Séjours OFAJ : cet été, deux structures du réseau Léo Lagrange Animation ont fait vivre à des adolescent·es une expérience de mobilité et de rencontre interculturelle avec leurs homologues allemand·es. À Vitrolles (13) et à Valence (26), les projets menés avec le soutien de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) ont permis aux jeunes de découvrir un autre pays, de partager leur quotidien avec d’autres adolescent·es et de prendre part à la construction de leur séjour.
Au-delà de la découverte culturelle, ces mobilités sont pensées comme des expériences éducatives : elles permettent de développer l’autonomie, la curiosité, la capacité à vivre ensemble et le sentiment d’appartenance à un espace européen commun !
À Biberach, les jeunes au cœur du projet
À Valence, c’est la Maison pour tous du Petit Charran qui a porté son premier projet OFAJ, avec 14 jeunes de 13 à 15 ans parti·es du 5 au 11 juillet à Biberach an der Riß, ville allemande jumelée à Valence. Le groupe réunissait à parts égales des jeunes de la MPT et du club de football Les Espoirs Valentinois, dont Mathias, joueur et engagé dans le club, est usager de la MPT.
Cette mobilité a été préparée pendant plusieurs mois avec les adolescent·es, qui ont participé à la construction du projet, à la recherche de financements et à l’organisation d’actions pour contribuer au budget du séjour. « Ils ont organisé 4 buvettes pour leur autofinancement, étalées sur six mois, d’octobre 2025 jusqu’à juin 2026. A partir de janvier, on réunissait les jeunes une fois par mois pour préparer le séjour », explique Léa Martin, animatrice 11-14 ans à la MPT, et responsable du séjour.
Sur place, les jeunes ont rencontré l’association locale Jugend Aktiv e.V., avec laquelle ils ont participé à un atelier graffiti et à un match de football. Ils ont découvert Biberach et ses environs, mais aussi Munich, avec la visite de l’Allianz Arena, stade du Bayern Munich. Les jeunes se sont également rendus au mémorial du camp de Dachau.
Pour Mayes, jeune participant, cette visite au mémorial a pris une dimension particulière : « C’est bien de savoir ce qu’il s’est passé dans le pays, c’est différent de le voir en réel plutôt que de l’apprendre à l’école. »
Le séjour a aussi été pensé comme une expérience de vie collective et de déconnexion : les jeunes sont partis sans téléphone portable. « C’était bien de ne pas avoir le téléphone, on n’aurait pas profité de la même manière, ça nous force à découvrir et à apprendre plus de choses, on regarde vraiment ce qu’on a sous les yeux », explique Mayes. Une expérience qui, selon le groupe, a favorisé les échanges et poussé les jeunes à investir davantage les activités et les rencontres.
Au-delà du programme, c’est la dynamique du groupe qui semble avoir marqué les participant·es. Pour plus de la moitié d’entre eux, il s’agissait de leur première sortie de France. Une première expérience qui donne déjà envie de repartir, comme l’explique Mathieu Crochet, animateur jeunesse à la MPT : « Ça nous donne envie de recommencer. Peut-être avec d’autres villes jumelées, ou bien le centre social jumelé au Bénin dans le cadre du projet To Kplon Nou. »



À Vitrolles, accueillir pour créer des liens durables
Du 10 au 17 juillet, le centre social Calcaïra, géré par Léo Lagrange Animation, a accueilli à Vitrolles un groupe de 12 jeunes de Mörfelden-Walldorf, ville allemande jumelée à Vitrolles. 15 jeunes Vitrollais·es ont participé au séjour, soit 27 adolescent·es âgé·es de 13 à 17 ans.
Soutenu par l’OFAJ et la Ville de Vitrolles, le projet visait notamment à renforcer les liens entre les deux villes et à favoriser l’ouverture culturelle, l’autonomie et les échanges entre jeunes. Au programme : découverte du vieux village de Vitrolles et de la médiathèque, accueil par le maire et l’élu à la jeunesse, participation au festival Les Jardins Sonores, découverte des calanques de La Ciotat, visite du stade Vélodrome et de Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille, ou encore découverte du littoral à Sanary-sur-Mer.
Au fil de la semaine, les jeunes ont trouvé leurs propres façons de communiquer, entre anglais, gestes et outils de traduction. Ils ont également créé ensemble un rap, en écho à un premier morceau réalisé lors d’un précédent échange.
Une semaine qui ne s’est pas arrêtée au retour : les jeunes français·es et allemand·es continuent aujourd’hui à échanger et souhaitent déjà renouveler l’expérience, avec l’idée d’un accueil à Mörfelden-Walldorf à l’automne.



L’échange interculturel comme outil éducatif
Ces deux projets illustrent une même conviction : la mobilité internationale ne constitue pas seulement une parenthèse dépaysante. Elle peut être un véritable support d’éducation populaire, à condition que les jeunes soient pleinement impliqué·es dans le projet et qu’ils puissent expérimenter, rencontrer et questionner leurs représentations.
À travers les séjours soutenus par l’OFAJ, les équipes de Léo Lagrange Animation accompagnent ainsi les adolescent·es dans la découverte d’autres cultures, mais aussi dans l’apprentissage de l’autonomie et du vivre-ensemble. La rencontre avec l’autre permet de prendre du recul sur ses propres habitudes, de dépasser les différences et de construire des liens qui peuvent se poursuivre bien après le séjour.
Une relation construite avec l’OFAJ
La Fédération Léo Lagrange entretient depuis plusieurs années des liens étroits avec l’Office franco-allemand pour la jeunesse, notamment à travers ses projets de mobilité, ses formations et l’accompagnement de professionnel·les. Célia Dedeyan, responsable des projets et programmes européens à la Fédération Léo Lagrange et permanente pédagogique de l’OFAJ, l’explique : « Ces échanges s’inscrivent dans une histoire longue, celle de l’amitié franco-allemande. Et cette amitié ne se transmet pas toute seule, elle se rejoue à chaque génération, et c’est précisément le rôle de la Fédération Léo Lagrange, partenaire historique de l’OFAJ, que de donner aux jeunes l’occasion de se l’approprier à leur tour, très concrètement, par la rencontre. On est dans un contexte européen où les tentations de repli sont fortes et entretenir ce lien n’a rien d’acquis : c’est un choix qu’il nous faut continuer à faire, génération après génération. »
De la préparation du séjour à la rencontre sur place, puis au maintien des liens une fois rentré·es, ces projets donnent ainsi aux jeunes l’occasion de faire l’expérience concrète de l’Europe : une Europe qui se découvre, se partage et se construit aussi à hauteur des jeunesses.




