée à l’égalité femmes-hommes : « l’année dernière, l’exposition portait plus spécifiquement sur la représentation des femmes noires dans le street art : elle était intitulée « Black Women Power ». Cette année, avec l’exposition « Black Women Power #2 » nous avons invité des artistes noirs à participer à l’exposition, car l’année dernière seulement une artiste parmi tous les créateurs était noire », introduit Marion Michiardi, directrice de la structure de proximité.
Patricia Benech-Le Roux et sa galerie d’art itinérante Garidell 14, organise des expositions de street art dans des lieux de vie et d’hébergement. Son objectif : rendre l’art accessible à toutes et tous en l’intégrant dans la vie quotidienne et en organisant des séances de médiation avec les publics. Son sujet de prédilection : le féminisme et les droits des femmes.
En avril 2026, le centre social Noguès accueille 80 œuvres installées dans le hall, la montée d’escalier et la bibliothèque. Ce grand espace d’accueil est un lieu de passage, d’attente et de rencontre pour tou·tes les usager·ères, bénévoles, partenaires et salarié·es de l’équipement.
Tous les mercredis, Patricia anime des visites guidées pour les différents publics du centre social : les enfants et les ados de l’accueil de loisirs, puis les adultes et les apprenant·es en français langues étrangères (FLE). Des visites guidées en libre accès sont également organisées les vendredis et samedis après-midis. Enfin, des ballades street art dans le 13ème arrondissement ont permis aux enfants et adultes de découvrir l’art urbain en plein air.


Des visites guidées adaptées à tous les publics
Mercredi 15 avril à 14h, Patricia accueille un groupe de 10 enfants de l’accueil de loisirs et introduit le thème : « avec cette exposition, nous mettons un coup de projecteur sur les droits des femmes et donc l’égalité filles-garçons. Nous avons choisi des toiles représentant des femmes noires car elles sont peu visibles dans l’art et aussi car beaucoup de femmes noires vivent dans votre quartier. »

Patricia, de la galerie Garidell 14, anime la médiation de l’exposition
Pendant 45 minutes, la médiatrice et son jeune public vont déambuler parmi les œuvres et s’attarderont sur plusieurs d’entre elles. Patricia raconte alors en quelques mots l’histoire de Joséphine Baker, Angela Davis ou encore Claudette Colvin. Patricia raconte : « Claudette était une jeune américaine qui a refusé de laisser sa place assise à une personne blanche dans le bus, comme Rosa Parks, représentée sur cette autre toile. Elles ont été toutes les deux emprisonnées car elles ont refusé la ségrégation, les discriminations vécues par les noirs aux États-Unis ».
À quelques mètres se trouvent une toile avec Christiane Taubira, ancienne ministre qui a porté une loi à l’Assemblée nationale pour la reconnaissance de l’esclavage et de la traite négrière comme un crime contre l’humanité. « Lorsque madame Taubira était ministre, il y avait peu de femmes occupant ce type de fonction. Si un jour il y a un travail à responsabilité, allez-y ! Ne laissez pas les autres le prendre ! » s’exclame Patricia.
La médiatrice a su capter l’attention des enfants, particulièrement attentifs tout au long de la visite. Souvent, l’étonnement ou la surprise se lisait sur leurs visages, parfois quelques questions pour comprendre, en savoir plus. Enfin, il est l’heure pour le petit groupe de rejoindre son animateur et poursuivre son programme de l’après-midi.
Des bénévoles du centre social partagent leurs impressions sur l’exposition de street art
A 16h, Patricia recommence son itinéraire parmi ces femmes illustres pour une bonne partie, d’autres sont inconnues mais veulent représenter la diversité féminine. Quelques bénévoles du centre social parcourent à leur tour l’exposition.
Houria, Malika, Hayet et Aïcha restent à l’issue de la médiation pour partager leurs impressions.
Quelle est votre impression générale sur cette exposition de street art féministe ?
C’est super ! Elles sont super belles : les toiles et les femmes ! J’aimerais que beaucoup de personnes puissent la visiter !
Ça représente bien la femme noire, forte, qui a lutté, combattu mais qui a aussi été humiliée.
On se dit que même si on a réussi dans la vie, il reste toujours quelque chose de l’ancien temps, comme si les femmes, les femmes noires, n’avaient pas leur place.
Christiane Taubira a été ministre et pourtant elle a été victime de racisme.
Il y a toujours ce type de propos, même si ce n’est pas généralisé.
Est-ce que quelque chose vous a particulièrement étonné ?
Il y a certaines personnalités qu’on ne connaissait pas. C’était varié.
On a redécouvert Joséphine Baker, son parcours, son histoire.
Une chose à retenir ?
Nous sommes tous égaux, quelque soit notre couleur, il n’y a pas de différence. Ce que peut faire une femme noire, d’autres femmes peuvent le faire, il n’y a pas de différence.
Grâce à toutes ces femmes, la femme d’aujourd’hui avance. Elles ont commencé le combat pour les générations suivantes. Elles sont inspirantes, malgré leurs difficultés, elles ont avancé.
Depuis toujours, même pendant l’esclavage, les femmes ont résisté, combattu, malgré les humiliations.














