À Dijon, la maison d’éducation populaire (MEP) L’Archipel, gérée par Léo Lagrange Animation, propose depuis plusieurs années des temps de rencontre dédiés aux parents. Pensés comme des espaces de parole et de partage, ces rendez-vous ont évolué au fil des besoins exprimés par les familles du quartier Université.
Aujourd’hui, le Paren’thé café s’impose comme un moment attendu : un vendredi matin par mois, entre café et petit-déjeuner, les parents, en général exclusivement des mères de famille, se retrouvent pour échanger, s’entraider, aborder ensemble les sujets qui les préoccupent ou passer un moment convivial autour de jeux de société !
Des ateliers sur inscription aux temps de discussion libres entre mères de famille
Lorsque Zaïneb, référente famille de la MEP, arrive en 2020, la structure est alors un espace de vie sociale (EVS) et n’est pas encore labellisée centre social. A la suite d’un diagnostic de territoire, la professionnelle met en place une première action pour l’îlot Montmuzard : des cycles de huit séances consacrées à la parentalité, auxquels les parents s’engagent à participer.
À la fin du cycle, les participantes expriment pourtant une frustration : celle de devoir s’arrêter ! « Elles avaient envie de continuer à se voir, mais dans un cadre plus souple, sans engagement et sans inscription », raconte Zaïneb.
C’est ainsi qu’est née la Pause parents, un temps de discussion libre organisé à la MEP, toujours accompagné d’un petit-déjeuner. Les parents viennent y partager leurs préoccupations du quotidien : les nuits difficiles des enfants, les crises à la sortie de l’école ou encore les questionnements éducatifs.
Peu à peu, les thèmes évoluent pour répondre aux nouveaux besoins
« Beaucoup de mères évoquaient aussi leur propre place de femme, la culpabilité de reprendre le travail ou la difficulté de prendre du temps pour soi » poursuit la référente famille. Les séances ont alors été orientées sur les envies des participantes : « nous avons travaillé sur la femme qu’elles sont et pas seulement la mère ou l’épouse ! Elles ont pris conscience de toutes les compétences qu’elles avaient. »
Ces discussions ont parfois ouvert de nouvelles perspectives : certaines participantes ont repris une formation ou se sont engagées dans un projet professionnel. Aujourd’hui, parmi elles, certaines sont devenues accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH), coiffeuse, entrepreneuse en esthétique ou secrétaire médicale.
Le Paren’thé café : un temps convivial pour échanger et partager ses difficultés
Avec le temps, les besoins évoluent et de nouvelles participantes rejoignent le groupe. Un nouveau diagnostic est réalisé avec les parents pour imaginer une formule qui leur corresponde davantage. C’est ainsi qu’en 2025 naît Paren’thé café.
Le principe reste le même : un rendez-vous libre, sans inscription, autour d’un petit-déjeuner. Mais les parents souhaitent désormais aborder une plus grande diversité de sujets et inviter ponctuellement des intervenant·es.
Au fil des rencontres, plusieurs thématiques sont ainsi explorées :
- la gestion du stress et l’équilibre alimentaire avec une naturopathe,
- la charge mentale des mères avec une docteure en psychologie,
- ou encore des moments plus légers autour de jeux de société et de brunchs conviviaux.
Les sujets sont choisis directement par les participantes grâce à un questionnaire conçu par Zaïneb qui permet de construire la programmation de l’année : « ce sont toujours leurs besoins qui guident les thèmes. »
Chaque rencontre réunit généralement entre 10 et 15 participantes.
Au-delà des thématiques abordées, le Paren’thé café répond surtout à un besoin essentiel : disposer d’un espace de confiance pour partager ses préoccupations.
Certaines mères viennent pour échanger, d’autres préfèrent simplement écouter. Pour des participantes non francophones, ces rencontres sont aussi l’occasion de pratiquer la langue française dans un cadre bienveillant.
Samia, participante de L’Archipel, témoigne : « Ce café parent nous permet de prendre du temps pour nous, de rencontrer d’autres mères de famille, d’échanger, d’apprendre les unes des autres et de ne pas se sentir seules sur certains sujets. » Pour retrouver son témoignage complet ainsi que ceux de Camille et Nassima, consultez l’article dédié
Un lieu qui renforce les liens dans le quartier
Ces rencontres participent aussi à la dynamique du quartier. Des parents qui se croisaient simplement devant l’école apprennent à se connaître, échangent des conseils et se soutiennent.
Le Paren’thé café s’inscrit également dans un réseau de partenaires locaux : L’Archipel travaille notamment avec l’école, les services sociaux ou encore les structures petite enfance.
La rencontre de mars se tiendra ainsi directement à l’école du quartier, en présence de la directrice. Une assistante sociale du département et la référente du programme de réussite éducative seront également présentes pour répondre aux questions des familles.
Parfois, ce sont même les partenaires qui accompagnent les parents jusqu’à la maison d’éducation populaire : « Une directrice de crèche ou une assistante sociale ont déjà accompagné des mères qui n’osaient pas venir seules » précise Zaïneb.
Un espace ouvert à tous les parents
Au fil des années, la MEP L’Archipel est devenue un repère pour les familles du quartier. Les parents savent qu’ils peuvent y trouver une écoute et un lieu pour se retrouver.
Après les rencontres, certaines participantes prolongent d’ailleurs les échanges dans le jardin de la structure avant d’aller chercher leurs enfants à l’école.
« L’Archipel est une porte ouverte. Elles savent qu’elles peuvent venir quand elles veulent » conclut la professionnelle.
À travers le Paren’thé café, la structure joue pleinement son rôle de lieu de proximité, de solidarité et de soutien aux familles, où chacun·e peut trouver sa place, partager son expérience et tisser des liens durables avec les autres habitant·es du quartier.
Pour en savoir plus sur la MEP L’Archipel à Dijon, (re)lire Rendre les habitants acteurs de la vie de leur quartier : l’engagement de L’Archipel à Dijon ou encore Des Jeux Olympiques organisés par le centre social L’archipel dans son quartier

Samia, participante de L’Archipel, témoigne : « Ce café parent nous permet de prendre du temps pour nous, de rencontrer d’autres mères de famille, d’échanger, d’apprendre les unes des autres et de ne pas se sentir seules sur certains sujets. » Pour retrouver son témoignage complet ainsi que ceux de Camille et Nassima, 


