Depuis 2023, les enfants et adolescent.es de l’accueil de loisirs et du club ados de Saint-Pierre-de-Chandieu (69) s’ouvrent à l’international, en particulier avec le Bénin. Une aventure qui montre comment des projets d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale peuvent transformer le regard des jeunes sur le monde et celui des équipes qui les accompagnent.
Un premier projet avec le Bénin
À l’origine du projet, une volonté simple : permettre aux jeunes de s’ouvrir au monde et de découvrir d’autres réalités culturelles. Clément Coutinho, directeur de Saint-Pierre-de-Chandieu, raconte : « Tout a commencé par un mail de la Fédération Léo Lagrange qui proposait aux structures de développer des projets à l’international. On a donc monté, avec Léo Lagrange Bénin, un projet autour de l’écriture d’un livre commun entre des jeunes béninois et français sur les Objectifs de Développement Durable. Ça a été pour ma structure et moi le premier pas. »

Ce premier projet, soutenu par le FONJEP, marque une étape clé. Il est mené avec Léo Lagrange Bénin, l’une des 10 associations affiliées à la Fédération en Afrique.

Un partenariat qui se construit dans le temps
Au fil des mois, les échanges avec Léo Lagrange Bénin se multiplient. Dans le cadre du projet To Kplon Nou (pour en savoir plus : To Kplon Nou ), Clément Coutinho se déplace à Cotonou pour former des animateur.rice.s. Sur place, les échanges avec le centre de Lokossa, centre socioculturel bénéficiaire du projet, permettent de faire émerger l’idée d’un jumelage entre les deux structures.
C’est aussi lors de ce séjour que naît l’idée d’un projet de mobilité avec les jeunes du club ados de Saint-Pierre-de-Chandieu dans le cadre d’un chantier de solidarité. De retour en France, Clément et son équipe mobilisent plusieurs jeunes de la structure, pendant près d’un an dans la construction du projet avec la Fédération Léo Lagrange Bénin. Ils sont notamment très impliqués dans la recherche de cofinancements et déposent un dossier auprès du FONJEP et de leur dispositif Jeunesse Solidarité International (JSI). Au-delà du projet, l’objectif est de créer du lien avec le centre de loisirs de Lokossa, de partager une expérience commune et de permettre aux jeunes de découvrir leurs cultures respectives à travers cette mobilité.
En mai 2026, la validation du dossier auprès du FONJEP, financeur principal, assure la mise en œuvre du séjour en juillet 2026, pour trois semaines, avec la réalisation d’une fresque autour des Objectifs de Développement Durable en binômes avec des jeunes béninois du même âge.

Chantier de solidarité à Lokossa

Préparation au départ à Saint Pierre de Chandieu – juin 26
Dans la même dynamique, l’accueil de Bénédicte, volontaire béninoise en service civique international, vient renforcer le partenariat. Présente pendant six mois en appui à l’animation, sa présence rend les échanges plus concrets au quotidien, notamment auprès des enfants et des équipes.
Pour la suite, l’équipe commence déjà à imaginer d’autres projets. Clément l’évoque ainsi : « on aimerait mettre en place un projet de réciprocité avec l’accueil de jeunes béninois à Saint-Pierre-de-Chandieu à l’été 2027. Mais je ne veux pas que le partenariat se limite à des déplacements. L’objectif est de pérenniser les échanges, notamment à travers des correspondances régulières entre les groupes enfance et jeunesse. Le but n’est pas de partir tous les deux ans ou de faire une action ponctuelle, mais de construire un véritable partenariat durable. »
Des impacts concrets pour les jeunes
« Comment c’est chez toi ? », « Tu fais quoi à l’école ? », « Pourquoi tu n’as pas ça au Bénin ? » : les échanges suscitent beaucoup de curiosité chez les enfants. Les temps de visioconférences, les correspondances et la présence de Bénédicte nourrissent ces échanges et à travers les différents projets, les jeunes font l’expérience de l’interculturalité. Ils comparent, questionnent, cherchent à comprendre. Chez les plus grands, les échanges prennent même une autre dimension. « Les enfants sont très curieux, et les questions deviennent très fines. On sent qu’ils sont interpellés par des réalités très différentes de leur quotidien. » observe Clément.

Au fil du temps, ces projets participent à faire évoluer leur regard sur le monde. Chez les adolescents, ces expériences nourrissent une réflexion plus large sur les inégalités, la solidarité internationale et leur place en tant que citoyens. Nicolas Giannubilo, animateur jeunesse et encadrant sur le projet de mobilité au Bénin, témoigne « Nous avions des jeunes très ancrés sur leur territoire, et qui n’avaient pas forcément conscience de ce qui pouvait se passer autour, même en France. Ils sont nés, ont grandi et travaillent sur la commune. En termes de diversité, d’ouverture au monde et de connaissance de l’autre, je pense que c’est une grande étape dans leur vie et dans la construction de leur manière de penser. »
Des projets qui donnent un nouvel élan aux équipes et au territoire
Ces projets d’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI) ne transforment pas seulement les jeunes : ils donnent aussi un vrai élan à la structure, aux équipes et au territoire. A Saint-Pierre-de-Chandieu, ils ont permis d’ouvrir de nouvelles perspectives et de donner aux équipes l’opportunité de s’engager dans des projets innovants.
Pour les professionnel.le.s, c’est aussi une façon de faire évoluer leurs pratiques. Travailler avec un partenaire international oblige à s’adapter à d’autres contextes, à d’autres façons de faire, et ouvre aussi à de nouvelles pratiques éducatives. Clément explique que cela « a renforcé [sa] capacité d’adaptation et d’improvisation ». Pour Nicolas, c’est une expérience particulièrement marquante : « C’est la première fois que je vais aller dans un pays d’Afrique de l’Ouest. J’ai beaucoup d’attentes sur la découverte culturelle et les échanges avec les jeunes et les moins jeunes qu’on va rencontrer là-bas. Professionnellement, je pense que c’est une chance incroyable de pouvoir participer à ce type de projet. »
Enfin, pour le territoire, cette ouverture permet de valoriser le travail mené par le centre de loisirs et de renforcer son attractivité, en montrant la richesse et la diversité des projets que peuvent porter les structures, notamment autour de la découverte de l’ailleurs et des échanges interculturels.
L’expérience de Saint-Pierre-de-Chandieu rappelle que l’éducation à la citoyenneté et la solidarité internationale ne se limite pas aux grands projets ou aux mobilités lointaines. Elle se construit aussi au quotidien, à travers des échanges et des rencontres qui permettent à chacun de découvrir d’autres réalités et de questionner ses représentations. L’ECSI contribue à former des citoyens curieux, ouverts et engagés, tout en faisant évoluer les pratiques des équipes et des structures qui la portent.
Pour toute question ou pour échanger autour de ce type de projet :
Elora HERVE (responsable des programmes internationaux et coordination des activités culturelles), elora.herve@leolagrange.org
Justine CREUZOT (chargée de mission internationale), justine.creuzot@leolagrange.org



