Depuis janvier 2026, un dispositif un peu particulier sillonne les routes du Pays de Gex (01): Roulinotte, une halte-garderie itinérante portée par Léo Lagrange Petite enfance. Pensée pour aller à la rencontre des familles, notamment dans les communes les moins dotées en solutions d’accueil, elle propose chaque semaine un accueil occasionnel dans quatre villages du territoire.
Quatre communes, une salle à chaque fois : l’organisation au quotidien
Le dispositif repose sur un principe simple : aller vers les familles. « Roulinotte est un dispositif qui avait pour vocation de proposer de l’accueil occasionnel sur des communes où n’étaient pas implantés les EAJE, pour être vraiment au plus près des familles », rappelle Lourdès Fonseca, déléguée territoriale à la petite enfance. Repris par Léo Lagrange Petite enfance en janvier 2026 à la demande de la communauté d’agglomération, il s’inscrit dans cette logique de proximité.
Chaque semaine, la halte-garderie s’installe successivement dans quatre communes : Péron, Saint-Jean-de-Gonville, Échenevex et Chevry, avec une organisation légère et mobile. « On a une demi-heure pour tout mettre en place. L’accueil se fait de 8h30 à 9h00. Après on fait des petites chansons, puis on répartit sur 2 activités selon le nombre d’enfants », décrit Léa Paul, directrice du dispositif.
L’équipe, composée de trois professionnelles, adapte ses pratiques aux contraintes de l’itinérance. « C’est de l’adaptation. On ne peut pas avoir les mêmes attentes par rapport au matériel que dans d’autres structures, en revanche ça nous laisse aussi de la liberté ! »
Pour les familles, un cadre régulier est néanmoins maintenu grâce à des créneaux fixes. Léa explique : « Je leur propose un contrat d’accueil occasionnel mais avec une certaine régularité. C’est aussi ça qui est avantageux : ils ont la sécurité de se dire « c’est de l’occasionnel, mais au moins une fois par semaine, mon enfant va pouvoir profiter de la matinée ». »
Un accueil au plus près des familles isolées
Roulinotte s’adresse en priorité à des familles éloignées des structures d’accueil, pour qui confier leur enfant n’est pas toujours une évidence. « C’est vraiment du répit parental, proposer du soutien pour des familles qui sont un peu isolées, socialement mais aussi géographiquement. Globalement, ce sont des enfants qui ont peu voire jamais été séparés de leurs parents. », explique Léa.
Le dispositif joue aussi un rôle important pour les familles récemment installées, en facilitant les premiers repères des enfants. « Ça permet de créer un premier lien pour les enfants qui vont rentrer à l’école, une socialisation, parfois aussi une familiarisation avec la langue française. »
Au-delà de l’accueil, Roulinotte devient un espace de rencontre : « Il y a des mamans qui sont à la maison depuis que le bébé est né, elles n’ont pas vu grand monde. Elles arrivent et rencontrent d’autres mamans. C’est aussi un peu cette idée de créer du lien sur des personnes. », souligne Léa Paul. L’accompagnement des parents passe aussi par un travail sur la légitimité à confier son enfant. “Certains parents se culpabilisent de se dire « moi je suis à la maison, quel intérêt de faire garder ? » Ajoute Léa.
Dans ce contexte, le rythme d’adaptation est central : « On prend le temps qu’il faut pour être bien, pour être en confiance, que la séparation se passe bien et que l’enfant profite vraiment de ce moment. »
Un dispositif ancré dans le territoire, ouvert sur l’avenir
Roulinotte permet de toucher des familles qui ne fréquentent pas les modes d’accueil classiques. « Cela va permettre de toucher d’autres familles dans les communes un peu plus rurales », souligne Lourdès Fonseca.
En circulant de commune en commune, le dispositif devient aussi un point d’entrée vers d’autres ressources. « Le camion de Roulinotte sillonne le Pays de Gex, ce qui en fait un vrai vecteur d’information », ajoute-t-elle.
Le déploiement se fait progressivement, avec des réalités différentes selon les territoires. Cette diversité se retrouve aussi dans les activités proposées. « Selon les communes, on va un peu axer le projet différemment », explique-t-elle, évoquant des adaptations en fonction des équipements locaux.
À terme, l’ambition dépasse le seul accueil des enfants. « Mon idée c’est que ce soit fédérateur, que ça crée du lien entre les gens », confie Léa. Enfin, cette phase de lancement permet d’ajuster le dispositif au plus près des besoins. « Ça nous permet de voir vraiment le besoin des familles et d’être hyper flexibles. On s’adapte vraiment à leurs besoins. »
Pour garder le contact :
Lourdes Fonseca
Déléguée territoriale à la petite enfance
lourdes.fonseca@leolagrange.org




