De la métropole au territoire rural, des quartiers prioritaires aux centres-villes, les structures ados-jeunesse Léo Lagrange Animation portent partout une même ambition : faire vivre, au quotidien, une alliance éducative concrète avec les établissements scolaires et l’ensemble des acteurs du territoire. Dans les différentes structures, cette alliance prend des formes variées mais repose sur les mêmes fondements : une implantation locale durable, une reconnaissance construite, et la conviction que l’on agit pour le mieux collectivement. A Nantes, Angers, Paris et Feyzin, tour d’horizon de quatre territoires où l’alliance éducative se vit au jour le jour.
Adolescence : un âge charnière qui appelle un accompagnement spécifique
À l’adolescence, tout se rejoue : le corps change, les identités se cherchent, les appartenances se recomposent. Entre 11 et 15 ans particulièrement, la famille reste un pilier tout en devenant un cadre dont on aspire à s’affranchir, le regard des pairs prend une place centrale, et le collège concentre une grande part des tensions du quotidien. C’est précisément dans cet entre-deux que les structures ados-jeunesse Léo Lagrange Animation prennent tout leur sens : elles offrent un autre espace, en lien avec le collège mais différent de lui, où les jeunes ne sont pas seulement évalué·es ou orienté·es, mais considéré·es. Un lieu pour faire l’expérience du collectif, reprendre confiance, et où les loisirs, la culture, la mobilité et les vacances deviennent de véritables leviers d’émancipation.
S’implanter, être identifié : la base de toute alliance
Avant d’être un partenariat, une alliance éducative est d’abord une affaire de présence. Présence dans la durée, dans le quartier, et dans les têtes ! C’est ce qu’observe Emmanuel Berti, responsable du Corner à Feyzin (Alphaléo), quand il décrit l’évolution du rapport de sa structure aux acteurs locaux : « Avant, on allait chercher les partenaires. Aujourd’hui, c’est l’inverse : on est tellement identifiés que ce sont eux qui viennent vers nous. » Une bascule qui change tout : le collège oriente directement les jeunes en difficulté vers Le Corner, les conseils de quartier sollicitent l’équipe pour monter des actions intergénérationnelles, et les conseils de quartier deviennent un vivier pour recruter des mentors bénévoles.
Le constat est le même à Nantes, où les pépinières Léo Lagrange du TriptiC et de l’EclectiC occupent une place reconnue dans l’écosystème associatif local. « Le TriptiC et l’EclectiC sont très identifiés dans le réseau associatif nantais », explique Camille Chikhaoui, responsable du TriptiC. « Il y a une vraie reconnaissance de notre expertise en matière d’accompagnement jeunesse. On est intégrés à beaucoup de projets pilotés par la Ville en lien avec d’autres associations. » Cette intégration se mesure à la diversité des dispositifs portés conjointement avec la collectivité : accompagnement des jeunes talents dans le cadre du festival local SPOT, jurys CLAP (Comité Local d’Aide aux Projets), chantiers jeunes, suivi du dispositif Top Départ en complémentarité avec les aides ANCV proposées par Léo Lagrange, mobilités internationales… L’alliance se déploie aussi en interne, comme l’illustre Camille : « Les équipes Léo du dispositif Plan Job participent également à la vitalité de ces échanges. Chaque année, des projets communs viennent nourrir un écosystème cohérent, qui parle aux jeunes. »
Une alliance éducative efficace suppose que chaque acteur connaisse les autres, comprenne leur valeur ajoutée et accepte de bâtir avec eux, comme l’explique Océane Chaumin, accompagnatrice de projets jeunes à la Maison de quartier des Hauts de Saint-Aubin, à Angers : « La réussite s’explique beaucoup par la volonté des acteurs de faire réseau, de travailler ensemble, et d’avoir conscience de ce que peut apporter la Maison de quartier. »
Le collège, point d’encrage du quotidien
La première forme d’alliance, la plus simple en apparence, est aussi la plus essentielle : être présent, physiquement, régulièrement, dans les établissements scolaires du territoire. Souvent, le collège de secteur apparaît comme un partenaire naturel : c’est là que se concentrent les enjeux de l’adolescence (orientation, décrochage, harcèlement, estime de soi) et que les professionnel·les de l’animation et de l’éducation populaire peuvent déployer un certain nombre d’interventions.
À Angers, les équipes de la MDQ sont présentes au collège Renoir dès la rentrée. « On a un très bon lien avec le CPE et la direction. Dès la rentrée des 6e, nous intervenons sur plusieurs matinées de cohésion, avec des petits-déjeuners. Nous accompagnons aussi la formation des délégués. Chaque vendredi midi, on propose des interventions : jeux de société, découverte de nouveaux jeux. Et une fois par mois, un temps avec une infirmière de prévention sur la pause méridienne. » Une présence rythmée qui transforme peu à peu les animateur·rices en visages familiers du collège.
À Paris, dans le 14e arrondissement, le centre socioculturel Noguès a fait le même choix. « Notre animateur référent Hub Léo, Dylan, assure une permanence hebdomadaire au sein de la cité scolaire François Villon chaque mardi midi », détaille sa directrice Marion Michiardi. « Il y va parfois avec des volontaires en service civique, ou avec son binôme Amine. Ils jouent avec les jeunes, créent du lien, les mobilisent pour nos projets. »
Cette présence ouvre la voie à une seconde dimension, plus invisible mais tout aussi décisive : la confiance interpersonnelle entre équipes éducatives. À Paris, les collégiens orientés vers le Contrat local d’accompagnement à la scolarité (CLAS) le sont directement par les CPE du collège Villon. À Feyzin, Emmanuel Berti décrit un partenariat dense : « On suit plus de 300 jeunes par an : beaucoup de collégiens, mais aussi des lycéens et des étudiants. Nous avons un gros partenariat avec le collège sur le mentorat, la recherche de stages de 3e, et plusieurs dispositifs comme « Second souffle » pour les collégiens exclus, ou le péris’collège. »
Le péris’collège, dispositif porté par l’équipe du Corner au collège Frédéric Mistral, a vocation proposer aux collégien·nes, sur les pauses méridiennes, des ateliers pour découvrir ou approfondir de nouvelles passions.
Derrière chaque dispositif, des accompagnements qui dépassent la seule aide aux devoirs : « On travaille sur le parcours, sur l’estime de soi, sur la confiance. C’est un accompagnement global », résume Emmanuel.
Co-construire des projets qui font territoire
Cette présence patiente et cette confiance accumulée aboutissent à projets qui, à leur tour, viennent renforcer le maillage.
À Angers, le projet « Jeux Défis au collège » en est une belle illustration. « En fin d’année scolaire, nous lançons cet événement, inscrit dans notre projet social, pour resserrer encore plus le tissu partenarial », raconte Julie Landrain, animatrice jeunesse à la MDQ des Hauts de Saint-Aubin. « Tous les acteurs enfance-jeunesse du quartier se réunissent autour d’une journée festive destinée aux CM1-CM2, pour désamorcer l’appréhension de l’entrée en 6e. On y retrouve des professeurs des écoles, des enseignants du collège, la bibliothèque, la ludothèque, des médiateurs sportifs… Tout le monde se rassemble sur une journée, autour des enfants. »
Pour découvrir un autre projet co-porté par le collège Renoir et la MDQ : découvrez l’escape game « Entrons dans le jeu pour sortir du cyberharcèlement ! »
À Paris, le centre social Noguès porte une responsabilité plus structurante : celle d’animer la Cité éducative François Villon. « Depuis plusieurs années, nous portons le poste de chargé de mission de la Cité éducative », explique Marion Michiardi. « François Villon n’est pas qu’un collège : c’est un label qui couvre tout un périmètre, de 0 à 25 ans. Emmanuel Giraud, coordinateur REP et professeur des écoles à l’origine, est à 43% chez nous comme chargé de mission, sur des financements croisés de l’État et de la Ville de Paris. Son rôle : monter des projets avec les partenaires, gérer les financements, au bénéfice des familles et des jeunes du quartier. »
D’un territoire à l’autre, les contextes diffèrent, mais les ingrédients restent les mêmes : une présence régulière, des relations de confiance avec les équipes éducatives, des projets co-construits dans la durée. L’éducation populaire et l’Éducation nationale ne se substituent pas l’une à l’autre : elles se complètent ! L’alliance éducative se construit jour après jour, par l’implantation, la fidélité aux partenaires et la qualité du travail mené. Ce qu’elle produit, in fine, c’est l’essentiel : des jeunes mieux accompagnés, mieux entourés, mieux outillés pour grandir.




