Rendre les sciences accessibles, concrètes et émancipatrices : c’est l’objectif de cette nouvelle session d’approfondissement BAFA expérimentée à Nantes, en s’appuyant sur l’expertise développée dans le cadre du programme Newton.
Du 13 au 18 avril 2026, une nouvelle thématique d’approfondissement BAFA Léo Lagrange Animation a été expérimentée pour la première fois à Nantes : les sciences. La session, qui a réuni 32 participant.es, a été conçue en mobilisant des outils et approches expérimentées dans le cadre du dispositif Newton Room. L’objectif de ce projet : rendre les sciences accessibles, concrètes et ludiques pour les futurs animateurs et animatrices.
L’éducation aux sciences constitue un axe éducatif porté par Léo Lagrange Animation depuis plusieurs années, avec la volonté de défendre une approche accessible et ancrée dans les pratiques d’éducation populaire. Cette dynamique se traduit notamment par la formation de professionnel.les de l’animation, le déploiement du programme Newton en France ou encore la participation aux réflexions portées par le CNAJEP autour des sciences et de l’esprit critique.
C’est dans ce contexte que les équipes BAFA se sont appuyées sur le dispositif du « Labo Rigolo », déjà expérimenté sur des temps d’activités périscolaires (TAP) à Angers et à Paris, pour imaginer une adaptation au format BAFA, avec l’ambition de proposer, en six jours, des outils directement réutilisables sur le terrain.
« L’idée était de développer des stages avec de vrais objectifs, concrets, pour que les stagiaires puissent réellement s’approprier une thématique et se sentir légitimes pour l’animer ensuite. », confie Marine Estrade, responsable du BAFA-BAFD en région Nord-Ouest. Elle se met alors en lien avec Solène Porcheron, coordinatrice de la Newton Room à Angers. Ensemble, elles travaillent à partir des contenus existants comme les ateliers du « Labo Rigolo », supports ayant servi de base pour concevoir des outils pédagogiques adaptés aux formateur.rices BAFA.
Changer de regard sur les sciences dans l’animation
Une formation pensée pour être concrète et directement opérationnelle, mais aussi pour déjouer certaines idées reçues : « Non, il ne s’agit pas que d’expériences spectaculaires de chimie. Non, il n’y a pas forcément besoin de beaucoup de matériel. Les sciences sont omniprésentes autour de nous, et cela même quand on n’y songe pas. Il en est de même dans la pratique d’animateurs : observer les feuilles d’un arbre, réaliser des tours de magie à l’aide de mathématiques, se mettre dans la peau d’un robot et comprendre les algorithmes sont autant d’animations accessibles et rapides à mettre en place », illustre Solène.
Marine appuie : « On est vraiment sur du clé en main, du concret, qui répond à un besoin exprimé par les animateurs. Beaucoup ne se sentent pas légitimes ou n’osent pas animer des ateliers scientifiques. »
L’intérêt de cette thématique s’approfondissement est de permettre aux futurs animateur.rices de changer leur regard sur l’animation scientifique, pour la rendre accessible pour toutes et tous. De fait, les sciences sont encore trop souvent perçues comme complexes, scolaires, voire réservées à certains profils. L’enjeu est donc d’innover en termes d’approche : « Proposer des sciences dans le cadre du périscolaire favorise une démocratisation de ce domaine auprès des enfants : il ne s’agit plus d’être bon à l’école (…) il s’agit d’explorer et de découvrir. », développe Solène, forte de son expérience à la Newton Room.
Une pédagogie basée sur l’expérimentation
La formation repose sur une approche active, inspirée des pratiques de médiation scientifique. A la Newton Room, les élèves apprennent en expérimentant, découvrent en s’essayant et se prennent au jeu du scientifique. C’est cette énergie que Solène et Marine ont cherché à transposer dans la session d’approfondissement BAFA construite sur mesure.
En plus de rendre la thématique accessible aux futurs animateur.rices, l’idée est de leur transmettre la posture qui leur permettra à leur tour d’amener les jeunes vers les sciences par le plaisir et la pratique : « accompagner sans imposer, encourager l’expérimentation, susciter la curiosité. […] L’objectif est qu’ils repartent avec des outils concrets, mais aussi avec la confiance nécessaire pour les utiliser sur le terrain. », explique Marine.
La pédagogie s’articule autour de trois axes : comprendre, voir et expérimenter, avec une place centrale donnée à la mise en pratique.
De la théorie à la pratique : une semaine d’approfondissement innovante
Au cours de la semaine, les stagiaires ont découvert des activités simples à mettre en œuvre et facilement réutilisables avec des enfants. Parmi elles : la chromatographie, les expériences autour du pH, la lampe à lave, le citron volcanique, le poivre magique, ou encore la disparition de la craie.
Temps fort de la formation : la création de « Grands Jeux » scientifiques par les stagiaires. Lors de l’avant-dernier jour, les participants ont présenté et animé leurs propres jeux, testés par leurs pairs, dans une logique de réinvestissement immédiat. Ces mises en situation permettent de passer de la théorie à une animation réelle, en intégrant les contraintes du terrain. Les propositions des stagiaires illustrent la diversité des approches possibles : escape game autour des constellations, jeu de zombies intégrant une réflexion scientifique, ou encore quête d’élixir en extérieur.
Gagner en confiance et en légitimité
Au-delà des contenus, cette formation agit comme un levier de confiance pour les stagiaires. Leurs retours confirment cet enjeu : « Je ne me sentais pas à l’aise avec les thématiques scientifiques, mais c’est beaucoup plus simple que l’on pense. En réalité, tout est science ! », témoigne un stagiaire de la session.
Du côté des formateur.rices, ce changement de regard est également visible : « Ils ont beaucoup aimé la journée du mercredi, où Marine et Solène leur ont expliqué les principes de la science dans l’animation. Cela les a rassurés, car beaucoup ne se sentaient pas à l’aise avec la thématique. », confie Maëlle, formatrice sur la session.
Ce gain de confiance a été encouragé par une dynamique particulièrement positive, observée tout au long de la semaine par Gwendal, responsable de session, qui salue « l’émulsion du groupe ». L’ambiance de travail, marquée par l’entraide et la bienveillance, a favorisé l’implication de chacun dans les projets. Pour certain.es participant.es déjà en poste dans le périscolaire, cette formation représente un apport directement mobilisable.
Vers une diffusion plus large de la thématique
Cette première expérimentation ouvre des perspectives de développement, à la fois pour l’offre de formation BAFA et pour les pratiques d’animation sur les territoires.
Elle s’inscrit notamment dans les enjeux du Projet éducatif de territoire nantais, qui encourage le développement de la culture scientifique dans les temps périscolaires. Pour les animateur.rices déjà en poste, cette session constitue ainsi un levier concret de montée en compétences, directement mobilisable sur le terrain.
Dans cette continuité, des kits scientifiques sont en cours de développement pour accompagner la mise en place d’activités. Ils proposeront du matériel de base : tubes à essai, pipettes, colorants alimentaires, afin de faciliter le passage à l’action, tout en laissant une large place à l’initiative pédagogique.
À plus long terme, l’ambition est de faire des sciences une thématique d’approfondissement pleinement intégrée aux formations BAFA Léo Lagrange, en s’appuyant sur des outils concrets et des approches pédagogiques accessibles.









