À Marseille, Léo Lagrange Formation accompagne pour la 2è année consécutive une dizaine d’animatrices et animateurs périscolaires de Léo Lagrange Animation (LLA) vers le Certificat de Qualification Professionnelle (CQP) d’animation périscolaire. La deuxième promotion, démarrée en octobre 2025, arrive au terme de son parcours ce 11 mai 2026. Retour sur une formation en alternance qui change concrètement le regard que les salarié·es portent sur leurs pratiques professionnelles.
Une formation ancrée dans le quotidien professionnel
Le CQP est proposé aux salarié·es périscolaires marseillais·es dans le cadre du Plan de Développement des Compétences (PDC) de LLA. Les coordinateur·rices et directeur·rices périscolaires proposent le catalogue de formations annuel et les animateur·rices peuvent alors se positionner.
Tchandeni, animatrice périscolaire à Marseille, fait partie de cette promotion 2025-2026 et se rappelle : « j’avais reçu le catalogue de formation, j’étais intéressée par le CQP. Mon directeur et mon coordonnateur m’ont alors expliqué le déroulement de la formation. J’avais envie d’obtenir un premier diplôme dans l’animation, pour aller plus loin dans mon métier et évoluer. »
La promotion a donc démarré le 20 octobre 2025 avec onze salarié·es LLA âgé·es de 19 à 45 ans, majoritairement des femmes. Le parcours alterne :
- 252 heures de formation en présentiel, pendant les mercredis en journée complète et les vacances scolaires
- 400 heures en alternance sur leur lieu de travail habituel. Leur directeur·rice devient alors leur tuteur·rice et joue donc un rôle important dans l’acquisition progressive des compétences et l’évaluation.
C’est précisément cette articulation entre apport théorique et mise en pratique immédiate qui constitue le cœur de la démarche et son intérêt.
Environnement de travail, méthodologie de projet et techniques d’animation
La formation s’organise autour de trois grands blocs de compétences.
Le premier bloc porte sur la découverte de l’environnement de travail : comprendre le fonctionnement de sa structure, les interactions avec les parents, les enseignant·es et tous les acteurs éducatifs qui gravitent autour des enfants. Enfin, la découverte des valeurs de l’éducation populaire constitue un fil rouge de l’apprentissage.
Le deuxième bloc aborde la méthodologie de projet : apprendre à construire des projets d’activité progressifs, en lien avec des objectifs pédagogiques définis à partir des besoins et de la nature des publics. Il ne s’agit plus simplement de « faire des activités », mais de comprendre pourquoi on les propose et à qui elles s’adressent.
Le troisième bloc concerne les techniques d’animation sur le terrain : mettre en œuvre concrètement les projets élaborés, avec un écrit professionnel à produire. Il s’agit pour les stagiaires de décrire le fonctionnement de leur structure d’alternance et de présenter leur méthodologie de projet.
Chaque journée de formation commence par un « starter » : les stagiaires animent eux-mêmes une activité de cinq à dix minutes devant le groupe, seuls. Ce moment est suivi d’une analyse réflexive collective, guidée par un outil mnémotechnique que les stagiaires intègrent progressivement : OPSAADRAFRA. Cet acronyme contient toutes les étapes d’une bonne préparation puis d’une analyse post-situation : Objectif, Préparation, Sensibilisation, Aménagement, Accueil, Déroulement, Rythme, Ambiance, Fin annoncée, Rangement, Analyse.
Pas de jugement de valeur, mais une analyse constructive permanente, orientée vers l’argumentation et le questionnement : « Les temps d’analyse sont ceux qui font le plus progresser sur l’animation », résume Frédéric Moretti, le formateur.
En complément des mercredis, les vacances scolaires d’octobre et de février permettent d’approfondir des thématiques spécifiques : éducation populaire et cohésion de groupe au démarrage, expression orale et gestuelle, puis activités extérieures et sportives.
L’alternance comme levier de transformation
Ce qui distingue profondément ce CQP d’une formation classique, c’est la continuité entre la salle de formation et le terrain. Chaque stagiaire est accompagné par un·e tuteur·rice, en général sa direction périscolaire, qui suit sa progression tout au long du parcours. Pour chaque phase, des critères de validation balisent la montée en compétences.
Tchandeni, animatrice depuis un an, témoigne : « Lorsque le mercredi j’avais appris une activité d’animation, le lendemain je la mettais en application avec les enfants. » Elle cite par exemple le jeu du cocotier, découvert en formation, qu’elle a aussitôt testé avec des enfants : « Ils ont beaucoup apprécié, ça aide le retour au calme du groupe. »
Mais au-delà des outils, c’est la capacité à prendre du recul sur sa propre pratique que la formation développe en priorité. « On a appris à s’autoévaluer. Ça m’a permis d’analyser ce que je faisais au quotidien, de prendre du recul : est-ce que mes propositions correspondent vraiment aux besoins des enfants ? » explique-t-elle. Ce regard extérieur, exercé d’abord en formation, devient progressivement un réflexe professionnel.
Lina, animatrice depuis trois ans dont deux ans chez LLA, formule le même constat : « J’ai analysé ce que je faisais, compris mes points forts et ce que je dois améliorer. Avant, je proposais une activité ; maintenant je sais qu’il faut adapter, sinon cela n’intéressera pas forcément les enfants. » La gestion de groupe, l’écoute des besoins, la détection des tensions ou de la fatigue chez les enfants, autant de dimensions qu’elle dit mieux maîtriser depuis la formation. « Parfois on pense qu’un enfant est capricieux, en fait, c’est la fatigue ou des problèmes à la maison qui le font agir ainsi. »

Une certification rigoureuse, ancrée dans la réalité
La certification finale se déroule en plusieurs temps. Une épreuve orale porte sur la connaissance de l’environnement professionnel, la réglementation des Accueils collectifs de mineurs (ACM), les valeurs de l’éducation populaire, la méthodologie de projet. Mais l’épreuve centrale se déroule sur le lieu d’alternance lui-même : un binôme de jurés, des professionnel·les de l’animation de niveau minimum BPJEPS, sans lien avec les stagiaires, observe une séance construite et animée par le·la candidat·e avec son groupe d’enfants, puis conduit un entretien d’analyse.
Une commission paritaire imposée par l’organisme certificateur (Hexopee) examine ensuite l’ensemble des dossiers, livrets de suivi pédagogique, appréciations des jurés, avant de valider définitivement le CQP.
Capacité de réflexion, travail en coopération et autonomie
« L’objectif, c’est de leur donner des outils d’animation et surtout cette capacité de réflexion pédagogique, l’envie de travailler avec d’autres acteurs éducatifs, de gagner en autonomie sur le terrain », explique Stéphanie de Sousa, formatrice-coordinatrice.
Frédéric complète :« nous les amenons à proposer des animations qui répondent aux besoins des enfants, des activités diversifiées, afin qu’ils montent en compétences et s’intègrent pleinement dans une dynamique d’équipe. Et très important : que les animateurs se sentent valorisés. »
Car c’est bien là l’enjeu final : que des professionnel·les qui travaillent chaque jour avec des enfants, souvent sans diplôme initial dans l’animation, repartent avec la reconnaissance de leurs compétences et l’envie d’aller plus loin. Tchandeni envisage désormais de prendre plus de responsabilités, de mener des projets avec d’autres animateurs. Elle se destine à l’enseignement, et voit dans l’animation « une base pertinente pour apprendre les besoins de l’enfant ». Lina, elle, veut continuer à se former.
L’objectif de ce CQP pour Léo Lagrange Formation et Léo Lagrange Animation : professionnaliser les équipes de terrain afin de les accompagner dans leur évolution professionnelle et favoriser l’amélioration continue de l’accueil de tous les enfants du périscolaire.
Pour garder le contact :
Caroline Gauvedin
Manager d’activités
caroline.gaudevin@leolagrange.org




