Salarié·es, bénévoles et usager·ères du réseau Léo Lagrange se sont réunis le 7 avril au Jardin des Traverses à Paris pour la convention territoriale, organisée dans le cadre des 90 ans du Front populaire. Au programme : désignation des représentant·es en vue de l’assemblée générale annuelle et poursuite des travaux autour de la réécriture du projet éducatif. À travers des ateliers, les participant·es ont partagé leurs expériences et fait émerger des pistes de réflexion. Un temps démocratique essentiel à la vie de l’association pour penser collectivement l’éducation populaire de demain.
Le 7 avril, au Jardin des Traverses, la convention territoriale de Paris a rassemblé 85 participant·es issus des structures du territoire, dont l’espace Paris Jeunes Flandre (EPJ), l’EPJ Le Miroir, le centre socioculturel Maurice Noguès et le club Léo Lagrange des Ulis. Bénévoles, salarié·es et usager·ères ont pris part à cette soirée structurante pour la vie du réseau.
Ces rencontres constituent des espaces essentiels de dialogue et de participation. Elles permettent de croiser les regards, de partager des expériences de terrain et représentent un temps fort démocratique de la Fédération Léo Lagrange.
La diversité des profils présents a favorisé des échanges riches, dans un cadre propice à l’expression de chacun·e et à la construction collective.
La convention a également été l’occasion d’identifier les représentant·es du territoire appelés à siéger au conseil fédéral, qui se réunira fin juin à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération.
Cette démarche s’inscrit dans le fonctionnement démocratique du réseau Léo Lagrange, visant à assurer la représentation des territoires au sein des instances nationales et à relayer les réalités locales dans les orientations du mouvement.
Des ateliers participatifs pour interroger les enjeux contemporains et construire notre futur projet éducatif
Au cœur de cette édition 2026 : la réécriture du projet éducatif de la Fédération. Élaboré il y a plus d’une décennie, ce document fondateur constitue la boussole des actions menées dans les structures. Il porte des valeurs essentielles telles que l’émancipation, l’égalité et la participation de toutes et tous. Sa réactualisation vise à mieux répondre aux enjeux éducatifs, sociaux et environnementaux contemporains, en s’appuyant sur les contributions des acteurs et actrices du terrain.
Pour nourrir cette réflexion, plusieurs ateliers ont rythmé la soirée. Le premier, « Si j’étais ministre du temps libre », invitait les participant·es à questionner la place du temps libre aujourd’hui, entre droit à la respiration et transformations des modes de vie. Cette consultation participative visait à prendre le pouls de la Fédération et à nourrir la réflexion collective autour du projet éducatif, en donnant la parole à toutes et tous, quels que soient les profils.
Le jeu « Méli-Léo : un voyage temporel entre 1936 et 2036 » a constitué un autre temps fort. À travers ce dispositif d’ateliers-débats, les participant·es ont mis en perspective les conquêtes sociales du Front populaire et les défis actuels. Dans un groupe, Yacine, 18 ans, engagé à l’espace Paris Jeunes Flandre, témoigne : « On n’est pas dans une dictature, il est encore possible de s’exprimer, de s’opposer, de manifester. Si on s’unit, on peut combattre certaines injustices.»
Les échanges ont également abordé les transformations des pratiques sociales. La question du tourisme et de son impact environnemental a suscité des débats, certains participants appelant à repenser les modèles actuels pour les rendre plus durables et plus accessibles.
Le « ciné-club de Léo » a enfin permis d’ouvrir la réflexion à partir d’extraits de films, en abordant des thématiques telles que les migrations, les inégalités ou encore l’engagement citoyen.


Des échanges autour des valeurs et de la transmission
Au fil des discussions, les participant·es ont fait émerger des valeurs directement liées à leurs expériences. Sofia, bénévole au centre socioculturel Maurice Noguès, dit avoir rencontré dans ces échanges des valeurs qui lui semblent parfaitement correspondre au projet éducatif de la Fédération : « Des valeurs comme le partage, l’empathie, l’égalité des chances… et surtout la valorisation des capacités de chacun. »
Les échanges ont également permis d’aborder des enjeux concrets liés au vivre-ensemble et à la place de toutes et tous dans l’espace public. « On a débattu autour des wagons sans enfants dans les trains. C’était intéressant de se parler du fait que les trains sont des espaces de brassage. C’est là que la société évolue », ajoute-t-elle.
La question de la transmission et de l’accompagnement des jeunes a également occupé une place importante dans les discussions. Dans ce cadre, la parole des jeunes présents a également permis de mettre en perspective la continuité de leur engagement dans le réseau. Un usager de l’espace Paris Jeunes Flandre qui participe régulièrement aux conventions territoriales de la Fédération Léo Lagrange à Paris, est revenu sur ce qui l’a marqué au cours de la soirée : la possibilité de relier les contenus abordés à ses apprentissages scolaires, notamment en histoire, et de mieux comprendre l’origine de certains droits sociaux.
Il souligne également l’importance de ces temps collectifs pour prendre conscience du rôle de l’engagement citoyen et de l’action collective dans les avancées sociales : « En apprenant davantage sur le Front populaire, j’ai compris qu’en travaillant ensemble, en s’unissant en mouvements collectifs, on peut faire de grandes choses. Nos voix peuvent compter pour faire avancer les choses. »
Entre héritage et perspectives : des contributions pour construire l’avenir
Cette convention territoriale s’inscrit dans un contexte symbolique : les 90 ans du Front populaire. En 1936, sous l’impulsion de Léo Lagrange, le temps libre devient un droit, marquant une avancée majeure dans l’accès aux loisirs et à la culture.
Cet héritage continue d’alimenter les réflexions du réseau. Comme cela a été rappelé en ouverture de la soirée : « Ce qui est obtenu se défend. »
La richesse des échanges et la diversité des points de vue témoignent de l’implication des actrices et acteurs du réseau dans la construction du futur projet éducatif.
Les contributions recueillies lors de cette convention viendront nourrir un travail collectif à l’échelle nationale, en vue de l’adoption d’un nouveau projet éducatif à l’horizon 2027.
À travers ces temps de rencontre, la Fédération Léo Lagrange affirme sa capacité à mobiliser ses territoires pour penser et construire, collectivement, les actions éducatives de demain.




