Chaque année depuis trois ans, la Grange à Projets, Alphaléo de Dijon organise le festival La Bande à Léo, un événement culturel construit par et avec des jeunes accompagné.es par la structure, en lien avec des artistes locaux et ancré dans la ruralité bourguignonne. En 2025, le projet change d’envergure et devient national : aux jeunes Dijonnais s’ajoutent des jeunes venu.es de Nantes, Feyzin ou encore Marseille. À la clé : deux semaines passées en collectif pour construire un festival qui leur ressemble. Rencontre avec quelques-un.es des jeunes impliqué.es dans le projet cette année.
« Ici, on déconnecte complètement »
Un vendredi soir à Sainte-Colombe-en-Auxois (21), quelques familles et curieux se pressent pour passer le portail du château ARCADE Design à la Campagne où se sont installé.es deux semaines plus tôt une vingtaine de jeunes organisateur.rices et leurs encadrant.es : c’est l’ouverture du festival, l’aboutissement de longues journées collectives !
Gratuit et ouvert à toutes et tous, la Bande à Léo 2025 est le fruit d’une co-construction entre jeunes et artistes : en transmettant leur savoir-faire et leur passion aux jeunes organisateur.rices, les artistes leur donnent les clés pour animer les différents ateliers proposés au public lors du festival. Fabrication d’amulette en argile, dégustation de boissons fermentées naturelles, création d’un menhir géant en carton et papier ou d’une structure unique baptisée « la Morveuse » en osier et papier, dessins ruraux au fusain… Le public chemine entre ces différents espaces au château et dans le village qui sert de lieu de déambulation et d’exposition !
« Je suis là depuis la toute première édition » explique Sam, suivie par la Grange à Projets de Dijon. Elle explique : « Chaque année c’est différent, on a de nouvelles activités, de nouveaux lieux, et puis les artistes nous apportent plein de choses. Ce sont de vraies vacances à la campagne en soi, on déconnecte complètement et ça fait vraiment du bien. »
Marie, 21 ans, a quitté Nantes pour rejoindre l’aventure « C’est Plan Job qui m’a demandé si j’étais intéressée, j’avais envie de partir un peu, changer d’environnement et me sentir reposée. Au terme de ces deux semaines, je me sens littéralement apaisée, vraiment déconnectée ! »
L’expérience artistique comme terrain d’apprentissage
Tout au long de ces deux semaines, les jeunes ont donc expérimenté différentes techniques artistiques aux côtés d’artistes locaux. Différentes matières, différents gestes, sources de multiples découvertes ! Pour Faty, 20 ans, venue de Nantes, ce n’était que du bonheur : « Je ne m’attendais pas du tout à faire tout ça ! À mon sens ces deux semaines avaient aussi vocation à nous sensibiliser aux artistes qui ont beaucoup à nous apprendre. C’était la première fois pour moi, j’ai adoré ça, me salir les mains, être au contact de la terre, tailler des piquets… Les artistes nous ont parlé de leur métier, de comment on maniait les outils, les règles de sécurité… J’ai une chance énorme d’être ici. »
Tahani, 19 ans, témoigne également : « On a fait plein d’ateliers donc on a vu plein d’artistes qui sont venus nous partager leur savoir-faire, nous expliquer comment faire. On a fait des amulettes, des potions magiques en fermentation, j’ai appris à faire des bracelets brésiliens à plein de gens, on a manié l’osier pour la morveuse, on a fait du dessin, de la randonnée… On a vu et fait plein de choses qui sont quand même super gratifiantes ! »
« Ces activités nourrissent ma créativité et c’est quelque chose dont j’ai besoin au quotidien. » – Sam, 26 ans, Dijon
Le collectif au cœur du festival La Bande à Léo
Dans un esprit collectif de « colo artistique » pour citer Léo, un jeune participant venu de Dijon, l’enjeu de ces deux semaines de préparation ne réside pas seulement dans la conception de deux journées de festival mais également dans l’apprentissage et l’expérimentation du vivre-ensemble. Si Sam en est à son troisième festival Bande à Léo et est familière du concept, pour d’autres, c’est une grande première !
Léo explique : « C’est très intéressant de travailler avec des gens qui ont des profils divers et variés parce qu’on finit toujours par se trouver des choses en commun, qui nous permettent de créer du lien à partir de rien. »
Les journées, rythmées par des demi-journées d’ateliers en petits groupes, sont surtout façonnées de temps collectifs : briefing matinal, repas, veillées, et temps libre offrent aux jeunes des espaces d’expression, et d’interconnaissance. Après quelques jours d’adaptation, les jeunes s’appréhendent et s’adaptent au cadre collectif. Marie, en fauteuil roulant, a pu participer aux activités en respectant ses besoins : « Pour remplacer la randonnée dessin que je ne pouvais pas faire avec mon fauteuil, j’ai fait une fresque du Château au fusain, en m’inspirant d’une gravure d’époque, avec l’aide de Gabriel, l’artiste qui nous accompagnait sur cette technique de dessin. »
« On prend le temps d’aller vers les autres, parce qu’on veut que tout le monde soit bien. On fait les choses ensembles : organiser un festival ce n’est pas chose aisée et on a besoin d’être tous en bonne santé, d’avoir un bon mental et de se soutenir mutuellement » – Faty, 20 ans, Nantes
Les jeunes en médiation sur les jours de festival
Pour aiguiller les déambulations du public et les faire profiter au maximum des différents ateliers, les jeunes se sont répartis la médiation des stands : entre les amulettes en argile, l’exposition fusain à l’église du village, les bracelets brésiliens et la visite du site, les binômes se forment et s’échangent. L’objectif : transmettre ce qu’ils ont appris eux-mêmes !
« Tout le monde a pu toucher à chaque atelier au fil des deux semaines. Pendant le festival, on est en autonomie pour animer les différents ateliers parce que les artistes nous ont appris comment faire » explique Tahani. Pour Léo, le partage d’expérience est au cœur de la démarche : « Le festival donne vie au château et au village par des œuvres et des artistes, des chants… Il faut redonner vie à ce milieu rural et il n’y a rien de mieux que la culture pour attirer les gens. »
Une expérience qui marque un parcours
Accompagné.es par des structures Alphaléo, le dispositif de Léo Lagrange Animation dédié aux 15-25 ans, tous les jeunes participant.es se sont sentis investi.es d’une mission inédite, dans un cadre nouveau. Au-delà des deux semaines de préparation et des deux jours de festival, les jeunes sont repartis avec de nouvelles idées et des souvenirs plein la tête. Léo l’exprime ainsi : « Il y a tout à gagner à essayer et voir où ça nous mène ! C’est vraiment une expérience enrichissante qu’on nous donne cette confiance de réfléchir avec des encadrants à un festival. En deux semaines on a réussi à créer un petit festival, qui fonctionne bien ! »
Marie peut également conclure en ces termes : « Si vous avez l’occasion de faire un festival comme celui-là, que vous voulez vous dépenser, que vous avez besoin d’être dans l’action, de travailler en équipe, venez. Ici on est vraiment comme une famille, on est tous ensemble. Si vous avez l’occasion de le faire, foncez, c’est génial. »
L’année prochaine, la Bande à Léo devrait pouvoir poser ses valises dans un nouveau cadre rural et s’entourer de nouveaux artistes pour construire collectivement une future édition tout autant porteuse de sens que les trois premières.
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