Morgane Boilard, 24 ans, a intégré en 2024 le programme Léo Sport Job à Saint-Médard-en-Jalles, avec Drop de Béton, association affiliée Léo Lagrange. Arrivée avec un objectif précis, financer son BAFA et trouver une stabilité professionnelle, elle est repartie avec bien plus que cela : une meilleure confiance en elle, une nouvelle vision de son avenir et la découverte de capacités qu’elle ne soupçonnait pas vraiment.
Aujourd’hui assistante d’éducation au lycée Sud-Médoc, Morgane revient sur un accompagnement qui a progressivement participé à construire son parcours, autant sur le plan professionnel que personnel.
Une première orientation décevante
Après l’obtention de son bac STMG, Morgane décide de poursuivre ses études avec un BTS Gestion de la petite et moyenne entreprise par correspondance. Mais rapidement, elle se rend compte que cette voie ne lui correspond pas vraiment. Elle explique avoir validé sa première année mais précise : « ça ne me plaisait pas vraiment. En plus j’étais par correspondance, il y avait le Covid au même moment et j’avais envie de me rendre utile. »
Elle décide alors de suivre une autre direction et découvre le service civique, une expérience qui va jouer un rôle important dans son parcours. Pendant un an, elle devient accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) dans une école maternelle et s’occupe de deux jeunes enfants. Elle se rappelle : « Franchement, c’était une bonne expérience. Ça m’a appris beaucoup de choses » avant d’ajouter que c’est à ce moment-là qu’elle est « tombée un peu dans l’univers de l’animation ».
Cette expérience l’incite à poursuivre dans cette voie. Elle réalise alors un stage dans une école primaire mais cette fois-ci, l’expérience est plus difficile et elle prend conscience de certaines réalités du terrain. Elle réalise : « je n’avais pas forcément toutes les connaissances théoriques. Je m’en sortais au niveau des relations humaines. Mais organiser des activités ou réussir à gérer un groupe était plus compliqué ! ».
À cette période, elle se pose des questions sur son avenir professionnel et sur les compétences qu’elle aimerait développer davantage. C’est finalement la Mission locale Techno Ouest de Saint-Médard-en-Jalles qui l’oriente vers Léo Sport Job.
« Je voulais avoir mon BAFA »
Lorsque Morgane rejoint le dispositif, son objectif est très clair : trouver les moyens de financer son BAFA et obtenir son diplôme grâce au parcours avec Léo Sport Job. Mais derrière cet objectif concret, elle recherchait également davantage de stabilité et surtout un métier dans lequel elle pourrait réellement s’épanouir. Elle raconte : « je recherchais un emploi qui me plairait et passer le BAFA pour devenir animatrice représentait pour moi une opportunité motivante, et en adéquation avec mes attentes. »
En intégrant Léo Sport Job, Morgane découvre rapidement que l’accompagnement ne se limite pas à une aide administrative ou professionnelle. Le dispositif alterne rendez-vous individuels mensuels et ateliers collectifs, permettant à chacun·e d’avancer à son rythme et de disposer d’un suivi personnalisé.
Les jeunes se retrouvaient deux fois par semaine pour participer à des activités collectives. Mais il ne s’agissait pas seulement de pratiquer un sport ou de participer à un atelier : chacun·e devenait progressivement acteur·rice de son propre accompagnement.
Morgane raconte que chaque jeune arrivait avec son propre univers et ses propres compétences : « il y en avait un qui faisait du foot, un autre de la boxe, un autre du basket », puis chacun devait à son tour expliquer aux autres comment mettre en place des activités ou organiser un jeu. Elle explique : « ces mises en situation nous permettaient de nous tester en tant qu’animateurs ».
Des expériences qui marquent et qui renforcent la cohésion
Au fil des mois, Morgane participe à de nombreuses expériences qui vont progressivement la faire évoluer.
Parmi celles qui lui reviennent immédiatement en mémoire, elle évoque notamment une activité où le groupe devait préparer et animer des activités sportives pour des jeunes. Une expérience qui représentait un défi personnel important puisqu’elle n’avait jamais travaillé avec ce public auparavant.
Elle raconte : « au début, j’étais un peu stressée mais finalement tout s’est bien passé ! De plus, il y avait une belle dynamique de groupe ! On travaillait ensemble, on s’échangeait des idées et on utilisait les qualités de chacun pour construire quelque chose de solide. »
Elle évoque également le travail réalisé avec différents intervenant·es extérieur·es, notamment autour de la prise de parole et de la posture professionnelle. Elle explique qu’il·elles apprenaient à « s’ancrer au sol, avoir une posture professionnelle, regarder les gens dans les yeux et ne pas s’excuser d’être là. » Elle considère aujourd’hui que cela a été « vraiment déterminant pour beaucoup de jeunes du groupe ».
Une autre activité a particulièrement marqué Morgane : la découverte du rugby fauteuil.
Elle raconte avoir vécu cette expérience comme une véritable prise de conscience : « On nous a fait tester cette activité et on réalise alors à quel point un handicap pose des limites : on devait utiliser énormément nos bras, on ne pouvait pas utiliser nos jambes du tout. »
Cette expérience était accompagnée d’une rencontre avec des personnes en situation de handicap qui partageaient leur quotidien, leurs difficultés mais aussi leur passion pour le sport. Morgane explique que cela l’a profondément marquée car « ça ramène à l’humain » et permet de voir les choses différemment.
Construire son projet sans se mettre de pression
Lorsque Morgane rejoint Léo Sport Job, elle n’a pas réellement de projet professionnel défini. Elle explique qu’elle savait seulement qu’elle voulait obtenir son BAFA.
Mais au fil des mois, elle apprend surtout à mieux se connaître. Elle raconte qu’au départ elle n’aimait pas du tout le sport et qu’elle n’était sportive. Pourtant, les différentes activités lui montrent progressivement qu’elle est capable de faire bien plus qu’elle ne l’imaginait. Elle explique : « j’ai réalisé que je ne devais pas me cantonner à un seul style d’animation. En fait, mon projet professionnel s’est construit progressivement pendant l’accompagnement, à mon rythme ».
Aujourd’hui, après avoir terminé son BAFA, Morgane travaille comme assistante d’éducation au lycée Sud-Médoc. Elle explique que même si ce n’est « pas de l’animation pure et dure », cela lui permet de mettre en pratique beaucoup d’éléments appris pendant son accompagnement. Elle est très satisfaite de cet emploi et souhaite poursuivre cette expérience.
« Peu importe l’âge ou le vécu, tu peux être valorisé »
Lorsqu’on lui demande ce qu’elle retient principalement de cette expérience, sa réponse est immédiate : la confiance en soi, mais aussi la motivation retrouvée et la valorisation.
Elle explique que le dispositif lui a permis d’avoir un cadre et un objectif chaque semaine : « toutes les semaines, tu te lèves, tu sais que tu fais quelque chose de ta journée ». Elle raconte également qu’elle a développé une relation différente avec l’activité physique puisqu’elle continue aujourd’hui encore à courir régulièrement.
Mais ce qu’elle retient avant tout, c’est la manière dont chaque jeune était considéré durant l’accompagnement : « Souvent on a tendance à mettre les jeunes dans des cases et à dire qu’ils ne feront rien de leur vie. Mais peu importe l’âge, la situation ou le vécu, tu peux être accepté et valorisé. »
Pour les jeunes qui hésiteraient encore à rejoindre le dispositif, son message est simple : oser sortir de sa zone de confort car « c’est le seul moment où on construit quelque chose et où on grandit ».
Pour en savoir plus sur le dispositif Léo Sport Job, consultez le site de l’Union nationale sportive Léo Lagrange




