Nicolas a toujours vécu au milieu des plantes et jardins, dès sa plus tendre enfance. Aujourd’hui formateur chez Léo Lagrange Formation, il transmet ses connaissances aux stagiaires, il leur apprend à comprendre les interactions entre les espèces, à toucher et regarder un végétal pour savoir quels sont ses besoins. Il prépare des personnes détenues au titre professionnel d’ouvrier paysagiste. Ses apprenant·es, bien que contraints par les murs d’une prison, acquièrent plus qu’un métier : ils découvrent les sciences naturelles et changent de regard sur la nature et le vivant.
Juste en une rencontre, Nicolas vous donnerait envie de végétaliser votre domicile, même si vous n’avez pas de jardin !
Malgré une enfance parmi les jardinier·ères de sa famille, il a voulu se distinguer en choisissant une formation de conduite et gestion d’exploitation agricole, option bovin et grandes cultures. Sans doute déjà l’attrait de la nouveauté qui le guettait.
Du ballon rond au jardin des plantes
Son diplôme en poche, il se laisse porter par les opportunités et devient intermittent du spectacle pour une chaîne de télévision : « j’étais passionné de football et grâce à ces missions de techniciens, je pouvais assister aux matches aux premières loges ! » se souvient Nicolas.
Après quelques années sur les routes, il choisit de rechercher un emploi fixe : « en 2003 je suis devenu père, j’ai postulé pour être soigneur animalier à la ménagerie et au Jardin des plantes à Paris. Et finalement, j’ai été recruté comme jardinier contractuel au jardin des plantes. 8 mois plus tard j’ai réussi le concours, je suis devenu fonctionnaire, agent jardinier. »
Nicolas participe en 2005 à la création du jardin écologique, toujours au Jardin des plantes. Cette aventure est particulièrement formatrice pour le jeune professionnel d’alors : « grâce à mon responsable, j’ai participé à de très nombreux chantiers : création d’une rivière anglaise, d’une roselière, d’une pelouse calcaire à orchidée. Ce jardin écologique représente tous les milieux naturels existants en Île-de-France. Il n’est accessible qu’en visite guidée. »
L’insertion par le vert : une vocation
En 2012, Nicolas souhaite explorer de nouveaux horizons. Il demande une disponibilité et devient moniteur d’atelier auprès de personnes en situation de handicap dans un ESAT (Établissement et service d’accompagnement par le travail). Il enchaîne avec un poste d’encadrant technique espaces verts en chantier d’insertion : « je travaillais avec des personnes détenues qui bénéficiaient du placement extérieur. Ils m’ont conseillé de travailler en prison, ils pensaient que cela me correspondrait », précise le formateur.
Léo Lagrange Formation recrutait alors pour le centre pénitentiaire de Réau (77) un formateur jardinier, mais le professionnel ne pensait pas avoir le profil adéquat. Toutefois, il en parle avec France Travail qui le met alors en lien avec la direction de la formation des personnes sous main de justice, au sein de Léo Lagrange Formation. Son interlocuteur prend le temps de comprendre son parcours et sa motivation, il l’incite à postuler. Nicolas intègre alors son premier poste de formateur en 2016, au centre pénitentiaire de Réau, pour préparer les stagiaires au titre professionnel d’ouvrier de production horticole.
Etant en disponibilité, en 2018 il retourne au jardin des plantes, mais toujours avec l’envie de sortir de sa zone de confort ! « Je passe le concours national de jardinier du Sénat, pour le jardin du Luxembourg. Il n’y avait que 15 places, j’ai été lauréat. Lorsqu’un poste s’est libéré pour moi, j’ai décliné, car j’étais en parallèle promu chef de service au jardin des plantes en 2019 », détaille Nicolas.
Léo Lagrange Formation : le terreau d’une aventure au long cours
Le professionnel endosse de nouvelles responsabilités et se fixe un objectif ambitieux : refaire les espaces verts de la ménagerie en 10 ans. Mais sa passion de la transmission est toujours présente. Ayant gardé le contact avec Albin, son ancien manager d’activité chez Léo Lagrange Formation, ce dernier le sollicite régulièrement : « au jardin des plantes, comme j’avais beaucoup de congés, Albin me confiait régulièrement des missions. J’ai été jury professionnel dans toute la France pour les formations d’ouvrier paysagiste et horticole ! »
Refaire les espaces verts en 10 ans ? Finalement, Nicolas finalise en 5 ans et la formation lui manque : « j’ai appelé Albin et je lui ai demandé s’il avait un poste pour moi. En mai 2023, je retournais à Réau en tant que formateur et depuis novembre 2024 je travaille au centre pénitentiaire de Meaux où je dispense toujours le titre professionnel d’ouvrier paysagiste. »
Nicolas a refusé un poste prestigieux au jardin du Luxembourg puis a mis entre parenthèses son poste de chef de service au jardin des plantes. Sa passion pour la nature et le végétal ne peut-elle s’exprimer que dans la transmission ? En effet, pourquoi garder pour soi un tel trésor ? « Quand je partage mes connaissances, les apprenants acquièrent plus que des notions techniques. Je leur fais découvrir un monde qu’ils ignoraient. J’enseigne les sciences naturelles, je parle des interactions entre les insectes, les oiseaux et les plantes. Je leur ouvre la conscience à la nature qui les entoure, à l’écosystème dont nous faisons partie. »
Plus qu’un métier, un éveil au vivant
Transmettre sa passion et avoir le goût des autres, telle est sans doute la botte secrète de Nicolas : « avec les stagiaires ça se passe bien, la formation les sort de leur routine. Le contact avec les plantes, les arbustes, ça les impacte. Je leur dis de toucher les végétaux pour ressentir, pour apprendre à les connaître. » Et le formateur se sent personnellement concerné par la réussite de ses stagiaires : « lorsqu’ils passent l’examen, c’est comme si je le repassais moi-même à chaque fois ! »
Si vous croisez Nicolas au détour d’un jardin ou d’une rencontre Léo, vous n’en sortirez pas indemne, il vous dira : « faites des jardins partout ! Mettez des plantes chez vous, renaturalisez vos espaces de vie. Même à la maison on peut faire plein de chose, comprendre comment pousse une plante, ses besoins. C’est important car nous venons de là, la nature, c’est un retour aux sources. »
Et surtout, il finira en remerciant tous ceux et toutes celles qui ont croisé son chemin et qui lui ont permis de semer ses graines et de grandir, ici, à Léo, et ailleurs, dont Marie-Eve et Albin.




