Cet été, la Fédération Léo Lagrange a noué une nouvelle collaboration avec Orchestre sous influences, un collectif de musicien·nes qui défend une approche accessible et itinérante de la musique classique. Une première rencontre avec les publics du centre socioculturel Maurice Noguès, géré par Léo Lagrange Animation à Paris, puis une immersion de l’orchestre lors du festival La Bande à Léo à Musigny (21) ont permis de donner corps à cette collaboration. Deux expériences qui témoignent de valeurs communes telles que la transmission, l’accès à la culture et l’éducation populaire.
Une rencontre entre deux démarches
La rencontre entre la Fédération Léo Lagrange et Orchestre sous influences s’explique par différents points de convergences : aller vers les publics, décloisonner les pratiques culturelles, favoriser la participation et permettre à chacun·e de trouver une place dans des espaces qui peuvent sembler éloignés de son quotidien.
Si l’EsKale et, plus particulièrement, l’étape de La Bande à Léo à Musigny ont offert une occasion de faire se rencontrer concrètement les publics et les artistes, la collaboration dépasse ce seul cadre.
Créé en 2020, Orchestre sous influences s’est construit autour d’une idée simple : faire sortir la musique symphonique des lieux où elle est habituellement présentée pour aller à la rencontre de nouveaux publics et de nouveaux territoires.
« On avait l’envie de créer comme une compagnie orchestrale en itinérance. […] L’ADN de l’orchestre est de préparer des programmes symphoniques et de les amener en ruralité, de tisser un maillage de communes », explique Ernesto Insam, chef d’orchestre et directeur musical et artistique du collectif.»
Cette volonté d’aller vers les publics rejoint une dimension essentielle portée par l’orchestre : rendre la musique classique plus accessible. « Notre valeur pilier, c’est de se battre contre l’idée de l’élitisme dans la musique classique », explique Ernesto. L’enjeu est de permettre à des personnes qui ne sont pas familières de cet univers de découvrir les œuvres, leur histoire et les artistes qui les interprètent.
À Paris, le centre socioculturel Maurice Noguès découvre l’orchestre autrement
Le 13 juillet dernier, une vingtaine d’usager·ères du centre socioculturel Maurice Noguès a pu rencontrer Orchestre sous influences à l’Académie du Climat, à l’occasion d’un atelier que la compagnie y proposait : adolescent·es et adultes réuni·es pour un après-midi mêlant découverte musicale et sensibilisation aux enjeux environnementaux, baptisé « La Symphonie des déchets ».
Après une présentation de l’orchestre et plusieurs morceaux joués au public, les participant·es ont pu échanger avec les musicien·nes. L’atelier a également permis de mélanger les générations et de faire participer tout le monde.
« Le chef d’orchestre nous a directement mis à l’aise, raconte Coumba Gadio, chargée de projets intergénérationnels et coordinatrice Adultes et Evènements CSE, accompagnatrice de cet après-midi. Ils ont joué, nous ont posé des questions : les morceaux joués étaient des classiques qu’on avait déjà entendus, mais pas dans ce cadre. C’était très participatif, le courant s’est très bien établi entre eux. » Pour la professionnelle, l’ouverture à une pratique culturelle inhabituelle est au cœur de l’intérêt de la démarche. « Je voulais que mes publics découvrent autre chose, ce n’est pas tous les jours qu’ils peuvent aller voir un orchestre, qu’ils découvrent un autre type de musique. On est vraiment dans l’éducation populaire, ça fait partie de notre travail. »
La rencontre s’est poursuivie par un atelier autour des déchets, du tri, de la récupération et de la seconde main animé par Violette Galet, animatrice compostage et gestion de proximité des biodéchets. En croisant musique et enjeux contemporains, Orchestre sous influences cherche à donner une autre dimension à ses interventions.

À la Bande à Léo, passer de l’autre côté du spectacle
Quelques jours plus tard, à Musigny, les jeunes participant·es au festival La Bande à Léo ont à leur tour découvert l’univers d’Orchestre sous influences. Mais cette fois, il ne s’agissait pas seulement d’écouter les musicien·nes : l’objectif était de comprendre ce qui se passe autour d’un orchestre et de découvrir les différents métiers qui permettent de faire vivre une représentation.
Régie, ingénierie du son, direction musicale… Les jeunes ont été placé·es au plus près des musicien·nes pour une immersion particulièrement interactive. « On a calé les jeunes tout autour de l’orchestre, de tous les côtés, c’était très interactif, plein de commentaires, des échanges et des nouvelles vocations », raconte Ernesto.
Certains se sont même projetés dans les métiers de l’orchestre : « Trois jeunes de ERA 93 [association affiliée à la Fédération Léo Lagrange participante à la Bande à Léo] se sont projetés dans mon métier de chef d’orchestre, il y avait beaucoup d’enthousiasme. »
Cette dimension de transmission constitue l’un des trois axes du projet d’Orchestre sous influences. Le collectif intervient ainsi auprès d’établissements scolaires, de centres de loisirs ou encore de centres sociaux pour permettre une véritable immersion dans l’univers symphonique. « Tout ce qui est en lien avec le monde associatif est important pour nous pour créer du lien entre les personnes et transmettre le contenu du beau dans la musique », explique Jorge Diaz, chargé de production bénévole et musicien au sein de l’orchestre.
Le soir, les festivaliers ont pu retrouver les musicien·nes pour une représentation en plein air. Une nouvelle occasion pour le collectif de faire vivre son projet d’itinérance, en s’adaptant à des lieux et à des publics différents. « C’est représentatif de ce que l’orchestre propose au fil de ses différentes itinérances », poursuit Jorge.



Faire de la culture un espace de rencontre
À travers ces deux expériences, la collaboration avec Orchestre sous influences fait émerger des points de convergence avec les démarches portées par la Fédération Léo Lagrange :
Pour Ernesto, la résonnance des ateliers proposés par Orchestre sous influences aux publics de la Fédération Léo Lagrange est immédiate : « On a beaucoup de points en communs : l’itinérance, et les valeurs de l’éducation populaire. Qu’est-ce que c’est que le temps libre, comment l’investir, faire en sorte que tout le monde puisse avoir accès à la formation, aux études, à l’école, à la musique, c’est beau ! »
Du côté du centre socioculturel Maurice Noguès, l’enjeu est également celui de l’accès et de la découverte, à tous les âges : « Certaines des femmes que j’accompagne reviennent de très loin, elles étaient super reconnaissantes. Ce sont tout un tas de découvertes à tous les âges. En tant que pro, ça fait du bien, ça fait plaisir et on se sent vraiment utile. »
« La Fédération Léo Lagrange souhaite encourager les pratiques amateurs et proposer des actions culturelles pour tous les âges avec l’ambition de déconstruire les préjugés, réduire les inégalités d’accès et favoriser l’épanouissement de toutes et tous par l’accès aux loisirs et la culture. Aller vers des partenaires nous permet d’ouvrir les possibles et d’encourager nos structures à être pleinement en lien avec les acteurs du territoire pour s’enrichir de nouvelles idées et nouvelles pratiques. » explique Elora Hervé, membre du GAC de la Fédération Léo Lagrange
Ces premières expériences pourraient ainsi constituer le point de départ de nouvelles rencontres entre le réseau Léo Lagrange et Orchestre sous influences. Car pour les deux structures, la culture se pense avant tout comme une manière d’aller vers l’autre : découvrir une musique, un métier, un territoire ou simplement partager un moment collectif.




