Créé en juin 2026, le Relais petite enfance (RPE) La Durance accompagne les assistant·es maternel·les et, progressivement, les familles de quatre communes des Bouches-du-Rhône : La Roque d’Antéhron, Peyrolles-en-Provence, Saint-Paul-lez-Durance, et Rognes. Depuis son ouverture, Messaline Cadart, responsable du RPE et éducatrice de jeunes enfants, s’attache à créer une dynamique avec les professionnel·les qu’elle accompagner et à inscrire le RPE dans la vie du territoire.
Un relais itinérant au plus près des professionnel·les
Le RPE La Durance est un relais itinérant : chaque semaine, Messaline se déplace dans les quatre communes qui composent son territoire. Le lundi à Peyrolles-en-Provence, le mardi à La Roque-d’Anthéron, le jeudi une fois par mois à Saint-Paul-lez-Durance et le vendredi à Rognes, elle propose des temps de rencontre et d’activités aux assistant·es maternel·les.
Depuis son ouverture, environ 25 assistantes maternelles ont déjà fréquenté le relais.
« Le travail du RPE, c’est de proposer un temps d’échange et de rencontres aux assistantes maternelles qui peut se matérialiser à travers des activités, mais c’est aussi de pouvoir accompagner les publics (notamment les familles) sur les modes de garde disponibles dans la commune, les dans la rédaction de contrat, leur transmettre la liste des assistantes maternelles… »
Car le RPE est également un espace ressources pour les familles. Lors des temps qui leurs sont dédiés en fin de matinée, Messaline peut les accompagner dans leurs démarches et répondre à leurs questions. Devenir particulier employeur lorsqu’on fait appel à une assistante maternelle n’est pas une étape anodine pour certains parents : « En embauchant une assistante maternelle, les parents deviennent des particuliers employeurs et ça peut être un gros changement pour eux, donc je peux les accompagner sur ce changement, car en tant que particuliers employeurs on a des droits mais aussi des devoirs. »
Donner envie d’expérimenter autrement
Au fil des matinées, Messaline propose aux professionnel·les des activités qui peuvent nourrir leurs pratiques et leur donner envie d’expérimenter autrement avec les enfants.
« Le but c’est de leur proposer de nouvelles activités que celles proposées à domicile, aller au-delà de la pâte à modeler, de la peinture, du coloriage, etc. J’essaie de les amener sur de la nouveauté et leur montrer qu’on peut faire les choses de plein de façons différentes. »
L’aquafaba, une mousse réalisée à partir de pois chiches et de colorant alimentaire, en est un exemple. Les enfants l’ont utilisée pour expérimenter le transvasement et créer des « boules de glace ». Une activité inhabituelle, qui permet aussi aux professionnel·les de découvrir de nouvelles possibilités. Ces animations sont également rendues possibles par le cadre offert par les différentes communes d’accueil du RPE, proposant toutes des espaces naturels : le relais sort régulièrement des lieux habituels pour investir parcs et forêt.
« C’est primordial pour moi d’être à l’extérieur car cela permet beaucoup plus de liberté de mouvement pour les enfants, et des échanges entre petits et professionnelles sur ce qu’ils et elles observent » explique Messaline. À la Roque d’Anthéron, les enfants ont ainsi pu peindre sur une grande toile installée entre deux arbres en pleine nature. Pour la professionnelle Léo, l’intérêt de ces expériences réside aussi dans ce qu’elles permettent aux enfants d’inventer eux-mêmes : « L’enfant est dans une position d’explorateur, et l’immersion naturelle offre mille et une possibilités. »
Et l’expérience ne bénéficie pas qu’aux enfants, « même nous en tant que professionnelles, ça nous nourrit, et ça nous inspire ! »

Un espace qui doit aussi ressembler à celles et ceux qui le fréquentent
Si Messaline imprime sa propre sensibilité au RPE, elle souhaite surtout que celui-ci devienne progressivement un espace construit avec les professionnel·les qui le fréquentent.
À Rognes, certaines assistant·es maternel·les, d’abord réticentes à l’arrivée du relais, ont finalement franchi la porte du RPE. Pour les mobiliser, Messaline leur a expliqué sa vision du lieu : « Le RPE est un endroit qui me ressemble mais qui a vocation à nous ressembler à toutes ! Quand vous avez des idées, des choses que vous souhaitez mettre en place, il ne faut pas hésiter à m’en parler. Si on peut le faire, on le fera ! »
Cette démarche commence déjà à porter ses fruits. Une activité autour des glaces et des couleurs est ainsi née d’une proposition des professionnelles de Rognes, à la suite d’une visite chez un glacier.
« Pour que les professionnelles restent mobilisées pleinement, il faut leur proposer des choses qu’elles vont avoir envie d’expérimenter, qui vont les sensibiliser davantage. »
Le fonctionnement du RPE s’adapte ainsi progressivement aux quatre communes et aux différents profils des professionnel·les.
Inscrire le RPE dans la dynamique du territoire
Au-delà des temps d’accueil et d’activités, le RPE construit progressivement des liens avec les acteurs locaux. Messaline travaille notamment avec la CAF et la PMI, les responsables petite enfance des communes et différents partenaires, comme les ludothèques. Cet ancrage territorial permet de mieux répondre aux besoins des professionnel·les et des familles, tout en favorisant une dynamique petite enfance commune à l’échelle de ces quatre communes voisines.
Le relais souhaite également contribuer à rapprocher les différents acteurs de la petite enfance. Une semaine de la petite enfance est notamment en préparation avec les communes, pour « refaire du lien et lancerune dynamique autour de la petite enfance localement » explique Messaline.
Quelques mois après sa création, le RPE La Durance commence ainsi à trouver sa place : un espace de rencontres, de ressources et d’expérimentation pour les professionnel·les, mais aussi un futur point d’appui pour les familles et un acteur de la dynamique petite enfance des quatre communes. Pour Messaline, c’est précisément ce qui rend cette nouvelle mission stimulante : « J’ai vraiment ce lien avec les assistantes maternelles, elles sont dans la demande sur leurs pratiques professionnelles […] c’est vraiment stimulant à chaque instant, c’est très riche. »
Pour aller plus loin, partez à la rencontre du RPE de Vitrolles !




