Lutter contre l’isolement, créer du lien dans le quartier, permettre aux habitant·es de s’approprier leur cadre de vie et de vivre des expériences collectives : c’est tout l’enjeu du travail mené au quotidien par l’équipe de la maison d’éducation populaire (MEP) L’Archipel, à Dijon (12). Une structure récente, en plein développement, où la polyvalence et l’envie de faire ensemble sont au cœur du projet social. Rencontre avec Renaud, Victorine, Clément, Rosalie et Dominique !
Renaud, directeur, a rejoint Léo Lagrange Animation en 2019, pour porter le diagnostic social qui a précédé la création de la structure L’Archipel. Auparavant, il a travaillé de 2014 à 2018 à l’AFEV comme délégué territorial, en charge du développement des pôles de Nancy et de Metz : « j’avais été bénévole à l’AFEV et, à la fin de mes études, on m’a proposé un remplacement de congé maternité, puis j’ai été titularisé. »
Aujourd’hui directeur de L’Archipel, il occupe une place centrale dans l’équipe : « je m’assure que les différents secteurs d’activité ne fonctionnent pas en silo, qu’il y a toujours du lien entre les membres de l’équipe, et qu’on ne perd pas de vue le projet social dans nos décisions au quotidien. »
Il gère également la négociation des conventions avec les partenaires, accompagne les collectifs de bénévoles et représente l’association auprès des institutions. Ce qui le motive : « un territoire restreint, mais un champ d’action vaste et une créativité sans limite, tant qu’on répond au projet social. On a la chance d’avoir des financements pluriannuels de la CAF et de la Ville, qui sécurisent les postes, et un vrai soutien de la municipalité. » Renaud se nourrit avant tout de la reconnaissance des usager·ères : « je vois l’impact de notre action sur les gens, ce côté petite famille me fait vraiment du bien. On voit des trajectoires évoluer, des relations naître entre des personnes qui ne se seraient jamais rencontrées ailleurs. »
Parmi les projets portés par la structure : l’accompagnement aux départs en vacances, pour une quinzaine de familles chaque année, avec près de 10 000 euros de chèques vacances ANCV distribués l’an dernier, ou encore le projet « L’Archipel s’agrandit », lancé en septembre, qui mobilise un groupe d’habitant·es bénévoles autour d’un futur aménagement des espaces extérieurs. Un prochain défi pour l’équipe : développer « l’aller-vers », dans un quartier très étendu où l’emplacement de ma MEP reste excentré pour certain·es habitant·es.
Victorine est chargée d’accueil et de communication depuis 2022. Diplômée d’un master 2 en management du tourisme et de la culture, obtenu pendant la crise sanitaire du Covid, elle avait déjà un an de recherche d’emploi derrière elle lorsqu’elle a candidaté à L’Archipel : « j’avais toujours été engagée en MJC à titre personnel, je me suis dit pourquoi pas en faire un job. J’ai contacté toutes les structures de proximité pour candidater, et L’Archipel était justement en plein recrutement sur mon poste. » Elle ne pensait pas s’y installer durablement : « je pensais que ce serait juste pour démarrer dans la vie active, et puis on se prend au jeu : l’équipe est super, on s’entend très bien, on fait plein de choses ! » Son poste, polyvalent, mêle administratif et relationnel avec les usager·ères. Elle apprécie particulièrement que Renaud laisse les salarié·es prendre des initiatives. Ce qui lui plaît : « avoir du sens dans ce qu’on fait, sentir l’impact réel sur la vie des gens, notamment dans la lutte contre l’isolement. Les familles viennent nous voir pour se faire aider dans leurs démarches administratives quand elles sont en difficulté. »
Clément est agent polyvalent depuis juillet 2021. Titulaire d’un CAP paysagiste, il fréquentait auparavant l’accueil jeunes de Mansart, avant de devenir bénévole à L’Archipel sur les activités bricolage : « on a tout refait ici, j’étais très investi sur l’aménagement des espaces extérieurs. » C’est Renaud qui lui a proposé de rejoindre l’équipe comme salarié. Sa mission : entretenir les lieux afin qu’ils soient propres et agréables, accompagner les bénévoles sur les activités bricolage, et animer l’atelier informatique du jeudi matin : « je ne fais pas à la place des usagers, je les accompagne pour qu’ils sachent faire et deviennent autonomes. » Ce qui lui plaît dans son métier : la relation avec les bénévoles et l’équipe. « On apprend tous les jours avec les bénévoles, et vice versa. »
Rosalie est référente animation vie sociale depuis février 2025. Après des études aux Beaux-Arts en design d’espace urbain participatif, elle a passé une année à l’Opéra de Dijon, dans la continuité de sa formation, avant de rejoindre la maison de quartier de la Maladière, d’abord en service civique puis en tant que salariée, sur l’aménagement de la cour, puis sur l’ouverture culturelle pour le CLAS (contrat local d’accompagnement à la scolarité), à travers la céramique et le dessin.
En parallèle, elle poursuivait une activité d’artiste-autrice en design participatif : « mes projets impliquent les habitant·es dans la réflexion sur l’aménagement, pour questionner les espaces publics. Mais en résidence artistique, on est sur du temps court et ce que je recherche, c’est un investissement tout au long de l’année. » C’est cette envie de s’inscrire dans la durée qui l’a conduite à candidater au poste de référente animation vie sociale à L’Archipel : « ce qui m’intéresse, c’est l’appropriation par les habitant·es de leur lieu de vie, comment faire collectif et créer des expériences communes à partir de l’espace public. Le quartier est une échelle intéressante pour commencer à changer les choses. »
Sa mission consiste à mener un travail participatif avec les habitant·es autour du jardinage, du bricolage et de l’aménagement des espaces, notamment au parc Hyacinthe Vincent, en lien avec les partenaires du quartier. Elle propose aussi des découvertes culturelles, comme des visites au musée ou des conférences aux Beaux-Arts sur l’urbanisme, et s’appuie sur les ressources du CAUE (conseil d’architecture, d’urbanisme et d’environnement), qui accompagne gratuitement les habitant·es dans leurs projets d’aménagement. « Ici, chacun a des compétences, en tricot, en jardinage et on apprend tous les uns des autres !»
Dominique est animatrice tout public depuis début 2025. Après une licence de psychologie, pendant laquelle elle exerçait déjà comme animatrice, elle a travaillé quatre ans comme animatrice référente en périscolaire à Quétigny. Son poste à L’Archipel a été créé pour répondre à un besoin d’élargir les horaires d’ouverture de la structure, notamment le samedi : « je suis dans le pôle vie sociale, tout public, pour proposer des animations aussi le week-end. »
Elle imagine des activités pour permettre aux habitant·es de se rencontrer et de créer du lien, parfois en croisant le pôle vie sociale et le pôle jeunesse : récemment, une fête du printemps a ainsi été organisée au parc Hyacinthe Vincent, pour aller à la rencontre des personnes qui ne fréquentent pas spontanément la MEP.
Ce qui la passionne : « l’absence de routine à L’Archipel, rendre les choses possibles, imaginer des activités variées, du musée à la cuisine en passant par les ateliers manuels, collaborer avec les partenaires du quartier, et surtout mettre en lumière les compétences des usagers, qui ont des savoirs à partager. » Pour elle, le sens de son métier tient dans le vivre-ensemble : « pouvoir partager des moments tous ensemble, quels que soient l’origine, le genre ou la religion, et transmettre des valeurs de tolérance, de respect et de liberté. »
Aux jeunes qui hésiteraient à se lancer dans l’animation, elle glisse un message : « c’est un secteur insuffisamment valorisé, mais c’est un métier incroyable, hyper riche humainement ! Il ne faut pas avoir peur de se lancer si on a envie de transmettre une passion, un message. Et l’animation, ce n’est pas que pour les enfants : on a besoin de pros dans tous les secteurs, y compris auprès des personnes âgées en EHPAD. »
Selon elle, la richesse d’une équipe d’animation tient justement à la diversité des profils et des passions de chacun·e. Dominique prépare actuellement un BPJEPS ASEC à Lyon avec Léo Lagrange Formation, financé par Léo Lagrange Animation, qu’elle a débuté fin mars 2026 et terminera en mars 2027. Dans ce cadre, elle porte un projet radio avec le CLAS : « je voudrais que les enfants fluidifient leur expression orale, s’investissent dans un projet collectif, reprennent confiance en eux, découvrent un autre mode de communication, et soient fiers de leur production. »
Pour garder le contact :
Renaud Minuel
Directeur
renaud.minuel@leolagrange.org
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