Pendant dix jours, une vingtaine de jeunes bénévoles se sont retrouvés au château de Coutivert, à Musigny (Côte-d’Or), pour imaginer, construire et faire vivre la quatrième édition du festival La Bande à Léo. Du 18 au 19 juillet, leur travail a pris vie devant plus de 200 festivaliers, réunis autour d’une programmation mêlant concerts, ateliers, jeux, cinéma et temps de convivialité.
Pensé et organisé par des jeunes accompagnés par Léo Lagrange Animation, le festival est le point d’aboutissement d’un accompagnement mené sur plusieurs mois : depuis le début de l’année, les jeunes bénévoles se retrouvent plusieurs fois à distance, pour construire le projet, et participer à un week-end d’intégration en juin dernier avant de vivre dix jours de préparation, de création et de vie collective sur le site du festival. Une expérience où chacun trouve sa place et contribue à faire vivre un événement culturel ouvert à toutes et tous.
Dix jours pour donner vie au festival
Cette résidence de dix jours est l’aboutissement d’un travail engagé six mois plus tôt par l’Alphaléo de Dijon – La Grange aux projets, en lien avec l’EclectiC de Nantes, pépinière d’initiatives jeunesse Léo Lagrange Animation également impliquée, au même titre que ERA-93, association parisienne affiliée au réseau Léo Lagrange. Le fil rouge de ce travail préparatoire : le vivre ensemble, prendre soin de soi et des autres, et déconnecter.
Au château de Coutivert, ce travail prend forme concrètement : aux côtés de l’équipe d’organisation (Amandine Feuillet et Lise Demangeot, respectivement responsable de site et accompagnatrice de projets jeunes de La Grange aux Projets, et de professionnel.les du Groupe Arts et Cultures Léo Lagrange) et d’artistes locaux, les jeunes construisent progressivement cette édition : scénographie, médiation culturelle, organisation logistique, vie quotidienne… chacun apporte sa contribution.
Au-delà de la préparation du festival, cette résidence est aussi une expérience de vie collective. Originaires de Dijon (La Grange aux Projets), Nantes (l’EclectiC Léo Lagrange), et Paris (ERA-93), les jeunes bénévoles se rencontrent dans le cadre rural de Musigny : ils et elles prennent le temps de vivre ensemble, de cuisiner, d’échanger, de découvrir le territoire et de se déconnecter d’un quotidien souvent rythmé par les écrans.
Pour certains, cette expérience s’inscrit dans la continuité d’un engagement déjà vécu : « J’étais déjà là l’année dernière. J’aime l’ambiance de l’éducation populaire ! C’est une incroyable opportunité de construire un festival » explique Léo, 24 ans, jeune bénévole organisateur.
Pour d’autres, c’est l’occasion de sortir de leur quotidien et d’oser vivre une expérience nouvelle :
« Je n’ai pas trop l’habitude de la vie collective. Là, j’avais envie de me confronter à la vie de groupe et de sortir de ma zone de confort. » Matteo, 25 ans
Ou simplement de faire des rencontres et de participer à une aventure originale, comme l’explique Mustapha, 18 ans : « J’avais envie de faire de nouvelles rencontres, de découvrir un nouveau paysage, de sortir de ma zone de confort. J’ai adoré faire le Clue Léo, participer au jeu de piste et faire l’acteur ! »


Un festival à taille humaine, pensé pour tous
Les 18 et 19 juillet, les portes du château de Coutivert se sont ouvertes au public pour deux journées de découvertes artistiques et de rencontres.
Concerts d’artistes locaux, jeu d’enquête grandeur nature « Clue Léo », projection cinéma, jardin des enfants, lecture-goûter, sieste sonore… la programmation invitait petits et grands à partager un moment dans un cadre propice à la rencontre et à la convivialité.
Cette proximité fait toute la singularité de La Bande à Léo : ici, les jeunes organisateurs ne restent pas en coulisses ! Ils accueillent les festivaliers, animent les activités, échangent avec les artistes et participent pleinement au déroulé du festival.
Le public, lui aussi, a salué cette quatrième édition. Plusieurs festivaliers ont souligné la qualité de l’accueil, la convivialité du lieu et l’originalité de la programmation :
« Proposer de la musique classique dans un cadre bucolique et finir en apothéose avec un bal populaire… Quelle excellente idée ! J’ai adoré et j’espère que cela se refera l’année prochaine. » Armelle, 51 ans
« C’était super, j’ai passé un très bon moment, convivial. On voit que les jeunes sont très investis. On a été bien accueillis. » Manon, 28 ans
« Ce serait vraiment une excellente idée de renouveler l’expérience ! » Patrick, 75 ans
« Quand est-ce que vous revenez dans le coin ? » Guillaume, 55 ans



Une édition marquée par les 90 ans du Front populaire
Cette quatrième édition faisait également écho aux 90 ans du Front populaire, dont les avancées ont contribué à démocratiser l’accès aux loisirs, aux vacances et à la culture.
Dans ce cadre, le festival accueillait une étape de la tournée EsKale, le projet itinérant de la Fédération Léo Lagrange qui parcourt la France pour célébrer cet héritage et mettre en lumière les initiatives d’éducation populaire. Une présence venue enrichir le week-end, tout en faisant naturellement écho aux valeurs portées par La Bande à Léo.
Elora Hervé, membre du GAC (Groupe arts et cultures) de la Fédération Léo Lagrange, était présente à Musigny aux côtés des jeunes et de l’EsKale : « Faire venir l’Eskale au Festival de la Bande à Léo était évident tant les deux projets sont complémentaires. L’Eskale apporte une dimension historique et une prise de recul par rapport aux années de luttes qu’il a fallu pour consacrer les droits culturels mis en exergue par la Bande à Léo. Le festival n’est pas qu’une affaire de deux journées ouvertes au public. C’est un séjour de 10 jours en amont qui permet la rencontre entre des jeunes artistes et des jeunes venant d’univers différents. Pour le GAC, au-delà de l’Eskale, la venue d’un orchestre symphonique international tel que l’Orchestre sous influences a été une grande fierté puisqu’il a contribué à une médiation et un dialogue réussi entre des sensibilités multiples, tout cela dans une zone rurale à l’offre culturelle limitée. Le cadre apaisant et bucolique, agrémenté de musique classique, a été propice aux rêveries, à l’émotion et à la détente. Nous souhaitons tout particulièrement remercier le dispositif Vacances culturelles du Ministère de la Culture pour son soutien. »
Un projet qui continue de grandir
Depuis sa création il y a quatre ans déjà, La Bande à Léo s’affirme comme un rendez-vous culturel à part dans le paysage bourguignon. Pensé avec les jeunes et pour le territoire, il démontre qu’un événement culturel peut être un espace d’apprentissage, d’engagement et de participation.
L’équipe d’organisation de La Bande à Léo se réjouit de cette quatrième édition, qui confirme tout le potentiel du projet. « Ce qui nous marque avant tout, ce sont les rencontres qui se créent entre des jeunes venus d’horizons très différents. En quelques jours, ils apprennent à vivre ensemble, à construire un projet commun, à prendre des responsabilités et à faire collectif. L’énergie du groupe a été remarquable tout au long de la préparation comme pendant le festival. Le cadre de Musigny a aussi largement contribué à cette dynamique : ce dépaysement, loin du rythme du quotidien, favorise les échanges, la déconnexion et l’envie de s’investir pleinement. Cette édition nous conforte dans l’idée que La Bande à Léo est bien plus qu’un festival : c’est une expérience d’engagement, de vie collective et d’éducation populaire. »
Et demain ?
Si cette quatrième édition s’achève sur un bilan très positif, elle ouvre aussi de nouvelles perspectives. L’équipe de La Bande à Léo souhaite continuer à faire évoluer le projet en développant de nouveaux partenariats culturels, en valorisant davantage les réalisations des jeunes et en enrichissant leur découverte des métiers du spectacle vivant. Autant de pistes qui continueront d’alimenter ce projet d’éducation populaire, où l’expérience collective reste au cœur de chaque édition.






