Les 4 et 5 juin 2026, Léo Lagrange Animation réunissait (LLA) à Villeurbanne (69) les professionnel·les de l’enfance pour le regroupement de sa 17e Convention Professionnelle Enfance. Pendant deux jours, directeur·rices et animateur·rices d’accueils de loisirs venus de toutes les régions ont travaillé ensemble autour d’une question aussi simple qu’exigeante : et si les enfants décidaient vraiment ? Comment travailler la participation active des enfants ?
La participation des enfants en ACM comme fil rouge, c’est à la fois un sujet de fond de l’éducation populaire et un chantier très concret pour les équipes de terrain. C’est aussi, comme l’a rappelé en ouverture Hervé Paugam, directeur de LLA, un sujet au cœur de la transformation de LLA et de la réécriture en cours du projet éducatif de l’association.
La promesse de l’éducation populaire au quotidien dans nos structures
Avant d’être un outil ou une méthode, la participation des enfants est une question politique. Hervé Paugam l’a posée d’emblée : rendre vivante la dimension éducation populaire dans nos structures, c’est se demander comment des enfants, des jeunes, des adultes font vivre un espace démocratique dans nos ACM. C’est une pratique qui se construit jour après jour, avec les équipes.
Pour nourrir cette réflexion, les participant·es avaient pu prendre connaissance en amont des apports d’Alexandra Vié, spécialiste des enfances vulnérabilisées, présentés lors de la Conf’Léo en mai. Son constat est lucide : même quand les professionnel·les croient associer les enfants, les recherches montrent que leur participation reste souvent de surface.
Les enfants se voient attribuer des rôles à tenir plutôt qu’un accès réel à la décision. Ce que cela interroge, c’est la posture des professionnel·les de l’animation et la nécessité de passer du sachant à l’accompagnant : « Les enfants sont des acteurs sociaux à part entière. Dans nos accueils, ils font l’expérience concrète de leur capacité d’action. Nos espaces sont des lieux d’apprentissage de la démocratie, et on devient citoyen en exerçant sa citoyenneté », argumente Cécile Garnier, directrice du pôle enfance.
Avant même les ateliers, la parole des enfants a été restituée en plénière, grâce à un sondage réalisé au printemps.
Les résultats d’un questionnaire diffusé aux familles a lui aussi complété l’introduction. Parmi les données notables : 78% des familles estiment que les enfants aimeraient être davantage impliqués dans leur accueil de loisirs. Les familles pensent en effet que cette implication permet le développement de la confiance en soi et l’apprentissage de la vie en collectivité.
Les participant·es étaient invité·es à comparer leurs propres représentations avec les attentes des familles quant à la place et la participation des enfants dans nos ACM.



Déconstruire pour mieux accompagner : quatre ateliers en mouvement
La convention s’est organisée autour de quatre ateliers conçus pour faire progressivement monter en réflexion, en mettant les corps et les esprits en mouvement autant que les idées.
Le quiz animé du jeudi après-midi a posé les bases : apports des neurosciences sur le développement de l’enfant, droits de l’enfant, postures dans une organisation démocratique. En sous-groupes, les échanges ont été animés et constructifs. Certain·es participant·es ont reconnu parfois leurs résistances. La majorité a dit son appétit pour le sujet.
Le théâtre forum a permis de poursuivre ce parcours d’appropriation. Sur scène, des situations reconnaissables pour tous : l’animateur qui veut bien faire mais dont l’impatience est violente pour l’enfant, celui qui consulte puis impose. Chaque scène rejouée, questionnée, retravaillée par les spectateurs devenus acteurs. Une façon de jouer ce qui se passe vraiment dans les interactions quotidiennes et de transformer concrètement les postures, au-delà des bonnes intentions.
Le débat mouvant du vendredi matin a mis en discussion les représentations les plus tenaces. Laisser les enfants décider, est-ce perdre le contrôle ? L’autonomie s’apprend-elle uniquement par l’erreur ? Les règles peuvent-elles toutes être discutées avec les enfants ? La salle s’est déplacée, les positions ont évolué. Ce qui a émergé : la différence entre contrôle et cadre, entre autoriser et accompagner, entre expliquer et construire ensemble.
L’atelier vidéo du vendredi matin a clos ce parcours sur une note créative : chaque groupe a filmé une situation réelle vécue en ACM où la participation de l’enfant avait été empêchée puis transformée en participation réellement effective. Les films, projetés en plénière l’après-midi, ont donné à voir concrètement le contenu de nos échanges et les travaux de groupes de ces deux jours.
« La convention a abordé un sujet très intéressant que nous devons mettre en avant dans nos ACM. Les ateliers nous ont permis de nous requestionner sur nos pratiques, de partager nos expériences et d’avoir des pistes d’action concrètes, on n’était pas dans la théorie. J’ai aussi pris conscience de nos propres représentations ainsi que de la nécessité de bien questionner tous nos usagers, parents comme enfants. » Julie Bredy, directrice de l’ACM de Dagneux (01)











Des pratiques qui montrent le chemin
Les professionnel·les Léo avaient été invité·es à venir à la convention avec une affiche illustrant un projet qu’il ·elles ont accompagné, pour lequel les enfants avaient réellement été à l’initiative et décideurs.
Parmi ces partages d’expériences illustrés, celui de Cécile Peneau, chargée de mission pédagogie et qualité de Nantes. Elle a raconté comment des délégués périscolaires avaient conduit une enquête auprès de 101 enfants sur leurs sanitaires, rencontré les techniciens de la ville et abouti à une rénovation complète des toilettes de leur école, prenant en compte leur ressenti d’insécurité. Un projet parti d’une discussion à la cantine et mené jusqu’au bout, par les enfants.
« La convention était très bien car les ateliers étaient progressifs et nous ont fait cheminer. Je pense que tout le monde a compris l’importance d’accompagner les enfants à participer et décider. J’ai vu pas mal de collègues se questionner, on sentait qu’il y avait de la remise en question. » Cécile Peneau, chargée de mission pédagogie et qualité à la mission périscolaire nantaise
Liberté dans le cadre
La clôture a été portée par Françoise Faes, administratrice, et Cécile Garnier. Leur message commun : le cadre n’est pas un obstacle à la participation, c’est ce qui la rend possible. Il se questionne en équipe, il ne se subit pas. Dans un cadre, il y a une quantité de liberté à laquelle on ne s’attend pas. Et c’est à chaque professionnel·le de s’en saisir ! « J’espère que toutes ces graines semées pendant ces 2 jours vont infuser et prospérer au sein de vos équipes ! » a conclu l’administratrice et ancienne salariée Léo.
Les professionnel·les sont venu·es travailler sur la participation des enfants, et sont reparti·es avec des questions à se poser en équipe, des outils à réinvestir, et un peu plus de confiance dans le fait que changer sa posture, c’est possible, pas à pas, tous et toutes ensemble !
Le prochain rendez-vous pour les équipes enfance de LLA : les rencontres du 15 octobre avec la mise en place de Jeudis de Léo sur l’ensemble des régions.
Ces rencontres locales d’environ 2h, portées par les membres du réseau national enfance et avec le soutien des DTA, auront lieu en présentiel ou en distanciel. Elles seront l’occasion de faire le lien avec les professionnel·les présent·es à la Conf’Léo du 7 mai et de se projeter concrètement sur les actions à mener au sein de chaque structure quant à la place et la participation des enfants dans nos accueils de loisirs et périscolaires.
« Les ateliers sont des moments précieux pour nous, pour faire un pas de côté et se questionner. Cette émulsion d’idées, tous ces débats, ont déjà permis d’enclencher une transformation ! Nous étions très nombreux, cet événement permet aussi de développer la cohésion et le sentiment d’appartenance au réseau Léo Lagrange. » Marina Colus, coordonnatrice Enfance/Jeunesse Charente Maritime







Pour garder le contact avec le pôle enfance :
Cécile Garnier
Directrice du pôle enfance
cecile.garnier@leolagrange.orgMarie Duarte
Responsable pédagogique
marie.duarte@leolagrange.orgAnatole Lesieur
Chargé de communication
anatole.lesieur@leolagrange.org

« La convention a abordé un sujet très intéressant que nous devons mettre en avant dans nos ACM. Les ateliers nous ont permis de nous requestionner sur nos pratiques, de partager nos expériences et d’avoir des pistes d’action concrètes, on n’était pas dans la théorie. J’ai aussi pris conscience de nos propres représentations ainsi que de la nécessité de bien questionner tous nos usagers, parents comme enfants. » Julie Bredy, directrice de l’ACM de Dagneux (01)
« La convention était très bien car les ateliers étaient progressifs et nous ont fait cheminer. Je pense que tout le monde a compris l’importance d’accompagner les enfants à participer et décider. J’ai vu pas mal de collègues se questionner, on sentait qu’il y avait de la remise en question. » Cécile Peneau, chargée de mission pédagogie et qualité à la mission périscolaire nantaise
« Les ateliers sont des moments précieux pour nous, pour faire un pas de côté et se questionner. Cette émulsion d’idées, tous ces débats, ont déjà permis d’enclencher une transformation ! Nous étions très nombreux, cet événement permet aussi de développer la cohésion et le sentiment d’appartenance au réseau Léo Lagrange. » Marina Colus, coordonnatrice Enfance/Jeunesse Charente Maritime



